Quand des unités spéciales bosniaques ont pris d’assaut les bureaux d’une mystérieuse fondation à Sarajevo, en 2002, outre des armes et des explosifs, elles y ont découvert un disque dur au contenu fort instructif.

Il comprenait notamment un dossier intitulé, en arabe, « Histoire d’Oussama ». Celui-ci contenait plusieurs textes, en partie scannés, dont certains portaient des passages écrits de la main d’Oussama Ben Laden. Il incluait également une liste de vingt noms qui a abasourdi les enquêteurs et les services secrets. Comme l’a par la suite confirmé un ancien membre d’Al-Qaida, ces noms étaient ceux des principaux financiers de l’organisation terroriste. Oussama Ben Laden aurait surnommé ce cercle la « Golden Chain » (la « chaîne en or »).

Il se trouve qu’une partie des personnes mentionnées dans cette liste, de nationalité saoudienne, étaient aussi des clients de HSBC à Genève, comme l’attestent les documents obtenus par Le Monde et partagés avec l’ICIJ et ses partenaires. De fait, selon un rapport du Sénat américain de 2012, HSBC a longtemps été « une des banques internationales les plus actives en Arabie saoudite ». Aux Etats-Unis, l’établissement doit sans cesse se justifier. On lui reproche de ne pas assez contrôler ses clients et de se montrer trop laxiste face au blanchiment d’argent et aux personnes soupçonnées d’activités terroristes. Et HSBC a promis de s’amender. Mais les actes ont-ils suivi ? Le risque d’avoir affaire à des éminences grises du terrorisme n’a pas disparu.

Article19.ma/Le monde

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