Ce jeudi, à l’occasion de la Journée de l’Afrique, Nasser Bourita, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale a mis l’accent sur les efforts déployés par le Maroc en faveur de l’émergence d’une Nouvelle Afrique en affirmant: « Le Maroc ne cherche pas le profit mais il promeut une solidarité active ».

M. Bourita a prononcé son allocution en présence du chef du Gouvernement, Saadeddine El Othmani, des ministres et de membres du corps diplomatique représenté à Rabat.

Voici le texte intégral de cette allocution succincte et instructive:

« Grâce à l’engagement fort et constant de Sa Majesté le RoiMohammed VI, Que Dieu L’assistela politique africaine du Maroc, après sa phase fondatriceatteintaujourd’hui un seuil nouveau. Un nouveau palier au niveau de sa portée géographique, de son contenu, de la nature de ses projets et de sa dimension institutionnelle. Elle se décline selon les 4 axes suivants:

Premièrement: la politique africaine du Maroc n’est plus confinée à une seule sous-région. Le Royaume est passé d’une concentration naturelle en Afrique de l’Ouest à une projection sur l’ensemble des sous-régions africaines.

Le Royaume opère ainsi une ouverture sur de nouveaux espaces. Au cours des 9 derniers mois, Sa Majesté le Roi s’est rendu pour la première fois dans 8 pays dont 4 en Afrique de l’Est (Ethiopie, Tanzanie, RwandaSoudan du Sud), 2 en Afrique australe (Madagascar et Zambie) et 2 en Afrique de l’Ouest (Nigeria et Ghana). 

Les changements intervenus en Afrique et l’émergence d’une nouvelle génération de leaders pragmatiques a facilité cette ouverture sur ces espaces, considérés il y a encore récemment comme infranchissables. L’évolution de la position de nombreux pays africains sur la Question du Sahara marocain a été encourageante puisque 36 pays, soit les 2/3 des Etats de l’UA ne reconnaissent pas ou plus l’entité fantochealors quil y a deux décennies ils étaient une trentaine à le faire.

Deuxièmementl’offre marocaine en Afrique est singulière emultidimensionnelle.

Le Maroc est passé à une politique dense et multidimensionnelle en nouant des partenariats multisectoriels, établis selon une démarche globaleintégrée et inclusive visant à promouvoir la paix et la stabilité, à favoriser le développement humain durable et à préserver l’identité culturelle et spirituelle.

L’offre marocaine de coopération en Afrique est unique. En effetle Maroc est le seul pays à avoir une offre de coopération diversifiée qui englobe plusieurs dimensions.

– La dimension diplomatique et stratégiquele Maroc a mené et continue de mener une politique du spectre complet pour la paix et le développement en s’investissant dip 1 omatiquement économiquement et sécuritairement en Afrique. Il l’ensemble du cycle des conflits : prévention à travers le développement, gestion des crises (Mali, Guinée, Gambie), maintien (Côte d’Ivoire, RDC, Angola et Somalie) et consolidation de la paix (RCA).

– La dimension militaire et sécuritaire : le Maroc s’investit notamment dans la formation militaire de nombreux pays africains frères. La coopération sécuritaire avec les pays africains est un axe autrernent stratégique, notamment à travers le partage et l’échange de renseignements, le déploiement d’équipes pour assister et orienter les services locaux, la formation et l’initiation aux techniques de renseignement, la mise à disposition de moyens logistiques, et l’organisation d’exercices et de programmes opérationnels.

– La dimension économique à travers un engagement sans précédents des opérateurs économiques marocains.

– La dimension spirituelle et cultuelle: de la formation des imams et mourchidates, en passant par la construction des mosquées en Côte d’Ivoire, en Tanzanie, en Guinée et au Tchadlepartenariat cultuel est dense et inédit

– La dimension humaine avec un accent sur la jeunesse: conscient du rôle important que jouera la jeunesse africaine dans l’émergence du continent, le Maroc est de plus en plus soucieux d’inclure dans sa coopération avec ses pays frères africains des projets spécifiques pour la jeunesse (centres de formation professionnelle, promotion de l’entreprenariat pour les jeunes et sport).

– La dimension multilatérale : le Maroc place l’Afrique au cœur des préoccupations de l’Agenda multilatéralPermettez-moi d’illustrer mes propos par les exemples suivant:

– En tant que Président de la COP22, le Maroc a veillé à organiser à Marrakech, sous la Présidence de Sa Majesté le RoiQue Dieu lAssiste, un Sommet africain sur l’impact des changements climatiques sur le continent ayant réuni 35 Chefs d’Etat et de Gouvernement

– En tant que Co-Président du Forum Global pour la Migration et le Développement, le Maroc a placé l’Afrique au cœur de la problématique de la migration. Par ailleursles Chefs dEtat africains ont confié àSaMajestéle Roi, Que DIeu L’assiste, le leadership sur le dossier de la Migration.

– En sa qualité de Président du Forum Global de Lutte contre le Terrorisme, le Maroc a attiré l’attention sur l’importance d’anticiper sur l’évolution de la menace terroriste dans le continent africain.

– Dans le domaine du Développement et à l’initiative du Maroc, l’Assemblée générale des Nations Unies a consacré un Dialogue de Haut Niveau sur les défis du Développement en Afrique, lors de sa 70ème session en octobre 2015.

Troisièmement, La politique continentale du Maroc combine des projets régionaux structurants avec des projets de taille réduite à fort impact socio-économique.

Parmi les projets de grande envergure, il y a lieu de mentionner:

– Le Gazoduc Atlantique qui reliera le Nigeria au Maroc et qui traversera Il pays ouest-africains.

– La construction d’usine d’engrais au Nigeria et en Ethiopie afin de servir de relais de croissance verte dans leurs sous-régions respectives et contribuer à la sécurité alimentaire de l’Afrique.

– Le réaménagement de la Baie de Cocody en Côte d’Ivoire et le Canal de Pangalanes de Madagascar constituent des projets d’infrastructure et d’aménagement importants.

– La construction de villes nouvelles à Ramciel au Soudan du Sudla nouvelle Conakry en Guinée, le réaménagement de l’ancien aéroport de Dakar en cité d’Affaires.

 Outre les projets structurantsdes projets de taille modeste mais à fort impact socioéconomique sont financés et nlis en œuvrpar le MaroeAfrique comme la distribution des engrais aux petits agriculteurs, les dons alimentaires au profit des populations démuniesles projets de formation professionnelle ou enfin des projets de débarquement de poissons et de villages de pêcheurs.

Quatrièmementla politique africaine nest plus que bilatéralemais avec un volet institutionnel à travers ladhésion à lUnion africaine et à la
EDEAO

L‘Unioafricaine: le retour du Maroc à sa famille institutionnelle est un retour à la normalemalgré l’adversité qui l’a jalonné. Dans le Discours à loccasion du 41éme anniversaire de la Marche Verteà Dakarle 6 Novembre 2016, Sa Majesté le Roi, Que Dieu Lassistesoulignait
avec force que: « La réintégration par le Maroc de lUnion africaine n’est pas une décision tactique, pas plus qu’elle n’a obéi à des calculs conjoncturels. Elle est plutôt laboutissement logique d’une réflexion approfondie. » 

L’implication personnelle de Sa Majesté le Roi, Que Dieu L’assiste, dans le déploiement diplomatique, les démarches directes auprès des Chefs d’Etat et le suivi des différentes étapes du processus d’adhésion ont eu un impact décisif dans ce processus. Ce retour à l’UA ne constitue pas une fin en soi, loin s’en fautIl vise à amplifier l’engagement bilatéral du Royaume en Afrique, à donner plus de force à la coopération sectorielle et à contribuer à l’Agenda pour la Paix et le Développement en Afrique

La CEDEAO: elle constitue l’espace d’appartenance naturel du Royaume. Plus de la moitié des Visites Royales en Afrique et des Accords de coopération qui lient le Maroc à son continent sont avec la CEDEAO

La décision du Sommet de Monrovia est importante. Elle ouvre désormais la voie à une insertion harmonieuse du Maroc dans un espace auquel il toujours été lié.

Dans toute cette démarcheet à travers tout ce nouveau seuil de la politiquafricaine:

Le Maroc ne cherche pale marchéIl cherche le co-développement! 

LMarone cherchpale profitIl promeut une solidarité active!

Le Maroc n’paattendu la demande d’adhésion pousengageen

Afrique de l’Ouest. Il en fait le couronnement d’unaction patiente eancienne. 

Monsieule Chef du Gouvernement, Mesdames et Messieurs les Ministres, 

Excellences, 

Mesdames et Messieurs, 

   Aujourd’hui, et fort de ces liens et imprégné de cette Vision Royalele Maroc veut contribuer à l’émergence de cette Nouvelle Afrique. Une Afrique forte, une Afrique audacieuse qui prend en charge la défense de de ses intérêts et influente dans le concert des nations.

L’avenir de l’Afrique passe par une introspection sereine, éclairée et objective. Pour cela, le continent doit encore relever un certain nombre de défis.

La paix reste le défi lancinant du continent, malgré les nombreux efforts déployés. L’Afrique reste malheureusement confrontée aux affres de la conflictualitédu terrorisme internationaldes catastrophes naturelles et des changements climatiques. Il est important de travailler de manière plus décisive pour le règlement des conflits artificielssavamment entretenus et qui hypothèquent lourdement la Marche vers l’Unité du continentLes défis en matière de paix sont nombreux certesmais sunnontables. Ils nous interpellent collectivementil nous appartient de les relever ensemble.

D’un autre côté, et constatant les limites de la coopération classique nord-sud, l’Afrique doit faire un plus grand usage de la coopération sud-sud et notamment de la coopération intracontinentale pour relever le défi de son développementLa manière de définir cette nouvelle Afrique doit s’affranchir de toute illusion ou de vœux pieux. Elle doit au contraire s’appuyer sur le concret et le pragmatismenotions seules à mêmes de faire naître une Afrique conquérante et solidaire.

Ainsi, il est déplorable que le commerce intra africain reste limité à moins de 10% alors quil offre un énorme potentiel pour la croissance et l’intégration du continent

De même, le relèvement de l’Afrique passe par une refonte de ses institutions continentales.

La réforme de l’Union africaine constitue un chantier important dans lequel le Maroc entend s’investirNotre famille institutionnelle doit évoluer vers une plus grande efficacité et une rationalisation de l’organisation panafricaine, afin d’être en phase avec les attentes des populations africaines.

Enfin, l’avenir de l’Afrique passe par sa jeunesse. L’investissement dans les jeunes, qui constituent près des 2/3 de la population du continent est fondamentalCeci passe par une formation adéquate, une insertion douce et encadrée dans le monde du travail, une habilitation à prendre des initiatives pour créer de la richesse pour exprimer ses nombreux talents et contribuer à l’essor du continent

Sa Majesté le Roi, Que Dieu L’assiste, a fait le choix de mettre le Maroc au service de l’Afrique.

En agissant de la sorte, Sa Majesté le Roi, Que Dieu l’Assiste, renoue avec l’esprit de la Conférence de Casablanca de 1961 qui avait rassemblé les pères du panafricanisme autour d’une vision ambitieuse pour une nouvelle Afrique unie, prospère et tournée vers l’avenirL’année 2017 aura été une année charnière à plus d’un titre grâce à la Vision Royale africaine.

Vive l’Afrique et Vive la solidarité africaine.  »

Article19.ma

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