Les manifestations se sont poursuivies, mardi soir, à Al Hoceima pour le 4ème jour consécutif. Le fait le plus marquant reste la participation des parents de l’activiste en détention Nacer Zefzafi et la prise de parole de son père incitant les jeunes rifains à poursuivre le Hirak, mais de manière « pacifique ».

Quelque 700 manifestants, soit plus que le nombre observé la veille, se sont ainsi retrouvées à Hay Sidi Abed à Al Hoceima, en présence d’une forte mobilisation des forces de l’ordre pour les empêcher d’emprunter le boulevard Tarek Ibn Zayad et de se diriger vers le commissariat de police et le siège du tribunal de première instance, selon les reporters des sites arabophones.

Les protestataires ont demandé lors de ce sit-in « la libération des activistes détenus et le retrait des forces de l’ordre » qui ont investi la ville depuis le début des protestations en octobre dernier, à la suite de la mort tragique du poissonnier Mohcine Fikri.

La ville d’Al Hoceima connaît aussi une grève partielle des commerces et des cafés, en signe de solidarité avec les détenus, selon Alyaoum 24.

Intervenant lors de ce sit-in, le père de Nacer Zefzafi a appelé l’Etat « à abandonner toutes les poursuites à l’encontre de son fils et des autres activistes arrêtés récemment », constate-t-on sur une vidéo en ligne.

« Je vous prie de m’excuser par ce qu’en réalité je ne pourrais pas prononcer un discours ou donner un conseil, je suis venu aujourd’hui seulement pour m’assurer de la poursuite des protestations », a lancé le père de Zefzafi aux manifestants, ajoutant que par sa présence à ce sit-in il voudrait transmettre un massage à son fils et à ses compagnons.

« Je suis venu pour leur dire que vos frères dans le Rif et les autres villes marocaines et en Europe sont tous avec vous. Nous demandons à Etat d’annuler » les poursuites à l’encontre « des prisonniers politiques », a-t-il encore affirmé mettant l’accent sur la nécessité de préserver le caractère pacifique des protestations.

Ce sit-in, auquel ont également pris part l’ancien bâtonnier Mohamed Ziyane et l’avocat Isaac Charia, a été marqué par « le serment » des manifestants de « ne pas transiger et de ne pas trahir le mouvement de protestation ».

+Mouvement de solidarité dans les villes…+

Les villes de Casablanca et de Rabat ont également connu des sit-in où les forces de l’ordre sont intervenus pour empêcher que les protestations ne dégénèrent. Des manifs ont été programmées à Kénitra, Fès, Oujda, Agadir et Sidi Ifni.

A la place Maréchal de la capitale économique, les forces de police sont ainsi intervenus pour éviter un affrontement entre les manifestants solidaires des activistes de la fronde rifaine actuellement en détention et des éléments de la jeunesse royale.

Une heure avant le dispersement du sit-in, des éléments de la jeunesse royale se sont attaqués aux manifestants ce qui a amené les forces de l’ordre à intervenir pour séparer les deux parties et à calmer les esprits en dressant un barrage sécuritaire entre les deux protagonistes.

Le sit-in organisé à Rabat a été, quant à lui, très bref et n’a duré qu’une quinzaine de minutes avant l’intervention musclée des forces de l’ordre qui n’ont pas hésité à frapper les manifestants.
La police a également pourchassé les manifestants dans les rues avoisinant la gare de la ville de Rabat.

Selon Hespress, les téléphones portables et les appareils photos de plusieurs manifestants dont celui d’un journaliste du magazine TelQuel ont été cassés par la police afin de les empêcher de filmer leur intervention. Les policiers ont également saisi les drapeaux du mouvement du 20 février.

Nacer Zefzafi et 5 autres activistes sont actuellement en garde à vue depuis lundi à Casablanca où il risque de lourdes accusations, notamment, d’entrave à la liberté du culte et d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.

La garde de vue de Zefzafi et ses camarade risque d’être prorogée de plusieurs jours avant la comparution devant la Cour d’appel de Casablanca ou celle de Salé spécialisée dans les crimes liés au terrorisme, selon des sources judiciaires.

A ce jour, la défense des activistes, une vingtaine d’avocats, n’a pu obtenir de rencontrer Zefzafi et ses compagnons.

Article19.ma

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