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La culture sahélo-saharienne de mobilité et de nomadisme doit être prise en compte lorsque l’on envisage des solutions sécuritaires, explique un récent rapport.

La nature changeante de l’insécurité appelle une réponse régionale intégrée, selon le nouvel « Atlas du Sahara-Sahel ».

Publié en décembre par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, une initiative française de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), cet atlas jette un nouvel éclairage sur la région.

A travers cent cinquante cartes, il déchiffre la complexité des mouvements des personnes et des biens. Il couvre les migrations, le terrorisme et les trafics, ainsi que les initiatives régionales et internationales de stabilisation.

Cet atlas « lance un signal aux responsables politiques des pays concernés, du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest centrale, ainsi qu’aux responsables des principales institutions internationales, les Nations unies, l’Union européenne, la Banque mondiale, etc., de toutes les instances qui sont aujourd’hui en train de définir et d’élaborer des stratégies pour le Sahel pour stabiliser et développer cet espace à long terme », explique le directeur de ce club, Laurent Bossard, coordinateur du projet.

L’objectif est de montrer que la région vit au rythme de dynamiques complexes, explique-t-il.

« Il est absolument nécessaire de prendre en compte les dimensions régionales, transnationales et transfrontalières des défis », ajoute-t-il. « Nous essayons d’argumenter dans tous les domaines, tout particulièrement dans celui de la coopération, de la sécurité et de la mobilité des populations. »

Il précise que les terroristes, les trafiquants et les groupes du crime organisé ont mis à profit « cette culture de nomadisme et de mobilité ».

« La difficulté que l’on rencontre est que les réponses apportées à ces dangers ont du mal à mettre à profit et à s’adapter à cette culture de la mobilité », poursuit-il. « Justement parce que c’est mobile, cela nécessite une collaboration extrême entre l’ensemble des pays concernés. »

Kadré Desiré Ouédraogo, président de la commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), estime que construire des routes à travers le Sahara, c’est vouloir enfin développer la coopération économique avec le Maghreb, augmenter les échanges commerciaux et construire un avenir commun.

« Seule une telle volonté permettra de régler ensemble les défis de la stabilisation et du développement des immenses espaces désertiques que nous partageons », a-t-il écrit sur le site web de l’OCDE.

Ibrahim Assane Mayaki, secrétaire exécutif de l’Agence de planification et de coordination du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), explique pour sa part que la stratégie de l’Union africaine pour la région du Sahel se fonde sur le gouvernance, la sécurité et le développement. Mais cette approche tripartite n’est pas suffisamment mise en œuvre dans les plans de développement régionaux, où les questions de sécurité sont souvent isolées, explique-t-il.

Selon lui, « les espaces sahélo-sahariens relèvent de problématiques liant les enjeux de sécurité et du développement ».

Mais le président du club François-Xavier De Donnea se dit optimiste. Lors du lancement, le 19 décembre 2014, de cet atlas à Bruxelles, il a déclaré : « Avec une bonne mise en place et coordination des mesures d’incitation commerciales et politiques, la région du Sahara-Sahel pourrait fleurir. »

Article19.ma / Magharebia

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