« Chaque cinéaste est libre de traiter un sujet comme il le souhaite. C’est ce qui est important », a souligné le Directeur général du Centre cinématographique, Sarim Fassi Fihri, dans une interview publiée sur le site allemand Deutsche Welle (DW) à l’occasion du festival du film marocain à Berlin consacré à la femme marocaine dans le cinéma.

Pour le directeur du CCM, le cinéma marocain n’a pas connu de censure malgré l’arrivée des islamistes au gouvernement.

« Lorsque les islamistes ont formé le gouvernement en 2012, la plupart des cinéastes ont cru qu’ils étaient obligés de se défendre avant même qu’ils ne soient attaqués. En d’autres termes, dès qu’ils ont vu arriver les islamistes, ils s’attendaient à être censurés et à être invités à éviter certains sujets ou à les traiter différemment. Ainsi, les cinéastes se sont fortement défendus depuis le début, mais il n’y a pas eu de véritable confrontation entre les islamistes et les cinéastes », a-t-il affirmé.

Et d’ajouter : « Le cinéma est parfois le moyen le plus simple de dire des choses dans un pays comme le Maroc. Le cinéma offre plus de liberté. C’est un média qui accède à tous les ménages par la télévision et atteint la plupart des gens, car la majorité d’entre eux regarderont un film plutôt que de lire un livre ».

Concernant le thème central du festival (2-7 mai), Fassi Fihri a relevé que la question de la femme reste universelle comme en témoigne l’écart des salaires en France entre celui d’une femme et d’un homme ayant les mêmes qualifications, par exemple.

Il a également souligné la diversité des films proposés au festival, ajoutant que ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils étaient subventionnés par l’Etat et que « les cinéastes avaient la liberté de s’exprimer et de donner leur point de vue ».

« Nous avons, d’une part, une société très traditionnelle et, d’autre part, une autre assez occidentalisée », a-t-il poursuivi concernant la condition de la femme au Maroc, relevant néanmoins un écart important entre ces deux pôles.

« Oui, entre une femme qui est pilote de ligne et celle qui vit dans une société rurale encore fortement influencée par la tradition, il y a absolument un écart plus important au Maroc qu’en Allemagne », a souligné Fassi Fihri tout en assurant que « les choses ont néanmoins beaucoup évolué, mais nous avons encore besoin de plusieurs décennies d’évolution (…) bien que les femmes ont accès à tous les types de professions, par exemple ».

Pour ce qui est de la présence de la femme marocaine dans le cinéma, il a fait constater qu’un réalisateur sur quatre est une femme. « C’est plus que dans la plupart des pays d’Europe ».

Article19.ma

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