Cinéma – Le leadership du Maroc en matière de coproduction vu de Montréal

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Le leadership et la riche expérience du Maroc en matière de coproduction cinématographique et son « modèle inspirant de la coopération Sud-Sud et de la coproduction Nord-Sud », ont été au centre d’un colloque international organisé, jeudi à Dar Al-Maghrib à Montréal, par le Centre culturel marocain.

Ouvrant ce colloque, initié en partenariat avec l’organisme « Vues d’Afrique », le Directeur du centre culturel « Dar Al-Maghrib », Jaâfar Debbarh, a souligné que cette rencontre, qui se tient dans le cadre du 33ème Festival international de cinéma « Vues d’Afrique » où le Maroc est à l’honneur cette année, vise à mettre en avant la riche expérience du Royaume en matière cinématographique, ajoutant que le Maroc affiche l’une des productions cinématographiques les plus florissantes du continent africain et mène depuis des années une politique d’accueil des productions internationales dans les studios de Ouarzazate et Casablanca.

M. Debbarh a rappelé que chaque année, de nombreuses superproductions internationales choisissent le Maroc comme cadre de tournage, relevant que cette importante activité cinématographique est ponctuée par des rendez-vous de grande envergure comme le Festival international du film de Marrakech, devenu un pont interculturel et une plate-forme mondiale et prestigieuse dédiée au 7ème art.

Ce colloque, a-t-il dit, se veut aussi un espace de réflexion sur les perspectives de collaboration canado-marocaines/canado-africaines en termes de coproduction cinématographique, de manière à initier une synergie dans le secteur sur les plans culturel et économique, et à faciliter les échanges entre les professionnels et la circulation des œuvres dans une démarche « gagnant-gagnant ».

+Coproduction Sud/Nord et Sud/Sud+

De son côté, Mme Laila Tounzi, chef de service du contrôle de la production et coordinatrice-responsable de la promotion de la destination Maroc auprès des producteurs étrangers au Centre cinématographique marocain (CCM), a donné un large aperçu sur le Centre, créé en 1944, ses principales missions et attributions pour la promotion du cinéma national.

Rappelant qu’un Fonds d’aide à la production nationale a été créé en 1980 avec un budget annuel de 7,5 millions de dollars US, Mme Tounzi s’est félicitée de l’évolution de la production cinématographique au cours des dernières années au Maroc, à même d’atteindre 25 longs-métrages annuellement.

Evoquant la coproduction cinématographique Sud-Nord et Sud-Sud, elle a rappelé que le Maroc a, depuis 1977, signé des accords de coproduction avec plusieurs pays (Argentine, Belgique, Bénin, Canada, Côte d’Ivoire, Espagne, Egypte, France, Grande Bretagne, Italie, Mali, Niger, Sénégal et les pays de l’UMA..), ce qui a donné naissance à des films coproduits par des sociétés de production marocaines et des sociétés de pays signataires, des films coproduits par le CCM et des sociétés de production signataires, ou des films coproduits par le CCM et des sociétés cinématographiques de pays non signataires de ces accords.

Mme Tounzi a soutenu que le Maroc constitue aujourd’hui « un plateau de tournage à ciel ouvert », vu le nombre de films étrangers tournés dans le Royaume, notamment dans ses studios à Ouarzazate et Casablanca, ajoutant que le pays est devenu une destination « privilégiée » qui suscite un grand intérêt auprès des grands cinéastes et producteurs internationaux.

Pour sa part, Mme Malika Hammoucha, responsable des relations extérieures du Festival du cinéma africain de Khouribga, a relevé l’importance de la coproduction cinématographique en tant que l’un des aspects de la coopération entre les pays, soulignant que la coproduction Sud-Sud doit être considérée comme une diversité qui doit s’enrichir vu que les cinémas africains dépendaient du financement du Nord.

Elle a estimé que donner un vrai sens à la coproduction cinématographique Sud-Sud c’est inviter chaque pays à réfléchir en vue de trouver une solution adéquate pour développer son cinéma, sans quoi le processus de coproduction ne peut fonctionner correctement.

Mettant l’accent sur l’intervention de l’Etat pour la promotion de la production cinématographique au Maroc, Mme Hammoucha a affirmé que l’expérience marocaine peut constituer un exemple à suivre, sachant que le Royaume s’est engagé, à travers le CCM, dans une coproduction de 33 films africains entre 2005 et 2015.

Pour donner un sens à cette coproduction, a-t-elle poursuivi, le Maroc organise plusieurs festivals, dont le Festival du cinéma de Khouribga, créé en 1977 et devenu un rendez-vous annuel au service du cinéma africain, visant à renforcer les liens unissant les cinéastes marocains et africains et à soutenir un cinéma africain engagé qui défend le continent.

+Appel à une renegotiation des accords+

Dans la même veine, M. Ardiouma Soma, Délégué général du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou, a indiqué que la coproduction est une question vitale pour les différents cinémas et cinéastes africains, dont le Burkina Faso, donnant par la même un aperçu sur la coproduction dans ce pays, menée avec d’autres Etats de la région.

Après avoir relevé l’intérêt particulier accordé par la jeunesse africaine à la chose cinématographique, M. Soma a mis l’accent sur l’importance d’une coopération bilatérale et multilatérale dans ce domaine pour la promotion de la production cinématographique africaine.

Notant que plusieurs organisations régionales (UEMOA, CEDEAO, CEMAC) avaient déjà prévu un volet culturel avec la possibilité de soutenir des coproductions cinématographiques à travers plusieurs dispositions et mécanismes, M. Soma a insisté sur la nécessité d’une véritable réflexion et d’une réelle volonté politique pour que ces mécanismes deviennent fonctionnels au service du cinéma africain.

D’autres intervenants, dont des représentants du Festival « Vues d’Afrique », de l’organisme « Téléfilm Canada » et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), ont fait valoir l’importance de la coproduction et de la coopération inter-festivals en vue de s’enrichir mutuellement dans le cadre de la diversité et de renforcer le rapprochement, le partage et l’ouverture entre les pays et producteurs pour aboutir à des échanges fructueux dans le domaine cinématographique.

Ils ont notamment plaidé pour la renégociation des accords de coproduction qui datent de plusieurs années afin d’élargir le champ de coopération dans le cadre de futurs projets, sans omettre l’aspect du financement qui constitue un élément clé dans la réalisation de tout projet. (MAP)

Article19.ma

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