Le nombre d’incidents terroristes dans les régions du Maghreb et du Sahel en Afrique a augmenté de 14% en 2016, selon une étude publiée jeudi par le Centre interuniversitaire d’études sur le terrorisme (IUCTS) et l’Institut Potomac pour les études politiques, atteignant le deuxième niveau le plus élevé depuis le 11 septembre 2001, a rapporté le site américain Business Wire.

Le huitième rapport annuel intitulé « Le terrorisme en Afrique du Nord et au Sahel en 2016 » a révélé que, malgré cette tendance alarmante, le Maroc et la Mauritanie n’ont enregistré aucun incident terroriste en 2016 et que le Maroc a été le pays le moins affecté par le terrorisme dans la région au cours des quinze dernières années.

« En 2016, le Maroc a continué d’améliorer ses capacités de lutte contre le terrorisme, comme en témoignent les arrestations multiples de terroristes présumés, saisissant des armes et avortant des complots violents », a souligné le rapport. « Il convient de mentionner en particulier le leadership du Roi Mohammed VI dans la dénonciation du terrorisme et le rejet de ceux qui utilisent la religion comme justification de la violence politique. Au début de l’année 2017, le Maroc a interdit la production et la vente de la burqa de peur que ce vêtement, qui couvre l’ensemble du visage et du corps des femmes musulmanes, serait utilisé pour monter des attaques terroristes.

« En résumé, les stratégies sécuritaires de Rabat, allant de la coopération internationale élargie (par exemple, rejoindre l’Union africaine) à la promotion d’approches islamiques tolérantes, semblent servir de modèle pour maintenir les menaces terroristes potentielles à des niveaux gérables ».

Selon le rapport, les pays les plus touchés en 2016 étaient la Libye (avec 125 incidents), le Mali (avec 64 incidents), la Tunisie (avec 16 incidents) et l’Algérie (avec 13 incidents). A ce jour, l’Algérie, la Libye et le Mali ont connu le plus d’incidents terroristes (1 329; 578 et 218 respectivement).

« Les inquiétudes se font jour quant aux liens et les flux croissants de recrues entre … les extrémistes régionaux et le soi-disant ‘Etat islamique’ en Syrie et en Irak, ainsi que les partisans et les alliés d’al-Qaïda dans toute la région », relève le rapport, notant que « les pays du Maghreb et du Sahel ne sont pas à l’abri de la plus grande menace de violence émanant d’Irak et de Syrie ».

Parmi les dix recommandations tactiques du rapport pour faire face à ces menaces régionales figurent :

– « Le renforcement des moyens de renseignement des Etats-Unis et de l’OTAN en élargissant leur coopération par l’entremise de l’AFRICOM, du Partenariat pour la paix de l’OTAN et d’autres modalités de formation, l’équipement et le suivi des ressources dans toute la région »;

– « Poursuivre et étendre l’assistance américaine technique et de formation au contre-terrorisme au personnel de sécurité interne » ;

– « Œuvrer à régler les conflits inter-régionaux qui donnent aux extrémistes des possibilités pour entraver la sécurité et la coopération économique, y compris le conflit du Sahara occidental et le problème des réfugiés dans les camps du Polisario en Algérie. De plus, collaborer avec la communauté mondiale des donateurs pour effectuer un recensement des camps afin de s’assurer que l’aide humanitaire n’est pas détournée, à partir de cet endroit ou ailleurs, à des fins militaires ou à un enrichissement personnel » ;

– « Reconnaître l’importance du rôle des dirigeants musulmans et les encourager à promouvoir la pratique d’un islam modéré, ainsi que des programmes de contre-radicalisation qui limitent l’attrait des recruteurs extrémistes » ; et

– « Promouvoir le commerce et les investissements régionaux en élargissant l’Accord de libre-échange entre les Etats-Unis et le Maroc afin d’inclure des produits en provenance d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ».

« Comme l’indique l’étude de l’IUCTS, la situation en Afrique du Nord et au Sahel est dangereuse et nous ne pouvons pas être complaisants », a déclaré Jordan Paul, directeur exécutif du Centre marocain américain pour les affaires politiques. « Le Maroc semble indemne grâce au leadership du Roi Mohammed VI et à la vigilance des forces de sécurité du pays. Cependant, d’autres questions peuvent et doivent être résolues, y compris le problème du Sahara occidental sur la base du plan d’autonomie marocain ».

Article19.ma

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