Le Maroc n’a pas de leçons à recevoir des Frères Musulmans 

share on:

Par Ilyas El Omari

Alors que je consultais les réactions suite à l’annonce de la décision mettant fin à la mission de M. Abdelillah Benkirane de former le gouvernement, mon attention a été attirée par un poste sur Facebook du dénommé Abderrazak Moqri commentant la question de la constitution du gouvernement dans notre pays en prétendant que cette décision est due à  » sa concurrence avec le roi pour la popularité lors du mandat gouvernemental précédent…et que les puissances locales et internationales ne veulent pas ‘un islamiste’ puissant et triomphant à la tête du gouvernement, et ne veulent pas un autre Erdogan dans ‘le Maghreb arabe’ « , selon ses dires, avant d’ajouter : « un marocain m’a fait savoir qu’un pays arabe, petit mais riche, a offert 60 millions de dollars pour faire perdre le Parti justice et développement (PJD) marocain aux dernières élections ».

Avant de répondre aux allégations de ce responsable partisan algérien, c’est bon de rappeler que cet individu est connu par son appartenance à l’organisation mondiale des Frères Musulmans, en ce sens qu’il est considéré comme l’un des dirigeants de l’organisation en Algérie, et il est en même temps le président du mouvement de la société de paix (Hamas) fondé par Mahfoud Nahnah qui est un des hauts dirigeants des frères musulmans en Algérie.

Exprimer sa sympathie envers la personne d’Abdelillah Benkirane serait une chose normale de la part d’un individu qui partage avec lui la même référence idéologique, mais il y a véritablement besoin de relever qu’il est inacceptable de mêler les institutions marocaines à un sujet politique intérieur lié à la structure des institutions constitutionnelles dans notre pays. Et par conséquent, ce qu’a écrit l’algérien Abderrazak Moqri devient une réaction injustifiée, une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures marocaines et une intrusion dans un événement politique d’un pays souverain régi par une constitution et des lois, et qui a des traditions et des us historiques anciennes pour gérer ses affaires politiques intérieures. Un pays qui ne permet aucune ingérence extérieure quelle qu’elle soit son origine ou sa nature. J’ai cherché vainement une justification à l’intrusion du président du Hamas dans les affaires internes des partis marocains concernant la gestion des affaires du pays.

Les marocains se sont habitués aux positions hostiles des services algériens envers le modèle marocain. Et de telles positions ne sont pas gratuites, mais elles trouvent leur origine dans la crainte pour des intérêts et dans des calculs géopolitiques connus. Mais, c’est peut-être la première fois –dans un précédent incompréhensible-  que le dirigeant d’un parti politique se précipite avec agacement et une sympathie étranges pour nuire à l’expérience marocaine prometteuse en Afrique du Nord et au Moyen Orient.

Le dirigeant islamiste algérien a comparé notre chef de gouvernement à « Erdogan du Maghreb arabe », une comparaison qui suscite plus d’une interrogation et touche à l’indépendance des partis marocains, car il laisse entendre qu’il existe au Maroc un parti lié à des agendas extérieurs, qui met l’intérêt de la nation au second plan et accorde la priorité aux engagements internationaux de nature idéologique et à son suivisme à l’organisation mondiale. C’est un postulat dont des signes apparaissent, de temps à autre, pour le conforter et confirmer le sérieux de ce qui est évoqué en son sujet et ceci tant que le Mouvement unicité et réforme marocain, et son bras politique partisan, ne prennent pas l’initiative de demander au président du mouvement de la société de paix algérien d’expliquer ce qu’il entend en disant que la décharge de M. Abdelillah Benkirane est due à sa concurrence avec le roi et de peur qu’il devienne non pas un Erdogan marocain mais maghrébin.

Monsieur le ministre de la justice et des libertés est appelé aussi à donner ses instructions pour chercher ce marocain qui a informé le président du mouvement algérien Hamas concernant le petit pays qui a offert 60 millions de dollars pour faire échouer le Parti justice et développement marocain lors des dernières élections, car cette allégation porte une accusation grave aux institutions de notre pays.C’est sur la base de quelle preuve Abderrazak Moqri accuse un Etat, dont il n’a pas dit le nom à travers un individu marocain qu’il n’a pas nommé, de financer un complot dans l’intention de saboter les élections législatives dans notre pays?

J’espère que les plumes des alliés de l’organisation mondiale des frères dans notre pays s’empresseront de confirmer ou d’infirmer les allégations de cet individu et prendront l’initiative de lui répondre, et en attendant qu’ils le fassent, j’adresse un message direct au concerné par ces allégations pour lui dire que le modèle politique marocain n’a pas besoin de leçons de la part de l’organisation mondiale des frères, ni de ses sections à l’intérieur ou à l’extérieur du Maroc. L’expérience démocratique marocaine, malgré ses imperfections, ne permettra pas l’ingérence des forces de l’obscurantisme qui ont été la cause directe et indirecte dans la propagation de la mort, de la violence et de la destruction dans de nombreux pays dont l’Algérie sœur.

Article19.ma

share on:

Leave a Response