Retrait inattendu de l’Istiqlal du gouvernement, formation d’une nouvelle coalition, réforme de la Caisse des retraites, la Compensation et la Décompensation au Maroc…Le PJD a passé trois ans qui seraient pour le moins qu’on puisse dire « durs et mouvementés, » depuis son accession à la Primature et aux arcanes du pouvoir, suite aux élections législatives de novembre 2011.

Le passage des rangs de l’opposition à la tête du gouvernement est, certes, un pari que tous les partis politiques au Maroc, voire dans le monde, ne peuvent pas gagner. Qu’en est-il du PJD, qui outre les problèmes idéologiques, devait faire face aux tiraillements internes, liés principalement aux difficultés de la gestion du parti après les élections historiques de 2011?

 

Le grand défi auquel doit répondre le parti des islamistes, selon une analyse de la VieEco, serait  « l’opposition interne »‘, dont le symbole est Saadeddine El Othmani, ancien secrétaire général du PJD et ancien ministre des affaires étrangères.

Lors de la session du conseil du parti, El Othmani n’a pas manqué d’appeler les militants PJDistes à ne pas cautionner toutes les actions du gouvernement…quelles qu’elles soient. Début d’un déchirement interne ou critique légitime d’un homme qui a marqué l’histoire du parti? L’élection d’un jeune à la tête du Mouvement Unicité et Réforme (MUR), alors que El Othmani était en lice pour succéder à Mohamed Hamdaoui, avait tranché le débat.

Le pouvoir CHANGE, en voici la preuve…

Ayant la chance de gagner au poker dans un tournoi international, le fils de Mohamed Yatim, député, patron du syndicat, dirigeant du MUR a mis son père voire l’ensemble des islamistes dans une mauvaise posture. Plus surprenant était la déclaration du ministre PJDiste de l’équipement, Aziz Rebbah, qui n’a pas écarté une possible alliance gouvernementale avec le PAM, l’adversaire numéro 1 du parti de Benkirane.

Le parti est certes menacé, mais cette fois-ci de le danger vient de l’intérieur, soulgne La Vie Eco. D’après Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du PJD, le loup serait déjà dans la bergerie : « l’entrée la plus dangereuse pour saper le projet du PJD est l’intérieur. Tout ce qui peut venir de l’extérieur nous saurons y faire face », souligne-t-il.

Par ailleurs, les deux défaites subies, à Moulay Yaacoub et Sidi Ifni face au PI et PAM, par le parti lors des élections partielles incombent aux déclarations et décisions non-calculées de certains députés du parti.

Certains observateurs lient cette situation agitée au changement de la morphologie du parti, d’autres l’expliquent par un affaiblissement supposé, qui peut avoir des conséquences sur les résultats des législatives de 2016.

Or, l’actuelle majorité a fait preuve d’une cohésion sans précédent, depuis l’élection à une majorité écrasante du candidat de la coalition gouvernementale jusqu’au vote de la Loi de Finances de 2015.

Qu’en est-il de la politique économique du PJD ?

Si les islamistes avaient gagné le pari de « la normalisation avec le pouvoir »,  le bilan économique ne réchauffe pas le cœur. Selon l’alliance des économistes istiqlaliens, le gouvernement Benkirane n’a pas réussi à atteindre les objectifs de sa politique économique, qui devaient se traduire en baisse du taux de chômage, chose qui n’a pas été réalisée.

Restant collé à la réduction du déficit budgétaire, le gouvernement a négligé une approche de croissance de développement du pays, d’où la perte de confiance en termes économiques, selon Adil Douiri, financier et ancien ministre istiqlalien, cité par le quotidien L’Economiste.

Chaimae Oulhaj
Article19.ma

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