Par Dr Mohamed Chtatou

Malgré l’animosité du gouvernement algérien et de ses amis traditionnels sur le continent africain, à savoir l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, l’Angola, etc., le monde entier salue les efforts déployés, sans relâche, par le roi Mohammed VI pour mettre en place un modèle de coopération sud-sud purement africain avec la noble intention de créer la prospérité et la partager équitablement au sein du continent africain.

Le monde change rapidement : l’Amérique de Trump est plus encline à s’entourer par des murs qu’à construire des ponts d’échange et de compréhension avec le monde dans sa globalité et fait actuellement, plutôt, du commerce international une arme et non pas une baguette magique pour créer des emplois et le bien-être dans le monde.

La vieille Europe, qui, de plus, s’était tournée vers le sud pour la main-d’œuvre pour se reconstruire après la dévastation de la Seconde Guerre mondiale, a maintenant peur de la migration laquelle pourrait changer irrévocablement et pour toujours la carte géographique humaine de ce continent.

Alors que l’Occident est ébranlé par les doutes et les craintes et, par conséquent, se replie dans le populisme, la bigoterie et la xénophobie, et, ce faisant, enterre à contrecœur sa récente création appelée « mondialisation », la Chine avance. Elle essaie de contrôler le monde par le commerce et son objectif immédiat est le sud où elle répand dûment ses tentacules et son influence.

+Leadership économique marocain+

En plein effroi international, doute, racisme et protectionnisme, le roi Mohammed VI, montant son cheval d’acier (Boeing 747), se déplace, sans relâche, de pays en pays en Afrique proposant des projets de coopération bénéfiques dans le cadre de partenariat gagnant-gagnant. Le concept est simple : le Maroc apportera de nouveaux capitaux, une expertise et une volonté de créer de la richesse et des emplois pour tout le monde sans aucune contrainte en échange de facilités administratives et économiques. Jusqu’à présent, la réaction des parties concernées a été formidable.

Dans un rapport rédigé pour l’administration Trump par Robert Satloff et Sarah Feuer du prestigieux Washington Institute For Near East Policy intitulé « Renforcer la stabilité en Afrique du Nord-Ouest- Idées pour la politique des Etats-Unis envers le Maroc, l’Algérie et la Tunisie », ces deux experts respectés font valoir, à juste titre, que :

« Ces dernières années, le roi Mohammed VI a cherché à étendre l’influence économique, diplomatique et sécuritaire du Royaume à travers l’Afrique. Le repositionnement stratégique s’est traduit par des efforts visant à faire du Maroc une plateforme financière pour l’investissement en Afrique, la décision de chercher à rejoindre l’Union africaine après des années de boycott de l’organisation en raison de sa position sur le Sahara Occidental, les réformes visant à former les responsables religieux de la région pour lutter contre les idéologies extrémistes et la participation à des initiatives de sécurité régionale tel que le Partenariat contre le terrorisme Transsaharien.

Les Etats-Unis devrait accueillir, encourager et appuyer ces initiatives. Un tel soutien pourrait aller des efforts du Département du Commerce pour mettre en valeur le rôle du Maroc comme un hub continental pour les entreprises américaines au renforcement de la participation des Etats-Unis à des événements de grande envergure tel que le Marrakech Security Forum, un rassemblement annuel des responsables de la sécurité africaine et des diplomates ». 

D’autres gouvernements dans le monde se sont félicités des tentatives marocaines de créer des lieux de partenariat positifs en Afrique, voyant dans cette entreprise un geste courageux pour aider et bénéficier aux uns et aux autres dans le bon esprit de : « Grattez mon dos, je gratterai le vôtre », loin de toute forme d’hégémonie ou de contrôle.

+Aspects de la coopération économique+

Les conglomérats marocains, publics et privés, se déplacent en masse pour investir en Afrique et créer des opportunités économiques mutuellement bénéfiques. En effet, les entreprises marocaines représentent près de 9% des transactions en Afrique. Parmi ces sociétés, il y a :

  • Le conglomérat d’engrais : l’OCP (Office Chérifien des Phosphates) va créer des usines dans plusieurs pays et partager son expertise ;
  • Les institutions bancaires : la Banque Populaire, Attijari Wafa Bank, et la BMCE ont repris les banques africaines en faillite et les gèrent aujourd’hui en profit et ont créé leurs propres banques pour les affaires et les investissements sur le continent ;
  • Les assurances : la grande compagnie d’assurance Saham est très active dans le secteur de l’assurance dans de nombreux pays où elle gère des affaires rentables ;
  • Les télécommunications : la grande société de télécommunications marocaine Itissalat al-Maghrib possède des filiales dans plusieurs pays et compte plus de 30 millions de clients ;
  • Les mines : les holdings marocaines sont très actives dans le secteur minier dans plusieurs pays ;
  • Les infrastructures : Buzzichelli Maroc est présent dans les projets d’électrification et Addoha dans la construction de cimenteries ;
  • L’eau et l’électricité : l’entreprise publique marocaine ONEE (Office National de l’Eau et de l’Electricité) est responsable de nombreuses sociétés nationales africaines ; etc.

Probablement, le plus grand projet marocain en Afrique jusqu’à présent est le futur gazoduc qui amènera le pétrole nigérian sur la côte méditerranéenne pour le rendre disponible pour le continent européen.

Pour Atlantic Council, malgré le fait que le Maroc doit faire face à de nombreux obstacles réglementaires dans les pays africains tels que : le contrôle des capitaux, les processus complexes d’embauche et de licenciement et un registre des propriétés difficile à gérer, les indicateurs sont convaincants : pendant les années 90, le commerce marocain avec l’Afrique subsaharienne s’élevait en moyenne à 300 millions de dollars américains par an.

Depuis 1998, il atteint en moyenne 529 millions de dollars par an et s’est élevé à 1 milliard de dollars en 2008.

Atlantic Council avait demandé au gouvernement américain, en 2014, dans un rapport sur l’incursion économique marocaine positive en Afrique, de renforcer la coopération avec le Maroc :

« Le Maroc est un allié américain de longue date et une puissance régionale émergente sur un continent important. Et il est dans l’intérêt stratégique des Etats-Unis d’approfondir davantage la coopération économique et commerciale et de développer des partenariats politiques et sécuritaires plus forts avec le Maroc. Compte tenu de son patrimoine socio-culturel unique, le Maroc opère aussi confortablement dans les contextes arabe, européen, sub-saharien –  particulièrement francophone, mais pas exclusivement – africain, et ses vastes relations culturelles et commerciales avec ces régions le rendent bien adapté pour servir de pont pour la diplomatie commerciale américaine en Afrique. Le roi Mohammed VI, tout au long de ses visites en Afrique et dans ses récentes allocutions aux forums internationaux sur le développement économique de l’Afrique, a énoncé de manière rationnelle et claire son engagement en faveur de la croissance de l’Afrique, appelant par exemple à des projets triangulaires pour construire des programmes durables utilisant les talents et les ressources régionaux.

+Tête de pont économique marocaine en Afrique+

Le roi Mohammed VI, depuis son accession au trône du Maroc en 1999, a efficacement établi une tête de pont économique sur le continent africain pour le bien du peuple africain, de l’économie marocaine et des intérêts économiques occidentaux. Il faut dire que cet effort de triangulation est sans aucun doute bénéfique pour toutes les parties concernées, en gardant à l’esprit que l’Afrique est une véritable mine d’or qui attend d’être exploitée de manière exhaustive par toutes les parties qui viendront à bord, sa réussite sera grande pour le développement du continent africain et le bien-être de ses peuples vaillants et dignes.

Article19.ma

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