Le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD) et chef du gouvernement désigné, Abdelilah Benkirane, a selon nombreux médias « coupé les ponts » avec le Palais Royal, en faisant le parallèle entre ce qu’il a considéré comme « une humiliation du peuple marocain » car le Maroc est sans gouvernement depuis plus de 4 mois, et « l’action » du roi Mohammed VI  en Afrique pour soutenir les jeunes démocraties africaines.

«Il n’est pas possible que le roi aille soulager les soucis de certains peuples africains et que le peuple marocain soit humilié », a lancé, samedi à Salé, Benkirane lors du conseil national de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM).

Selon le journal Al Akhbar, dans son édition de mardi, Benkirane aurait ajouté: « C’est une humiliation du peuple marocain! »

Benkirane a également attaqué, lors de son intervention, au premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachguer, affirmant que la constitution du gouvernement a pris du retard car une certaine partie veille à y entrer, « même si elle s’est consolée avec la présidence de la chambre des députés ».

« On me demande pourquoi je ne lui (USFP) parle pas directement ? Ma réponse est qu’elle voudrait entrer au gouvernement dissimulée derrière trois partis », a encore souligné Benkirane, dont les propos ont été rapportés par le journal Assabah.

Le leader du PJD a également relevé que la question d’une majorité forte « ne se pose désormais plus » après que le parti de l’Union constitutionnelle (UC) s’est joint au Rassemblement national des indépendants (RNI).

Après avoir soufflé le chaud, sur un ton plus conciliant Benkirane souffle le froid en rappelant à son auditoire que le roi avait désigné le secrétaire général du parti arrivé en tête des élections pour former le gouvernement, alors qu’il aurait pu désigner une autre personne de ce parti, et que le souverain a fait preuve de respect du principe démocratique, soulignant que la direction du PJD reste attachée à continuer sur cette voie et c’est dans ce sens qu’elle considère la formation par l’UC et le RNI d’un groupe parlementaire conjoint comme un élément suffisant pour s’assurer une majorité gouvernementale confortable et homogène.

Dans une menace voilée, le secrétaire général du PJD a annoncé son intention de monter au créneau au cas du « non respect des résultats des urnes, » affirmant qu’il est « prêt à payer chèrement le prix pour défendre la liberté du choix politique des citoyens à travers les élections » .

 En d’autres termes, Benkirane serait-il prêt à une aventure politique dont les conséquences pourraient le mener en prison? Il n’a pas développé son idée à ce sujet.

« Les gens nous ont confié leurs voix pour que nous dirigions le gouvernement, et partant de là, il faut respecter cette volonté en tant qu’Etat, et si nous devrons payer le prix pour la dignité du citoyen marocain, ce n’est pas une honte », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il attend la réponse du président du RNI, Aziz Akhannouch, et du secrétaire général du Mouvement populaire, Mhand Laanser, pour résoudre la question de la constitution du nouvel exécutif.

Intervenant, par la suite, le même jour devant la jeunesse du PJD, Benkirane a indiqué, cette fois, que le blocage conduira soit à l’organisation de nouvelles élections, ce qu’il ne préfère pas, soit à la recherche d’une autre issue, c’est à dire rejoindre les rangs de l’opposition, soutenant que son parti voudrait des réformes qui ne soient pas au détriment de la nation.

Il a, en outre, fait savoir que le PJD ne cherchera pas à provoquer « des secousses  » dans le pays et « s’il faut dissoudre le parti, sortir du gouvernement ou des collectivités, nous le ferons, parce que nous sommes venus pour engager des réformes et non pas pour autres choses », soulignant que « la réforme est plus difficile que la révolution ».

Et de conclure : « J’attends le retour du roi. Soit j’aurai constitué un gouvernement, je le lui présenterai, sinon je lui en ferai part de ma décision ».

Par ailleurs, le journal Al Akhbar dans son édition du 21 février a titré à la Une: « Benkirane offre un cadeau au Polisario ». Le chef du gouvernement a présenté « ses déclarations graves sur un plateau aux ennemis de l’intégrité territoriale au moment où le roi est dans sa tournée africaine », ajoute le journal.

Est-ce de la pure provocation ou plutôt un suicide politique?

Article19.ma

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