MAROC – Le mouvement Anfass veut créer une « Union nord-ouest-centre-africaine »

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Le mouvement de plaidoyer politique marocain a annoncé ce jeudi le lancement d’une union avec quatre autres mouvements africains, regroupant des partis politiques et des ONG. Objectif : influer sur les décisions en matière de politique locale.

L’Unoca : « Union nord-ouest-centre-africaine ». Ne vous frottez pas les yeux, vous n’avez pas raté un événement géopolitique majeur.

L’Unoca, pour le moment, n’existe que dans le cœur de militants africains campés à gauche qui plaident pour une plus grande intégration régionale. Ces derniers ont publié, ce jeudi 15 février, un document dans ce sens, intitulé « Intégration régionale – Initiative politique » pour présenter leur idée.

L’initiative, qui intervient au lendemain de l’adhésion du Maroc à l’Union africaine (UA), revient à l’association à teinte sociale-démocrate marocaine Anfass (« Souffles »). Elle a déjà convaincu les Congolais (RDC) du Congrès des démocrates pour le progrès social (CDPS), le mouvement mauritanien Kavana, l’Institut tunisien pour la démocratie et le développement et le Parti socialiste sénégalais.

Contre la « balkanisation de l’Afrique »

Dans ses grandes lignes, le document propose une union des pays de la Cedeao et de l’Union du Maghreb arabe, et avance quelques chantiers prioritaires : « Renforcer les infrastructures d’échanges – autoroutes, rails, liaisons navales… » -, standardiser les normes industrielles, créer une zone de libre-échange mais aussi promouvoir « des modèles de gestion décentralisée des provinces » dans le but de « pallier les différents conflits territoriaux et tensions indépendantistes ». Et de déplorer : « La balkanisation de l’Afrique constitue un facteur de vulnérabilité économique et politique, de marginalisation au plan international et de  réduction des perspectives de croissance et de développement. »

Le texte continue et dessine les contours du rêve baptisé Unoca. Morceau choisi : « Sur le plan économique, certains pays cherchant de la croissance externe peuvent venir en aide aux pays regorgeant de ressources contre une intégration locale des procédés économiques… » Enfin, le document se ferme sur une proposition d’outillage de son union : un parlement de 500 membres, une cour de justice de vingt juges, un conseil économique, social et environnemental…

« De part et d’autre du désert »

Mounir Bensalah, président d’Anfass, remarque que le travail de coordination militante en lui-même est venu prouver une trop faible intégration régionale : « Il n’a pas été facile de se coordonner, de se rencontrer et de communiquer. »

Le rêve de l’Unoca semble encore lointain. Mais Bensalah se réjouit tout de même de l’initiative. « Il est rare de voir s’organiser des groupes de part et d’autres du désert. Rien que cela, c’est une bonne chose. » Et les différentes organisations sont d’accord sur un point : si elles parviennent à se rapprocher, elles peuvent d’ores et déjà faire la différence.

« On peut entamer des dialogues forts et émettre des propositions sur des questions épineuses comme l’Azawad ou le Sahara, qui minent l’intégration régionale et freinent tout processus dans ce sens. J’en suis persuadé : une société civile africaine soudée peut être un moteur pour la région », appuie Bensalah.

En attendant l’Unoca, l’idée est donc de tisser un réseau militant fort qui puisse dialoguer sur les questions des conflits régionaux, agir contre le terrorisme, le racisme…

Le petit groupe d’organisations ne compte pas s’arrêter là. D’autres signatures devraient tomber sous peu, de Côte d’Ivoire, d’Algérie et du Mali. Et les organisations signataires les plus influentes ont comme consigne de plaider l’idée de l’Unoca jusque dans les parlements de leurs pays respectifs, en attendant une rencontre d’ici le mois de juin 2017 de tous les signataires.

Article19.ma

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