L’importante communauté Berbère au Maroc et au Maghreb a célébré Yennayer 2695 le mardi 13 janvier, 2015, mais contrairement aux calendriers musulman et grégorien, ce premier jour de l’An n’a pas été férié. Plusieurs voix s’élèvent pour exiger que ce jour soit chômé et payé, y compris le porte-parole du parti conservateur l’Istiqlal.
Pour Hamid Chabat, leader du parti de l’Istiqlal, « le 13 janvier est, en effet, chômé en raison de la célébration du nouvel an Amazigh. » L’Istiqlal entend marquer sa solidarité avec les Imazighen au Maroc.
En attendant, ce vendredi, le campus de l’Université d’Agadir accueillera la deuxième édition du très populaire concours Miss Amazigh. Des festivités sont aussi prévues dans d’autres régions du royaume pour réaffirmer que la culture Amazighe a toujours été une composante essentielle de l’identité culturelle marocaine.
Il est à noter que Yennayer est d’abord une porte qui s’ouvre sur le nouvel an et appelée ’tawwurt n useggas’ (la porte de l’année). Sa célébration s’explique par l’importance accordée aux rites et anciennes traditions, dont certaines subsistent encore de nos jours. La période de l’année signalait aussi l’approche de la rupture des provisions bien conservées pour la saison de l’hiver, synonyme de froid, neiges et pluies diluviennes.
La célébration de cet événement signifie que chaque personne profite de cette occasion pour  renouveler ses forces spirituelles et une énergie positive en faisant appel aux rites ancestraux. À cette époque de l’année, le rite doit symboliser aussi la richesse morale et matérielle.
Il convient donc de renouveler ses forces spirituelles en faisant appel aux rites. À cette époque de l’année, le rite doit symboliser la richesse.
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CULTURE, RITES ET TRADITION…
Selon des historiens, pour que la nouvelle année entamée soit plus fructifiante et la terre plus fertile, il convient de se purifier et de nettoyer les lieux. On obéit également aux lois rituelles telles que le sacrifice d’un animal (Asfel) sur le seuil de l’année, comme on le fait encore de nos jours sur les fondations d’une nouvelle bâtisse. Le rituel asfel symbolise l’expulsion des forces et des esprits maléfiques pour faire place aux esprits bénéfiques qui vont nous soutenir l’année durant. Si les moyens le permettent, seront sacrifiés autant de bêtes qu’il y a de membres de famille.La tradition a retenu le sacrifice d’un coq par homme, une poule par femme et les deux ensembles pour les femmes enceintes afin de ne pas oublier le futur bébé. A défaut de viande, chaque membre de famille sera représenté par un œuf surmontant une couronne de pâtes. Le dîner ce jour là sera servi tard et se doit d’être copieux, ce qui aux yeux des Imazighens augurera une année abondante. La viande de l’animal sacrifié y sera servie conformément au rite.Certains ne pouvant se permettre un tel sacrifice, servent de la viande sèche, comme acedluh, gardée pour de pareilles occasions : un Yennayer sans la viande fût-elle sèche n’en était pas un ! Lors du dîner, une cérémonie est prononcée afin de préserver les absents et de faire que l’année soit bonne. Les absents ne seront pas les oubliés du repas : des cuillères disposées par la mère symbolisent leur présence et une proportion symbolique leur sera laissée dans le plat collectif, sensé rassembler toutes les forces de la famille.Après le repas il convient de vérifier si tout le monde a mangé à sa fin. C’est la maîtresse des lieux internes (la grand-mère ou la mère) qui pose la question aux enfants pour savoir s’ils ont mangé à leur faim : la réponse : oui nous avons mangé et sommes rassasiés. La maîtresse des lieux n’oublie pas non plus les proches ou les voisins, lesquelles lui rendent également des aliments différents : il n’est pas de coutume de laisser balader des ustensiles vides le jour béni.

La fête garde de sa saveur pendant les quelques jours qui suivent l’événement. Les nouveaux ustensiles rangés, on prépare des beignets, crêpes, et tous autres plats et gâteaux rappelant une saveur rare fût-elle importée.

Seront également au rendez-vous les fruits secs amassés ou achetés le reste de l’année, figues sèches, amandes, noisettes, dattes, etc.Aujourd’hui beaucoup de choses ont changé, notamment en milieu urbain mais les Imazighen ont jalousement gardé l’esprit de Yennayer.Joyeux Yennayer à tous!

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