Robert Satloff et Sarah Feuer, deux experts américains du think-tank « The Washington Institute » ont appelé le président Donald Trump à renforcer la coopération de son pays avec le Maroc dans les domaines sécuritaire, politique, économique et culturel.

Relevant les menaces terroristes qui pèsent sur les pays du Maghreb ainsi que la tension qui existe entre le Maroc et l’Algérie au sujet du Sahara, Satloff et Feuer ont rappelé que « depuis le cessez-le-feu de 1991 entre le Rabat et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, peu de progrès ont été réalisés dans la résolution de ce conflit ».

Pour les deux experts, la guerre au Sahara menacerait non seulement la stabilité du Maroc, mais elle détournerait considérablement Rabat et Alger de leur coopération contre le terrorisme et fournira ainsi une chance aux groupes djihadistes dans la région.

« Pour renforcer la stabilité, prévenir la propagation du terrorisme et assurer la sécurité maritime, l’administration Trump devrait entreprendre un certain nombre d’initiatives tant au niveau bilatéral que régional », soulignent-ils.

+Le Maroc un allié majeur des USA…+

Ils estiment que les relations entre le Maroc, « un allié majeur non-OTAN », et les Etats Unis ont « considérablement souffert » pendant le mandat Obama, car Rabat a perçu un relâchement du soutien traditionnel des Etats-Unis au sein des Nations Unies concernant la question du Sahara et a été frustré par les critiques relatives aux droits de l’homme dans les rapports du Département d’Etat.
A cet égard, ils préconisent « la priorité absolue » pour la nouvelle administration américaine de « consolider la relation et de rétablir un sentiment de confiance aux plus hauts niveaux ». Pour eux, « ce processus devrait commencer par réparer les dégâts causés par l’attaque contre la monarchie dans le rapport sur les droits de l’homme et affirmer, sans conditions, que le plan d’autonomie du Sahara proposé par le Maroc est sérieux, réalisable et crédible ».

Les deux experts ont également souligné la nécessité pour Washington d’encourager et d’appuyer les initiatives du Roi Mohammed VI visant à étendre l’influence économique, diplomatique et sécuritaire du royaume à travers l’Afrique.

« Ce soutien pourrait aller des efforts déployés par le Département du Commerce pour mettre en valeur le rôle du Maroc en tant que plaque tournante continentale pour les entreprises américaines à la participation à des événements de grande envergure comme le Marrakech Security Forum », soulignent-ils.

+Renforcer l’investissement au Maroc+

Il s’agit aussi, selon eux, pour l’administration américaine d’envisager « la création d’un fonds maroco-américain pour les entreprises qui s’appuiera sur les réussites (du Royaume) en investissant dans des entreprises à travers le Maroc », et ce « compte tenu de l’environnement macroéconomique relativement positif au Maroc et de l’efficacité des programmes du MCC ciblant le développement des petites entreprises ».

Après voir rappelé que le Maroc a évité les extrêmes et les bouleversements violents observés ailleurs dans la région grâce à un processus progressif de réforme politique dans le cadre de la monarchie, ils estiment nécessaire que « l’aide américaine aille vers des initiatives qui pourraient propulser plus efficacement et directement le programme de réformes lancé par le Maroc en 2011 », notamment, le Conseil national des droits de l’homme, les conseils régionaux et municipaux issus des élections locales de septembre 2015, et les organisations de lutte contre la corruption.

Les deux experts soulignent, par ailleurs, qu’il existe une demande croissante des jeune marocains dans le domaine de l’enseignement de l’anglais, de l’accès à l’enseignement supérieur de type américain et des possibilités d’étudier aux Etats-Unis. Cette demande, relèvent-ils, constitue une occasion pour « une ouverture stratégique pour l’influence culturelle américaine ».

+Poursuite de la lutte contre le terrorisme+

Au plan sécuritaire, ils estiment qu’une coopération plus étroite reste entravée par le conflit entre l’Algérie et le Maroc sur le Sahara et par l’absence d’une intégration politique et économique de la région. Le leadership américain, exercé par le biais de l’AFRICOM, en coordination avec des organisations telle que l’Union africaine, pourrait, selon eux, contribuer à renforcer la coopération antiterroriste entre les Etats maghrébins.

Pour accroître cette coopération, il serait judicieux, soutiennent-ils, d’organiser un exercice annuel entre les forces américaines, marocaines, algériennes et tunisiennes de lutte contre le terrorisme, axées sur les menaces à la sécurité intérieure des Etats.

Concernant la question du Sahara, les deux experts estiment que Washington doit corriger les erreurs commises par l’administration Obama envers le Maroc, appelant l’administration Trump à consentir des efforts particuliers pour attirer l’attention de Rabat et d’Alger sur les défis communs en matière de sécurité et la nécessité d’éviter l’escalade sur leur différend historique.

Article19.ma

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