Si le patron du Centre cinématographique marocain, Sarim Fassi Fihri déclare ne pas être responsable de la censure du film Exodus, il estime qu’il aurait pu être dangereux pour la « sécurité du Marocain ».

Le directeur du Centre cinématographique marocain, Sarim Fassi Fihri, sort enfin de son silence. Depuis la censure du dernier film de Ridley Scott, Exodus, qui était annoncée mercredi 24 décembre mais ne s’est officialisée que le vendredi d’après au soir, Le directeur du CCM n’avait pas commenté la décision.

« Je n’ai pas reçu d’appel d’El Khalfi, je ne suis pas intervenu dans cette décision, elle revient à la commission », explique le directeur du CCM. Et de détailler : « Pour qu’un film sorte dans les salles de cinéma ou en DVD, une commission logée au Centre cinématographique marocain, attribue un visa d’exploitation commercial ». Cette commission est composée de cinq représentants : du CCM, du ministère de la Culture, du ministère de la Communication ainsi que deux professionnels du cinéma : un représentant de la chambre marocaine des distributeurs, et un autre des exploitants de salles de cinéma.

Lors du premier visionnage du film, qui a eu lieu le 19 décembre, Sarim Fassi Fihri affirme que « le représentant du ministère de la Communication a émis des réserves dans son rapport ». Le film est donc finalement approuvé mais interdit aux moins de 16 ans. Un deuxième visionnage a été réclamé par le représentant du ministère de la Communication et a eu lieu le vendredi 26 septembre qui lui « se terminera par une désapprobation  unanime de la sortie du film ». Entre ces deux dates, le film est programmé dans les salles pour le 24 décembre, et le CCM se charge de contacter les exploitants afin d’attendre le deuxième visionnage. « Nous n’avons jamais émis de pression ou envoyé des gens du CCM dans les salles de cinéma », assure Sarim Fassi Fihri.

Si Sarim Fassi Fihri affirme que « cette décision ne dépend pas de lui», malgré le fait que cette commission soit logée au CCM, il dit « respecter la loi » et justifie cette censure qu’il qualifie de « préventive ». « Vous avez vu ce qui s’est passé en Tunisie suite à la diffusion de Persepolis ? Le tourisme tunisien en souffre jusqu’à aujourd’hui », évoque-t-il, décrivant un scénario catastrophe.

Le fait est que cette censure pour « représentation de dieu » est faite sur la base d’une interprétation. « Le petit enfant vêtu de blanc ne dit à aucun moment qu’il est dieu, cela peut être un ange, un médiateur de la révélation », nous expliquait la distributrice du film, Mounia Layadi Benkirane, la distributrice du film. Plus loin dans Exodus, Moïse dit « ne plus vouloir voir de messager », propos qui pourrait confirmer que l’enfant ne serait que médiateur des messages divins. Mais pour Sarim Fassi Fihri, « il est dangereux pour la sécurité du Marocain de sortir un film qui peut avoir une interprétation religieuse tronquée ».

Article19.ma/TelQuel

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