Le débat actuel, animé, autour de l’enseignement de la philosophie au Maroc semble ignorer un fait fondamental : La philo, qui est dispensée dans les 3 années de tous les lycées et dans toutes les options et dans six départements de l’enseignement supérieur, favorise la formation d’un citoyen conscient de ses droits et de ses devoirs, attaché à sa dignité et à son identité arabo-musulmane, tout en étant tolérant et ouvert à la civilisation humaine.

Au Maroc, cette discipline, enseignée au même titre dans les établissements d’études islamiques, secondaires et supérieurs, y compris la Qarawiyine et la prestigieuse Dar al-Hadith, aborde les mêmes thématiques que dans la plupart des pays européens, à savoir la logique, la métaphysique, la morale, la psychologie, la philosophie politique, entre autres. Où est le problème ?

Mieux encore, le volume horaire de cet enseignement est généralement supérieur à l’horaire réservé à l’éducation islamique et les publications en philosophie ont constitué 8 pour cent du dépôt légal en 2015.

La contribution historique du Maroc à la transmission de la philosophie classique à l’Occident est reconnue dans les manuels d’histoire de cette discipline, ce qui explique les critiques de la société civile et de l’Association Marocaine des Enseignants de Philosophie d’un manuel scolaire où il figure un théologien qui dénigre la discipline de la philosophie au point de la présenter comme un ouvrage satanique. C’est excessif.

Le grand Averroes fut parmi les rares qui ont essayé une conciliation entre raison et révélation et les philosophes marocains contemporains issus de cette école se sont distingués à l’échelle du monde arabe.

La conciliation entre raison et révélation est paisiblement recevable quand on réalise le lien entre enseignement du Livre et enseignement de sagesse dans le message coranique.

Quand la philosophie a été « trahie » par ceux qui voulaient la réduire à un simple matérialisme dialectique, l’enseignement de la philosophie n’a pas été affecté au Maroc. Cet excès rappelle les excès gnostiques qui ont créé un courant craintif chez les musulmans à l’époque médiévale.

Aujourd’hui, les élèves ont le droit d’apprendre, sous la guidance de leur maîtres, les tenants et les aboutissants de cette polémiques entre craintifs et confiants. Une cause qui n’est pas menacée n’a pas besoin de défenseur, surtout quand le défenseur risque de jouer sans le vouloir en faveur de ces autres fondamentalistes.

Evidemment, certaines nuances dans cette querelle échappent nécessairement aux supporters lointains. La conciliation entre raison et révélation est paisiblement recevable quand on réalise le lien entre enseignement du Livre et enseignement de sagesse (hikma), dans le message coranique.

Renforcer la position de la philosophie, c’est renforcer la place du questionnement, de la réflexion et de la culture, d’autant plus que l’exercice philosophique s’intéresse au sens, au discours et à la lecture et l’écriture.

Article19.ma

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