Le chef de gouvernement désigné, Abdelillah Benkirane, a affirmé qu’il n’était pas atteint par « la folie des grandeurs »*** et qu’il n’était pas tyrannique comme veulent le faire croire certains.

« Si je le suis, dites-moi quand est-ce que j’ai été tyrannique avec vous ? », a-t-il dit en s’adressant, récemment, aux membres du comité régional de Rabat-Salé de son parti, soutenant qu’il n’y a « aucune démocratie comparable à celle appliquée par le Parti justice et développement ».

Dans son intervention, dont la première partie est mise en ligne sur le site officiel du PJD, M. Benkirane a ajouté qu’après « les résultats des dernières élections législatives nos adversaires ont tenté de nous gâcher la victoire du grand 7 octobre pour la transformer en leur triomphe avec le goût d’une défaite à travers plusieurs scénarii qu’ils n’ont pas réussis en fin de compte ».

«Ce qui compte le plus pour moi, c’est vous. Car nous pouvons maitriser notre rythme mais est-ce que nous pourrons maitriser le rythme des autres », a-t-il poursuivi en allusion aux partis politiques qui n’ont pas encore décidé leur participation au gouvernement avant de préciser : « nous ne pourrons pas maitriser leur rythme, chacun agit selon sa logique ».

Revenant sur le bilan de son gouvernement au cours des cinq dernières années, il a qualifié de « grandioses » ses réalisations malgré « la campagne mensongère » qui a essayé d’en minimiser la portée, relevant que « le peuple a constaté que le gouvernement cherchait le bien pour le pays et les citoyens, nonobstant l’aspect impopulaire des mesures ».

M. Benkirane, qui a consacré une grande partie de son discours à la référence islamiste de son parti, a, par ailleurs, estimé que « les frères au Maroc » ont la chance de trouver dans la constitution du pays la consécration de l’Islam comme religion de l’Etat alors que d’autres nations ont souffert pour imposer cette référence à la religion musulmane.

« De plus, notre roi est le commandeur des croyants », a-t-il souligné, indiquant que ce titre n’est pas nouveau mais qu’il a toujours caractérisé l’Etat marocain à travers les siècles.

Il a également rappelé que la monarchie constitue le garant de la stabilité politique et sociétale et qui empêche aussi que des catégories sociales oppressent d’autres couches de la société, appelant les membres de son parti à avoir cette donne toujours présente à l’esprit.

Le secrétaire général du PJD a, en outre, relevé la fin de la lutte pour le pouvoir que le Maroc a connue pendant 40 ans et qui a empêché le développement du pays, ajoutant que le Maroc est sorti indemne des tempêtes du « printemps ou de l’automne arabe » et que « le PJD a réussi à diriger le gouvernement pendant 5 ans alors que les gens prédisaient que cette expérience prendrait fin en 2013, en passant par le retrait du Parti de l’Istiqlal et jusqu’aux élections locales de 2015 dont le parti est sorti victorieux.

*** L’expression date du milieu du XVIIe siècle : un sujet de Louis XVI aurait fait étalage de ses biens pour épater le roi. Ce dernier s’imagina que cette richesse ne pouvait se faire qu’au détriment du royaume et décida de lui confisquer tous les biens et de le faire emprisonner.

Article19.ma

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