Laisser les choses en l’état constitue un danger pour les finances publiques. C’est en substance le message véhiculé par le ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance, Mohamed Louafa, invité du forum de la Map hier à Rabat.

Le ministre, qui a insisté sur l’importance d’aller vers la libéralisation du marché des hydrocarbures, a annoncé la signature prochaine d’un accord d’homologation des prix avec les entreprises du secteur.

L’idée est que le gouvernement continue, à partir du 31 décembre, à réviser les prix les 1er et 16 de chaque mois sur la base d’une formule technique tenant compte des cours à l’international. Mais il ne s’agit que d’«une mesure transitoire qui vise à éviter l’anarchie», a-t-il précisé.

Les compagnies pétrolières se chargeront ensuite du suivi des cours internationaux et, ainsi, de la fixation des prix. Ce qui revient à leur permettre de jouer sur leurs marges de profit. Conscient du caractère polémique que peut revêtir une telle mesure, il a rappelé que la Constitution de 2011 prône la liberté des prix. Pour rassurer, il a affirmé que son gouvernement continuera à superviser le marché conformément à la loi sur la liberté des prix et la concurrence.

     PAS D’AUGMENTATION DES PRIX DU PAIN?

Sur le dossier de la décompensation du gaz butane annoncée au Parlement par Abdelilah Benkirane, Mohamed Louafa a assuré que le gouvernement n’envisage pas de lever la subvention de ce produit. Le ministre, qui a rappelé qu’à peine 38% du gaz butane est dédié à la consommation domestique et le reste aux secteurs productifs, a toutefois indiqué qu’il faudra réfléchir à d’autres alternatives comme l’octroi d’aides directes. En attendant, il a rappelé la mesure décidée dans le projet de loi de Finances de 2015 pour réduire le poids des dépenses consacrées au gaz butane. «Le projet de budget encourage en effet les agriculteurs à recourir à l’énergie solaire», a-t-il dit.

Si le gouvernement a agi jusque-là par des mesures comme l’application de l’indexation pour certains produits pétroliers, Louafa a indiqué que l’équipe Benkirane oriente sa réflexion vers le démantèlement de la Caisse de compensation.

Pour lui, la mesure est indispensable vu le poids de la Caisse qui a absorbé 54 milliards de DH en 2012, dépassant ainsi le budget consacré aux investissements. Sans l’indexation, le système aurait absorbé 70 milliards de DH, comme l’a indiqué le ministre. Le but du gouvernement est d’alléger les finances publiques. Car, actuellement, «les recettes ordinaires ne permettent pas de couvrir les dépenses ordinaires», a déploré Louafa. Face à cette situation, deux options s’imposent: recourir à l’endettement intérieur ou extérieur.

Dans le premier cas, «le gouvernement va priver les opérateurs économiques du financement et, dans le second, il mettra en péril les générations futures», prévient-il. Cela pour justifier l’importance de s’orienter vers la décompensation des produits subventionnés. D’autant plus que «la Caisse a été créée pour stabiliser les prix et non pas pour soutenir le pouvoir d’achat».

Concernant les rumeurs qui circulent actuellement sur une éventuelle hausse du prix du pain, le ministre s’est montré catégorique: «Il n’y aura pas d’augmentation du prix tant que le blé tendre est subventionné par la Caisse de compensation». Mohamed Louafa a aussi fait savoir que la décompensation du sucre n’était pas à l’ordre du jour.

Article19.ma/L’économiste 

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