2015 sera pleine de surprises et les professionnels s’y attendent. La politique de décompensation entreprise par le gouvernement sur les prix de plusieurs produits pétroliers, en l’occurrence le gasoil et l’essence, n’épargnera pas la compétitivité de nombreuses activités stratégiques.

«Nous percevons déjà des inquiétudes et crispations dans certains secteurs d’activité», signale Habib Malki, président du Centre marocain de conjoncture (CMC).

Le secteur du transport sera aux premières lignes des répercussions attendues sur l’évolution des charges de carburant, notamment sur le segment du gasoil. Ce secteur est l’un des plus gros consommateurs du gasoil, dont les prix ont augmenté à trois reprises en cette année (la dernière hausse date du 16 octobre dernier pour s’établir à près de 10%).

A l’exception du 16 juillet où le niveau de révision était supérieur de 4 centimes/litre, à la réduction de la subvention, l’augmentation du prix était de 49 centimes/litre contre une baisse de subvention de 45 centimes/litre.

Les deux autres augmentations sont bien en deçà du niveau de la réduction de la compensation. En l’absence d’études d’impacts et de chiffres officiels, les supputations vont bon train sur l’estimation des retombées sur le business. Les professionnels parlent de «3 à 5%» de charges supplémentaires. Un chiffre qui risque de passer à «10%» – à prendre avec des pincettes – pour des conjonctures de hausse exceptionnelle du baril.

Dans les dernières actualisations du Haut-commissariat au plan (HCP), l’indice des prix à la consommation du secteur du transport a progressé de 2,4% à fin octobre dernier, en comparaison avec le même mois en 2013. Plusieurs observateurs voient en cette variation les premières retombées de la suppression progressive de la subvention unitaire sur le prix du gasoil.
Inexorablement, les professionnels comptent répercuter ces augmentations de charges sur le consommateur. «L’absence de mesures d’accompagnement et d’une vision globale qui donnent un sens à la réforme fait que l’impact sera négatif sur notre modèle de croissance», explique le président du CMC. Cette cellule d’analyse, qui prépare une étude pour le mois de janvier sur le même sujet, est convaincue que la facture sera salée sur la compétitivité du secteur des transports, mais aussi pour le panier de la ménagère. «La loi de Finances 2015 ne prévoit pas de mesures significatives aussi bien pour l’entreprise que pour la consommation», rappelle l’économiste El Malki.

Article19.ma/L’économiste 

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