«Depuis la mise en place du Ramed, le nombre de patients dans les hôpitaux a augmenté de manière exponentielle. En parallèle, les équipements, les capacités et les ressources humaines n’ont pas beaucoup évolué.

Le schéma idéal, défendu également par Hazim Jilali, directeur général de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM), est le passage obligatoire par le centre de santé. Sur chaque carte, le nom du centre auquel le ramediste est rattaché est inscrit. Et c’est donc au centre de rediriger le patient vers l’hôpital.

Ce passage par un centre de santé permettra au moins de faire le tri entre les cas qui nécessitent des consultations auprès de spécialistes ou encore une hospitalisation.
En principe, c’est à l’Anam de mettre de l’ordre dans le fonctionnement de ce régime. Mais jusque-là, cette agence n’arrive pas à récupérer ses prérogatives.
Son directeur général ne cache pas son irritation. Surtout que ce régime dont devraient bénéficier plus de 7 millions de personnes méconnaît les règles élémentaires de gestion: contrôle médical, nature de la prestation prise en charge par le Ramed et absence de contrats d’objectifs et de moyens avec les hôpitaux publics.

Le DG de l’Anam affirme aussi «que les chiffres sur les dépenses liées directement aux prestations fournies par les hôpitaux publics sont difficiles à estimer». Une situation connue des membres du conseil d’administration du régime et qui cacherait des guéguerres entre départements.

A fin août 2014, le Ramed a potentiellement atteint 7,28 millions de bénéficiaires, représentant ainsi 2,69 millions de foyers détenteurs de carte et un taux de couverture de 86%. Cela ne signifie pas que pour toutes ces personnes l’accès aux soins soit devenu une réalité.

Ce régime, qui a démarré depuis deux ans et demi, se caractérise aussi par un gros problème de communication: 47% des personnes vulnérables n’ont pas récupéré leur carte.

Côté financement, le Fonds d’appui à la cohésion sociale a injecté 1,2 milliard de dirhams à fin septembre 2014 et devra mettre près de 1 milliard de dirhams l’année prochaine.

Selon le Ministère des Finances, le montant cumulé des contributions des personnes en situation de vulnérabilité a atteint 56 millions de dirhams à fin décembre 2013 contre 284,5 millions pour les collectivités locales. Or, pour l’Anam, la contribution des Collectivités locales n’est pas recouvrée!

 L’économiste 

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