bouzerda-aliPar Ali Bouzerda

Les gens du Machreq se disent entre eux: « fi al-Maghrib, la tastghrib… » (au Maroc, il ne faut point s’étonner). Et pour cause, un évènement insolite vient d’attirer l’attention des médias à savoir une manifestation spontanée en signe de solidarité avec le chanteur Saad Lamjarred qui croupit en prison à Paris pour une accusation grave relative au « viol » d’une jeune française.

La manifestation a eu lieu dimanche 27 novembre 2016 devant le consulat de France à Casablanca et comprenait en plus de ses fans, des musiciens et artistes de renom. Bien évidemment des posters du « pauvre détenu » ont été brandis et des slogans scandés en faveur de son « innocence ».

Bref, un sit-in qui s’est déroulé dans une ambiance bon enfant et sous les zooms des photographes et badauds munis de smartphones, qui vite ont « immortalisé » cet événement.

Mais ils ont « immortalisé » quoi au juste? L’histoire du « sex-scandal » d’un homme que la presse décrit comme « récidiviste » et que la défense n’arrive pas à arracher des griffes de la justice française malgré la présence d’un poids lourd du barreau de Paris, Me Eric Dupond-Moretti.

Insolite cette manif en effet, car un jeune artiste marocain honoré par une décoration royale est impliqué dans un scandale de « viol » aggravé par des faits de « violence » dont a été victime une femme de 20 ans. Les promoteurs de cette manif ont voulu « faire pression » indirectement sur la justice d’un pays où les droits fondamentaux des femmes ne peuvent être bafoués, et moins encore quand il s’agit d’une affaire d’un fils « de bonne famille » dont le comportement était loin d’être celui d’un gentleman.

+Présomption d’innocence+

Parlons de choses qui fâchent: est-ce que le « Maalem » est innocent? Soit, mais pourquoi l’a-t-on mis sous les verrous sachant que le bonhomme allait donner un grand spectacle musical à Paris, sponsorisé et médiatisé par son ami, le célèbre artiste Gad El Maleh. Ce dernier a « le bras long » dans le tout Paris pour le libérer de « la mélasse » où il s’est fait enfoncé, si c’était une dénonciation mensongère ou une erreur policière?

Du jour au lendemain, M. Gad El Maleh a disparu des écrans radars sans laisser de traces, dès que l’histoire du « viol » a éclaté. Curieux?

Pas besoin de rappeler aux fans de Saad Lamjarred, que la France n’est pas une république bananière où on téléphone à minuit au Procureur pour lui demander de relâcher « un fils à papa » avec cette phrase du style: « Vous savez, le gamin a un peu forcé sur la bouteille…plus d’autres conneries…tout ça lui a fait perdre la tête, vous comprenez? »

Il n’y a plus rien à comprendre quand la justice s’en mêle. Ce que certains ne veulent pas comprendre, c’est que le jeune « mis en cause », traine derrière lui des « casseroles », selon les journaux français, qui ont évoqué à cette occasion l’autre « sex-scandal » de New York et « une autre affaire » à Tunis. Et ce genre de choses, vraies ou fausses, elles collent à la peau comme l’odeur d’un crime. On a beau essayé de nettoyer, mettre du parfum mais « Allah ghalb! »

Pour le moment, ne serait-il pas sage de laisser la justice faire son travail? Le sit-in de Casablanca n’impressionnera pas les juges, ni les forcer « à fermer l’oeil » pour faire plaisir aux millions de fans du « Maalem »… Loin de là, cela risque de produire l’effet contraire.

+Maquillez vos bleus…+

Reste à rappeler que le plus triste dans cette histoire, c’est « la femme violée  » et « agressée » et que les manifestantes ont ignoré et n’ont même pas prêté attention à ses souffrances. Autrement dit, elles demandent à « la victime » d’essuyer ses larmes et de mettre du maquillage sur « les bleus » laissés sur son corps par la violence de son « agresseur ».

Et comme par hasard, le sit-in coincidait avec la campagne internationale contre la violence dont sont victimes les femmes.

Par ailleurs, cela rappelle quelque chose … L’émission « Sabahyat 2M », le conseil matinal de la chaîne casablancaise 2M sur « comment maquiller » les bleus y compris l’oeil au beurre noir de la marocaine battue par son mari ou son fiancé, au lieu de la sensibiliser contre la violence conjugale et de lui conseiller de s’adresser à la justice afin de défendre sa dignité.

On appelle ce genre d’émission: « la démission…la honte! » D’ailleurs, cette émission coincida avec la campagne internationale de lutte contre la violence faite aux femmes et a provoqué un tollé général et une vaste indignation de la part des associations féministes.

In fine, l’affaire Lamjarred se déroule en France où l’on décrit souvent la magistrature de « République des juges », et il serait sage d’éviter la provocation gratuite. Faisons plutôt confiance à la justice et si l’artiste est innocent, il sera relaxé mais si la justice retenait des preuves « irréfutables » contre lui, il devra faire face avec courage à son destin.

Article19.ma

2 Commentaires

  1. je sais pas est-ce que je devrai etre surprise de cet article « non scientifique » ni « raisonnable » ou le trouver normal et attendu.. lorsque vous souhaitez parler de la justice essayer de découvrir les bases fondamentales de droits tout d’abord monsieur.. Il est innocent jusqu’à preuve du contraire..
    Si vous etes « curieux » pour savoir ou est Gad, il vaut mieux de chercher la réponse qui n’a rien à voir avec Saad avant de jeter les mots d’ici et la sans aucune logique . Merci

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