Accusé par des adversaires d’une trop grande proximité avec Vladimir Poutine, François Fillon s’est prononcé pour une levée des sanctions européennes contre Moscou adoptées suite à l’annexion de la Crimée et a soutenu l’intervention russe en Syrie par souci d’efficacité dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

La Russie a le sourire et l’Allemagne quelques crispations. La victoire de François Fillon à la primaire de la droite en France a été saluée par les médias moscovites alors qu’outre-Rhin, on s’inquiète du penchant russophile de l’ancien Premier ministre.
Accusé par des adversaires d’une trop grande proximité avec Vladimir Poutine, François Fillon s’est prononcé pour une levée des sanctions européennes contre Moscou adoptées suite à l’annexion de la Crimée. Il a aussi soutenu l’intervention russe en Syrie, par souci d’efficacité dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

VIDEO. Fillon plebiscité

« Les temps changent »
Le présentateur vedette de la chaîne publique russe Vesti, Dmitri Kisselev, principale voix médiatique du Kremlin, a interrompu son journal d’information dans la nuit de dimanche à lundi pour annoncer la victoire de François Fillon à la primaire. « Les forces de droite relèvent la tête dans toute l’Europe », s’enthousiasmait pour sa part le présentateur du journal de l’autre chaîne publique russe, Pervy Kanal, en commentant l’issue de la primaire à droite en France.
« Qui va maintenant imposer des sanctions et contre qui ? Les temps changent, et ces méthodes sont dépassées », a-t-il renchéri. « François Fillon est le plus pragmatique des candidats en ce qui concerne la politique internationale », note de son côté l’agence officielle russe Ria-Novosti.
François Fillon « est avant tout un candidat pro-français », a relativisé l’expert Sergueï Fiodorov, de l’Institut de l’Europe de l’Académie russe des Sciences (RAN), invité lundi par la chaîne d’information 24.

L’Allemagne s’inquiète pour l’avenir de l’UE

A l’inverse, « les Allemands auraient préféré Alain Juppé », estime Barbara Kunz, chercheuse au Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa). Son profil plus modéré aurait été « plus Merkelo-compatible », résume un cadre du parti de la chancelière, la CDU, sous couvert de l’anonymat. « Dans le domaine diplomatique cela risque de poser problème entre Fillon et Berlin avec en premier lieu la politique envisagée envers la Russie », juge Barbara Kunz.
Angela Merkel plaide pour la fermeté à l’égard de Moscou sur l’Ukraine au nom de l’intangibilité des frontières en Europe, et ne cesse de dénoncer le soutien russe aux bombardements sur Alep. La chancelière allemande est par ailleurs inquiète à l’idée d’un rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine alors que François Fillon « souhaite » cette alliance.
Sur les questions européennes, l’insistance de François Fillon à vouloir en cas de victoire à la présidentielle un gouvernement de la zone euro irrite à Berlin, où l’on a toujours suspecté Paris de chercher par ce vieux projet jamais abouti à rendre caduques les restrictions européennes en matière de déficit public.
Du côté du verre à moitié plein, « tout président français qui ne serait pas Marine Le Pen serait une bonne nouvelle pour le gouvernement allemand », souligne Stefani Weiss, analyste des questions européennes à la Fondation Bertelsmann. Les promesses économiques réformatrices de François Fillon, sa volonté de baisser les dépenses de l’Etat et d’assouplir le marché du travail, sont aussi très appréciées au sein du gouvernement allemand.

VIDEO. Fillon vainqueur de la primaire : « Je le vois déjà président »

Source : Leparisien.fr avec AFP


Article19.ma

 

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