Le référendum italien du 4 décembre prochain inquiète au plus haut point les marchés et fait peser le risque d’une implosion de la zone Euro, aux conséquences désastreuses sur l’économie mondiale.

Les taux italiens Óambent, et le spread avec le Bund allemand repart à la hausse. Au-delà de l’Italie, l’année politique européenne en 2017 s’annonce comme celle de tous les dangers. Explications.

L’e×et de l’élection de Donald Trump ne s’est pas encore totalement dissipé que les marchés ont déjà les yeux rivés sur une autre menace qui plane sur l’économie mondiale. Une menace venant cette fois-ci de la zone Euro, d’Italie plus précisément. La raison de cette inquiétude ? Le référendum constitutionnel prévu le 4 décembre dans la Péninsule, et dont l’issue incertaine pourrait déboucher sur un tremblement de terre Ònancier.

Matteo Renzi, le Premier ministre réformateur italien, a en e×et fait de ce scrutin de politique intérieure une a×aire personnelle, en mettant son mandat dans la balance. En cas de victoire du non, ce que les derniers sondages laissent présager, il démissionnerait, ouvrant la voix à des élections anticipées. Ces dernières pourraient proÒter aux mouvements populistes, comme le fameux mouvement anti-européen 5 étoiles (M5S). L’une des propositions phares du M5S est la tenue d’un référendum sur la sortie de l’Italie de la zone Euro. Et au vu de l’écho que trouvent actuellement les idées populistes au sein de l’électorat européen, un Brexit à l’italienne n’est pas à exclure. Les menaces d’implosion d’une zone Euro convalescente, qui se remet à peine de la crise de 2008, sont prises très au sérieux par les marchés et par les experts. John Mauldin, expert Ònancier de renom, aÕrme dans une tribune publiée dans Forbes, que «la victoire du non au référendum italien sonnerait le glas de l’Euro». Ni plus ni moins.

«Le risque de contagion pour le reste de la zone Euro serait bien plus grand que celui induit par le Brexit», souligne de son côté Isabelle Mateos y Lago, responsable de stratégie multi-actifs chez BlackRock, cité par le Wall Street Journal. Par ailleurs, dans une interview au Business Insider, Joseph Stieglitz, prix Nobel d’économie, n’y va pas de main morte : «L’Europe se dirige vers un événement cataclysmique qui pourrait conduire à l’e×ondrement de l’Euro et à la Òn du projet européen tel que nous le connaissons». Dans une note publiée minovembre, Deutsche Bank place même le référendum italien en tête des risques qui pèsent sur le marché Ònancier, estimant à 60% une victoire du «non». Une telle issue du scrutin pourrait engendrer un krach boursier à la Bourse de Milan qui céderait 20%, selon l’analyse de la banque allemande.

Les BDT italiens à 10 ans Óambent

La menace se fait d’ailleurs déjà sentir sur le marché de la dette italienne, où les taux à 10 ans Óambent. A 2,067 %, le taux à 10 ans est au plus haut depuis juillet 2015, franchissant la barre des 2%. L’écart s’est creusé avec l’Espagne (1,60 %), mais, surtout, avec l’Allemagne. L’écart entre le Bund allemand et les BDT italiens est passé de 100 points de base en janvier à 180 pbs au 20 novembre 2016, avec une accélération du spread ces dernières semaines (voir graphique), preuve de la déÒance des marchés à l’égard de l’économie transalpine. Pour ne rien arranger, la Bourse de Milan perd 20% depuis le début de l’année 2016, soit la pire performance au monde derrière la Bourse angolaise, tandis que le secteur bancaire italien, souscapitalisé, est moribond avec un taux de créances en sou×rance Óirtant avec les 18%. Bref, la troisième puissance économique européenne concentre, à elle seule, en cette Òn d’année 2016, tous les ingrédients d’un cocktail détonnant qui pourrait mettre à genou la Ònance mondiale.

Article19.ma

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