Journée mondiale du diabète : ce «tueur silencieux» qui progresse

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Même si de plus en plus de personnes vivent avec le diabète, cette maladie continue de tuer plus d’1,5 million de personnes par an dans le monde.

En avril dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évoquait une hausse alarmante du nombre d’adultes diabétiques. Une étude récente, publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), rappelait qu’en France,  les 3,5 millions de personnes diabétiques présentent toujours un risque de décès plus élevé. De tous les côtés, les institutions sanitaires tirent la sonnette d’alarme.

La Fédération française des diabétiques (FFD) ne manque pas à l’appel. Elle tient à rappeler que, si de plus en plus de personnes réussissent à vivre avec la maladie, elle continue de causer plus d’un million et demi de décès par an dans le monde. Le diabète est un tueur d’autant plus « impitoyable » que cette maladie est dite « silencieuse ». C’est à dire qu’un patient peut vivre avec plusieurs années sans développer aucun symptôme.

La rapide progression du diabète

Ce lundi 14 novembre est  la Journée mondiale du diabète. A cette occasion, la Fédération française des diabétiques organise la campagne Test2Prevent, avec l’objectif d’enregistrer 1 million de dépistages. « Il est urgent de dépister, diagnostiquer la maladie et fournir un traitement approprié », rappelle-t-elle.

En effet, selon les chiffres de la Fédération Internationale du Diabète (FID), 193 millions de personnes ignorent qu’elles sont atteintes, courant le risque que « la glycémie élevée endommage silencieusement l’organisme ». En France, c’est la maladie chronique la plus répandue. Environ 5,3% de la population en souffre, et le nombre de diabétique augmenterait de 3% chaque année en France. Une tendance similaire s’observe un peu partout d’ailleurs  comme le montre le graphique Statista ci-dessous . D’où l’importance de sensibiliser la population et de bien suivre les patients.

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« Repenser la prise en charge »

Selon l’Assurance maladie, le programme Sophia, auquel participe plus de 700.000 diabétiques en France, donne de bons résultats dans le suivi de la maladie. Chez ceux qui ont adhéré à ce service d’accompagnement téléphonique, le suivi des examens recommandés pour le diabète (fond d’oeil, bilan rénal, électrocardiogramme…) est meilleur que chez les autres patients.

Permettre à tous d’avoir accès aux innovations thérapeutiques

Toutefois, pour Gérard Raymond, président de la FFD, le nombre de morts en France – « dix fois plus que les accidents de la route », selon lui – montre que « les réponses apportées ces dernières années ne sont pas à la hauteur ». Il faut « repenser la prise en charge », avec des équipes de soins véritablement pluridisciplinaires, une meilleure éducation thérapeutique et une « écoute réelle » des patients, plaide-t-il. Il faut aussi « permettre à tous d’avoir accès aux innovations thérapeutiques ».

La FFD demande ainsi le remboursement des consultations de podologie avant que les complications n’apparaissent et le remboursement des lecteurs de glucose en continu, qui permettent de mesurer sa glycémie sans se piquer le doigt et à tout moment de la journée. En dehors des effets sur la stabilisation de la glycémie, ces lecteurs apportent une réelle « amélioration de la qualité de vie », estime Caroline Guillot qui a mené une étude sur le sujet pour la FFD.

90% de diabète de type 2

Le diabète, un trouble d’assimilation des sucres par l’organisme, existe sous deux formes. Le diabète de type 2 (près de 90% des cas) correspond à une hausse prolongée du taux de sucre dans le sang, souvent associée à l’obésité et aux modes de vie (sédentarité, alimentation…). Le diabète de type 1, qui apparaît le plus souvent de manière brutale chez l’enfant ou chez le jeune adulte, est caractérisé par une production insuffisante d’insuline, une hormone sécrétée par le pancréas.

Les diabétiques ont un risque élevé de développer des insuffisances rénales,  des plaies du pied pouvant mener à l’amputation, des atteintes de la rétine, des infarctus ou encore des AVC, rappelle l’étude publiée dans BEH. La réduction de ces complications passe par un meilleur contrôle de la glycémie, mais aussi par la prévention et la prise en charge des risques associés : surpoids, hypertension artérielle, cholestérol, tabagisme et sédentarité, rappellent les spécialistes. L’heure de la sensibilisation a donc sonnée.

Source: Lesechos.fr
Article19.ma

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