La publication le 7 octobre d’une vidéo montrant Trump tenir des propos outranciers sur les femmes a suscité un tollé jusque dans les rangs des républicains. Mieux vaut tard que jamais, ironise cet éditorialiste conservateur.

 

Le comportement de Donald Trump ne révèle pas seulement la bêtise crasse de l’intéressé, il met aussi en lumière l’insondable lâcheté des répu­blicains. Car quand Trump a dénigré le courage du sénateur John McCain [ancien prisonnier de guerre au Vietnam], la majorité de son parti l’a soutenu. Quand il s’est moqué d’un journaliste handi­capé, les caciques républicains ont sim­plement haussé les épaules. Et quand il a insulté les Mexicains, les musulmans et les familles de soldats morts au combat, quand il a soutenu – au-delà de l’absurde­que Barack Obama était né à Tombouctou ou ailleurs, ses camarades ont pudique­ment détourné le regard. Mais aujourd’hui qu’un enregistrement refait surface où l’on entend le candidat fantasmer sur les femmes mariées et parler en général de cette moitié de l’humanité avec moins d’élégance que Buffalo Bill n’évoquait ses bisons, les républicains crient au scandale. Que s’est-il donc passé? C’est très simple. Depuis la semaine dernière, Trump n’est plus donné gagnant.

Les uns après les autres, les républi­cains voient leur candidat dévis.ser dans les sondages et en arrivent à la conclu­sion que cet homme n’est pas fait pour être président. Cette évidence, qui réveille leur instinct de préservation, ne leur avait apparemment pas traversé l’esprit aupa­ravant. Paul Ryan n’accueillera finale­ment pas Trump pour un rassemblement prévu dans le Wisconsin [il a indiqué le 11 octobre qu’il ne soutenait plus TrumpJ. Le président de la Chambre des repré­sentants a manifestement développé une subite allergie à Trump, un homme qu’il a toujours su être un menteur, un gou­gnafier et un ignorant qui, s’il a bien ter­miné le lycée, reste un éternel étudiant de seconde année. Le genre de type à impo­ser un week-end de bizutage à ses colla­borateurs du Bureau ovale.

Et c’est la même chose pour tous ceux qui trouvent à présent que les propos de Trump sont franchement répugnants. Jon Huntsman, ancien gouverneur de l’Utah et lui-même ancien candidat anecdotique à l’élection présidentielle, a déclaré qu’il ne soutenait plus Donald Trump. Il l’a même invité à retirer sa candidature, prêt à aban­donner un pays en détresse entre les mains du colistier de Trump, Mike Pence, un homme qui – miracle de l’évolution – parvient à vivre avec un niveau de fermeté inférieur à celui d’un mollusque. Jason Chaffetz, représentant de l’Utah, en est d’ailleurs arrivé à la même conclusion: Trump doit partir. Tout à coup, la brume se dissipe dans l’esprit des républi­cains : il y a un truc qui cloche chez ce type.

On attend bien sûr avec impatience l’ana­lyse de Rudy Giuliani qui a récemment décidé d’abandonner son cabinet d’avocats – ainsi qu’une forme de bon sens – pour rejoindre la campagne de Trump. L’ancien maire de New York, qui voit du « génie » dans la façon dont Trump s’est soustrait à l’impôt, va mainte­nant devoir nous expliquer quel brillant rai­sonnement pousse ce maître de la rhétorique amoureuse à user de tant de suaves expres­sions à l’égard des femmes. Je suis sûr qu’il trouvera quelque chose. Et n’oublions pas Newt Gingrich, qui aimerait bien un poste de secrétaire – peu importe lequel- dans une administration Trump. Hélas, les sondages indiquent que Trump ne sera probablement pas le prochain président des États-Unis. Son mont Rushmore se trouvera plus certaine­ment au musée des bouffons.

La candidature de Trump n’a pas été .r- inutile. Mieux qu’un révélateur chimique, de elle nous a clairement montré les politiques0- qui ne s’embarrassent pas de principes a- et placent le parti au-dessus des intérêts de la nation. Tous ceux qui étaient prêts IX à confier la présidence à un homme qui le sans l’ombre d’un doute était aussi taillé m pour la fonction que le cheval de Caligula h pour devenir consul de Rome. Ce fut un le spectacle sordide, aussi hilarant que ter­e rifiant. On ne peut qu’espérer qu’il soit à e présent terminé.

Le pire débat de l’histoire

Vendredi 7 octobre, The Washington Post a publié une vidéo de 2005 dans laquelle Donald Trump tient des propos dégradants sur les femmes, assurant qu’il peut « faire ce qu’il veut », y compris les « attraper par la chatte ». Devant le tollé suscité, il a été contraint de s’excuser, mais 36 élus du Congrès et plusieurs personnalités républicaines ont assuré qu’ils retiraient leur soutien au candidat républicain et ont demandé à ce qu’il quitte la course à la présidentielle. Un épisode que Trump a tenté de minimiser lors du second débat de la campagne, le 9 octobre, parlant de « propos de vestiaires » et tentant de contre-attaquer sur le passé de l’ancien président Bill Clinton. Hillary Clinton, de son côté, s’est également montré très véhémente à l’égard de son adversaire. Un affrontement exceptionnellement dur, résumePolitico, qui parle du « plus affreux débat présidentiel qu’on ait jamais vu ».

Source : LE Washington Post/ C. international 

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