La position géographique marocaine offre à l’Afrique un espace pour favoriser le transfert des technologies et des capitaux

Le Maroc joue un rôle important au niveau économique en Afrique, a affirmé Cheikh Tidiane Dièye, directeur exécutif du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le Développement (CACID), soulignant que le Royaume est en train de ’’combler de nombreuses lacunes’’ en matière de financement de projets sur le continent.

‘’Le Maroc est un pays qui a son poids au niveau continental, fort d’une position géographique privilégiée puisqu’il constitue la porte d’accès de l’Afrique vers l’Europe et la porte d’entrée de tout ce qui vient de l’Europe vers l’Afrique’’, a dit M. Dièye dans un entretien accordé à la MAP en marge d’un séminaire organisé, récemment à Dakar, par l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP), relevant des Nations unies, sur le thème «Les prémices de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) africaine : que reste-il à faire?».

De l’avis de cet expert en économie, cette position géographique distinguée du Maroc offre à l’Afrique un espace pour favoriser le transfert des technologies et des capitaux et, partant, contribuer à renforcer de nombreux secteurs économiques dans les pays du continent.
Répondant à une question sur son évaluation de la présence économique du Maroc au niveau du continent, M. Dièye a indiqué que le Royaume occupe une bonne place dans le domaine financier en particulier, en comparaison avec plusieurs pays africains, ajoutant que le Maroc, conscient de l’importance que revêt l’intégration économique régionale, s’attèle aujourd’hui à investir dans ce domaine.

La Banque africaine pour le développement avait affirmé que le Maroc s’est imposé en tant qu’investisseur de taille en Afrique subsaharienne, d’autant qu’il occupe la troisième place africaine des investisseurs étrangers à l’échelle du continent, derrière l’Afrique du Sud et l’Egypte.

L’expert sénégalais a relevé dans ce sens que le Maroc est en train de combler de nombreuses lacunes résultant du manque de financement des projets économiques et industriels en Afrique, mettant l’accent sur la forte présence des banques marocaines sur le continent et leur soutien à l’implantation du secteur privé marocain dans ces pays.

Il a tenu à préciser que cette présence marocaine dans les pays du continent est basée sur le principe gagnant-gagnant et une relation profitable pour les deux parties, faisant remarquer que chaque fois que le Maroc bénéficie d’un investissement de capitaux et d’implantation d’entreprises marocaines dans l’un des pays –est c’est une chose souhaitable-, il aide ces pays à renforcer leurs capacités.
Et M. Dièye de poursuivre que ces pays peuvent à leur tour exporter vers le Maroc et profiter des potentialités du Royaume pour accéder aussi à l’Europe, ce qui signifie, selon l’expert sénégalais, que le Maroc a un impact considérable sur le continent en matière de coopération Sud-Sud.

Ce rôle important du Maroc ne se limite pas seulement à la coopération bilatérale mais dépasse ce stade pour englober aussi la coopération trilatérale, a-t-il dit, relevant que les pays développés peuvent apporter leur aide aux pays pauvres sans être obligés d’envoyer luers experts vers ces pays, et ce en choisissant certains pays comme le Maroc en mettant à profit son expertise pour développer les capacités des pays qui accusent du retard dans le domaine du développement.

Commentant la décision du Maroc de réintégrer l’Union africaine, M. Dièye a affirmé qu’il s’agit d’une décision d’une grande importance aussi bien pour le Royaume que pour les pays du continent.
Après avoir rappelé les relations excellentes qui lient le Royaume avec plusieurs pays africains, notamment le Sénégal, il a préconisé la nécessité de renforcer davantage ces relations pour que ce retour à l’Union africaine soit plus bénéfique pour le Maroc et pour les amis du Maroc.

Revenant sur le thème du séminaire de Dakar, le directeur exécutif du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement (CACID), a souligné l’importance de l’intégration économique au niveau du continent africain, au motif que les pays développés aujourd’hui sont les pays situés dans des régions économiquement intégrées, telles que l’Union européenne.

Il a relevé dans ce contexte l’impératif de relever les défis de création d’une zone de libre-échange continentale, notamment en ce qui concerne les questions de temps et de financement. Les chefs d’Etat et de gouvernement africains avaient convenu, en juillet 2012 à Abuja, de créer cette zone à l’horizon 2017 en prélude à l’établissement d’un marché commun africain, mais les négociations à cet égard n’ont commencé qu’en 2015.

Le deuxième défi à relever pour la création de cette zone est celui du financement de ces négociations, a encore ajouté l’expert sénégalais, expliquant que sur les 20 millions de dollars affectés à ces négociations, l’Afrique n’a mobilisé que 3 millions. Le troisième défi est lié à la faiblesse des capacités de production des pays africains, ce qui réduit leur chance de bénéficier de cette zone de libre-échange, a-t-il conclu.

Source: libe.ma

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.