Pour éradiquer le terrorisme, le gouvernement tunisien a décidé de regrouper les services de renseignement civils et militaires sous un même chapeau.

La Tunisie a décidé mardi 20 novembre de mettre en place l’Agence de renseignement, de sécurité et de défense, sous l’autorité du ministère de la Défense.

Pour le Premier ministre Mehdi Jomaa, cette décision « donnera plus de souplesse et d’efficacité au travail des renseignements ».

L’appareil de renseignement, qu’il soit militaire ou sécuritaire, a été sous le feu des critiques depuis la révolution en raison de son incapacité à empêcher les groupes terroristes de lancer des attaques en territoire tunisien et de disparaître rapidement.

Les institutions sécuritaires ont pris conscience de cette grande faiblesse après la dissolution de l’appareil de sécurité d’Etat, et ont depuis commencé à pallier ses déficiences.

Cette nouvelle agence de renseignement « tombe dans le cadre d’une conception globale du système militaire et de sa sécurité », a déclaré le ministre de la Défense Ghazi Jeribi. « Cette structure remplacera l’Administration générale de la sécurité militaire, en y intégrant les niveaux de la collecte et de l’analyse des informations, ainsi qu’un troisième niveau chargé de déterminer la stratégie à adopter. »

« Nous mettrons également en place une coordination à l’échelon de la direction du gouvernement pour la mise à disposition des renseignements et leur analyse. La lutte contre le terrorisme n’est pas seulement une approche sécuritaire, c’est aussi une approche globale », a-t-il ajouté.

Selon Mokhtar Ben Nasser, directeur du Centre tunisien d’études sécuritaires globales, la mission de cette nouvelle agence consistera à mettre en place un système sécuritaire complet et à collecter et analyser les informations.

« Il n’existe plus désormais un appareil sécuritaire distinct de la Défense », a-t-il souligné. « Pour autant que je le sache, une autre administration sera créée au niveau de la primature, qui incluera toutes les parties et assurera la coordination entre les ministères de la Défense et de l’Intérieur, de manière à définir des stratégies similaires à celles qui existent à l’étranger.”

Cette nouvelle agence « disposera des toutes dernières technologies pour lutter contre le terrorisme, l’espionnage et les maladies transmissibles comme Ebola, ainsi que contre tous les dangers qui menacent à nos frontières.”

L’idée d’une telle agence de renseignement n’est pas nouvelle. Depuis que les terroristes ont commencé à lancer avec succès des attaques dans le pays, plusieurs responsables politiques avaient en effet suggéré de lancer une telle initiative.

Lors d’une conférence de presse organisée le 29 octobre 2013, Ahmed Najib al-Chebbi, candidat à la présidence du Parti républicain, avait suggéré la création d’un fonds de lutte antiterroriste. Ce fonds aurait fourni aux forces de sécurité et à l’armée les équipements nécessaires pour lutter contre le terrorisme, et combattre le risque du terrorisme pour les membres des forces de sécurité et l’armée. Il aurait également permis la création d’une agence nationale destinée à collecter des informations pour lutter contre le terrorisme et l’espionnage.

Magharebia

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