Dans un procès sans précédent dans les annales de la justice au Maroc, le tribunal de première instance de Ouarzazate a condamné, mardi, l’écrivain Aziz Benhadouch à deux mois de prison avec sursis et au paiement d’une amende de 1.000 dh et de 20.000 dh de dédommagement aux plaignants à cause de son roman « L’ile des mâles » (Jazirat addocour).

L’affaire a été enclenchée, le 23 mars dernier, lorsque des plaignants ont déposé une plainte contre l’écrivain, estimant que cet auteur les vise du fait que son roman parle de la question des « enfants fantômes », a rapporté  le journal « Akher Saa » dans son édition de vendredi.

« C’est la première condamnation du genre à l’encontre d’un romancier dans l’histoire du Maroc », a affirmé l’auteur du livre dans une déclaration à Akher Saa, ajoutant qu’un tel jugement pourra à l’avenir s’appliquer au dessinateur, au sculpteur, au poète…

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L’écrivain explique que son roman traite d’un sujet étrange qu’il avait rencontré alors qu’il travaillait dans la région de Taznakht. Il concerne les enfants « fantômes », a-t-il affirmé, expliquant que des personnes inscrivaient dans leurs livrets de famille des enfants qui n’étaient pas les leurs en vue de bénéficier des allocations familiales en France, pays où ces personnes résident.

L’auteur a précisé que naturellement il s’agit de faits illégaux et que son roman ne fait qu’évoquer quelque chose qu’il a lui même entendue de la part d’autres gens.

Il a également indiqué que l’échos provoqué par son roman a poussé certains à déposer plainte à son encontre pour diffamation et injure en vertu de la loi de la presse comme si le livre raconte l’histoire de personnes identifiables dans la réalité.

Benhadouch a, en outre, fait savoir qu’il a évoqué dans son roman l’histoire de « Mogha » qui faisait émigrer les bergers du sud marocain pour du travail à l’étranger.

Dans sa déclaration à Akher Saa, l’écrivain, qui a également indiqué qu’il a fait l’objet d’une tentative d’assassinat à cause de son roman, s’est dit aussi étonné que les plaignants n’aient pas assisté au procès avant de souligner que « la faim ne fait pas la justice et que le roman n’est qu’une oeuvre littéraire portant sur des faits de société ».

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