Par Ahmed Assid

Le Secrétaire général du Parti de « la justice et du développement » s’est adressé à ses partisans leur demandant : « Voulez-vous le paradis ou le gouvernement ? ». Certains ont cru que c’était juste pour rire et les divertir, alors que d’autres y ont vu des paroles qui ne peuvent venir d’un sage ou de quelqu’un qui respecte son audience et les considère comme des personnes matures. Quant à nous, nous y voyons des propos justes.

Le chef du PJD sait que ses partisans veulent les deux, le gouvernement et le paradis, car, en fin de compte, ils constituent la même chose, de même que ses partisans, qui ont quitté leurs logements modestes pour s’installer dans des villas  spacieuses et rouler dans des limousines, savent très bien ce qu’il dit.

C’est en ce sens que le paradis intéresse gravement les Pijidistes. Cela pourrait les amener prochainement à se disputer entre eux pour les acquis matériels, comme c’est arrivé à d’autres avant eux.

Le gouvernement mène directement au « paradis » lorsque l’individu se vend à un prix très bas contre des politiques qui provoquent la souffrances de millions de personnes et jettent le Maroc au bord de la catastrophe.

La dette extérieure du Maroc set actuellement à un niveau, jamais atteint auparavant. Le pays est devenu otage des institutions financières internationales et son économie a perdu encore plus de son indépendance.

Le pays a été contraint de réduire le budget d’investissement intérieur ce qui aggravera encore le chômage et les drames sociaux. La lutte contre la corruption n’a pas été menée mais c’est l’alliance avec les corrompus qui a été réalisée à tous les niveaux et à travers l’ensemble du Maroc.

Il n’y a pas eu en pratique les lois qui répondent aux exigences actuelles et même les textes existants ont été détournés et vidés de leur substance.

Idem pour la lutte contre l’oppression, alors que les Pijidistes aspirent aujourd’hui, eux mêmes, à s’autoproclamer des patrons de l’oppression. Ils sont devenus les auxiliaires de l’autorité et justifient à haute voix la violence à l’encontre des gens sur la voie publique sans s’en émouvoir. Ils ne se sont pas mis du côté des opprimés mais se sont montrés indifférents pour éviter d’être embarrassés.

Il est du droit de Benkirane d’être fière des « miracles » réalisés par ses soins et son groupe. Nous occupons aujourd’hui les derniers rangs dans tout ce qui concerne les questions vitales.

Il est aussi du droit de Benkirane de miroiter le paradis à ses partisans pour qu’ils accourent vers les postes tant que les marocains votent pour eux après qu’ils aient reçu des menus à deux sous des produits alimentaires distribués par des associations d’une nouvelle société civile créées à cet effet. Ils votent en l’absence de la grande majorité, devenue fatiguée au point d’avoir perdu espoir dans le jeu (politique) de l’absurdité.

Ces partisans entreront sans doute au paradis tant que la politique de la mise à la disposition de l’administration réalise les petits rêves. Mais, il est certain qu’ils ne pourront plus aspirer, par la suite, à l’autre paradis parce qu’ils auront fait de nombreuses victimes et laissé, derrière eux, comme leurs prédécesseurs, beaucoup de dégâts.

Benis soient les gens du paradis, ils y sont entrés « paisibles et en paix », mais tant que nous ne sommes pas à la fin de l’histoire nous verrons et ils verront, sans doute, « quel revers ils subiront ».

*** Traduction de la rédaction d’Article19

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