attends the wedding ceremony of Prince Guillaume Of Luxembourg and Princess Stephanie of Luxembourg at the Cathedral of our Lady of Luxembourg on October 20, 2012 in Luxembourg, Luxembourg. The 30-year-old hereditary Grand Duke of Luxembourg is the last hereditary Prince in Europe to get married, marrying his 28-year old Belgian Countess bride in a lavish 2-day ceremony.

Elle a ému tout le royaume en épousant Mohammed VI, en avril 2002. Depuis, Lalla Salma tient un rôle qu’aucune femme n’avait tenu avant elle.

Portrait d’une altesse royale moderne et engagée.

 

Modeste, intelligente, douce, rayonnante, éloquente, subtile, charismatique, ravissante, combative … les épithètes fusent de la part de celles et ceux qui ont un jour croisé le chemin de l’épouse de Mohammed VI. En caftan traditionnel ou en tailleur moderne, ses boucles rousses tombant en cascade sur ses épaules ou tenues en un chignon glamour, le sourire radieux ou l’air intimidée, Lalla Salma fait sensation à chacune de ses apparitions publiques, souvent commentées sur les sites et le papier glacé des magazines people internatio­naux, qui la placent sur le podium des « First Ladies les plus belles du monde », Car, loin d’être un simple rubis serti sur la couronne de Mohammed VI, Lalla Salma est venue apporter une inno­vation de taille dans le système monarchique chérifien, première épouse d’un monarque marocain à porter le titre de princesse et à accéder au statut de première dame.

Rien ne préfigurait pourtant un tel destin. Née le 10 mai 1978 au sein d’une famille de la classe moyenne, Salma Bennani quitte sa ville natale de Fès à l’âge de 3 ans, après le décès de sa mère, et grandit avec sa sœur aînée dans l’appartement de sa grand-mère maternelle, à Rabat, à la limite du quartier populaire d’Akkari. Après une scolarité dans le privé, puis deux années de classe prépa­ratoire scientifique (math sup, math spé) au lycée public Moulay-Youssef, toujours dans la capitale, la jeune femme intègre l’École nationale supérieure d’informatique et d’analyse des systèmes (Ensias) de Rabat, dont elle sort major de sa promotion.

En 2000, au cours d’un stage au sein du groupe Omnium Nord-Africain (ONA, qui a depuis fusionné avec la Société nationale d’investissement, SNI, conglomérat appartenant à la famille royale), elle rencontre Mohammed VI. Deux ans plus tard, le jeune roi lui passe la bague au doigt et l’épouse lors d’une cérémonie digne des Mille et Une Nuits.

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SÉISME SOCIOLOGIQUE. L’histoire s’apparente à un conte de fées tout ce qu’il y a de plus clas­sique. Elle est en fait totalement avant-gardiste au Maroc. Autrement dit: c’est un séisme socio­logique. Lépouse du roi n’est plus condamnée à vivre derrière un moucharabieh ou cachée sous un niqab, comme ce fut le cas des épouses des deux précédents monarques chéri­fiens. Au contraire, Lalla Salma est présentée au peuple marocain. Mieux, elle est adoubée du titre de princesse, avec qualité d’altesse royale, double honneur réservé jusqu’alors aux seuls enfants des rois. « C’est le scénario parfait! . commente un communicant politique. Normale, . instruite, émancipée, non voilée et, bien sûr, très belle, Lalla Salma représente l’avenir de la femme marocaine, que Mohammed VI rêve indépendante _ et moderne, tout en restant attachée aux traditions. » Dès son intronisation en juillet 1999, le fils de Hassan II, en moderniste convaincu (mais pru­dent), tient à trancher radicalement avec le style de vie de son père et de son grand-père – Mo­hammed V -, sous le règne desquels le harem était la place de leurs épouses ou concubines, qui devaient impérativement rester dissimulées aux regards du grand public. « La seule fois où l’on a aperçu ces femmes très spéciales, ce fut lors de la déposition du sultan Mohammed Ben Youssef (le futur Mohammed V) par la France, en 1953, rappelle un historien. Les médias français se sont fait une joie de filmer le sultan déchu à la sortie de son palais, suivi de son harem, partant en exil. Pour la France, il s’agissait surtout de décrédibiliser celui qui osait prétendre l’indépendance de son pays, en pointant du doigt ses mœurs archaïques et sexistes. »

Au-delà du harem, au sein de la famille royale, les mariages étaient d’abord stratégiques. Ainsi Hassan II, comme son père, Mohammed V, a choisi, pour qu’elle devienne la mère de ses enfants, une femme berbère, issue d’une grande confédéra­tion tribale. À cette époque, c’était une manière d’atténuer les tendances scissipares des provinces frondeuses. L’un comme l’autre avaient par ailleurs pris d’autres épouses, outre leurs « Oum Sidi » (mère du prince) respectives – qui eurent malgré tout un statut particulier dans leurs harems. Cependant, dès le début des années 1980, avec les premières lueurs de la vague islamiste contestataire en provenance d’Iran, Hassan II a commencé par insuffler un sens politique aux mariages royaux. Progrès inédit, lors des noces de ses trois filles, il fut désormais possible d’apercevoir les jeunes mariées à visage découvert. Une sorte de pied de nez du Commandeur des croyants à ces « néothéologiens radicaux» qui avaient déjà commencé à jaser sous leurs barbes.

Mais pas de révolution pour autant. Les mariages des filles de Hassan II ont continué à reposer sur une stratégie matrimoniale dont le but était avant tout de renforcer la cohésion nationale. Sans pour autant exclure la sincérité des sentiments envers leurs épouses, les gendres de Hassan II étaient, chacun à leur manière, une représentation d’un Maroc patchwork, où se côtoient différentes castes sociales. Fouad Filali par exemple, qui avait convolé avec Lalla Meryem en 1984, représentait la tradition­nelle bourgeoisie fassie issue du Tafilalet, berceau des Alaouites. Khalid Bouchentouf, qui avait épousé Lalla Asma en 1987, correspondait, lui, à « l’enfant» du capitalisme populaire casablancais. Quant à Khalil Benharbit, qui, en 1994, jurait l’amour éternel à Lalla Hasna, il était issu d’une famille de notables de la région de l’Oriental (aux portes de l’Algérie) en plus d’être le fils d’un haut commis de l’État.

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COUPLE NORMAL. Plus subtil, Mohammed VI, à l’aise dans son siècle, opte pour la monoga­mie et, surtout, pour un couple « normal»; son épouse est donc connue de ses sujets. Une femme proche du quotidien des gens, qui humanise le roi et la monarchie marocaine, désormais perçus comme étant moins hermétiques. Plus accessibles. À l’annonce de ses fiançailles avec Salma Bennani, en octobre 2001 -t et après la fuite organisée des premiers clichés de la « Cendrillon marocaine» -, Mohammed VI eut d’ailleurs droit à une standing ovation plus soutenue que de coutume de la part des élus, lors de la traditionnelle cérémonie d’ouverture du Parlement. Certains y voyaient déjà les prémices d’une reprise en main par le Palais de la délicate réforme du code de la famille (la Moudawana, qui allait suivre) pour donner la part belle aux droits de la femme. Les noces royales allaient en être la symbolique souveraine.

Il ne s’agit pas pour autant d’aller plus vite que la musique. Il se murmure encore que les premières apparitions publiques de Lalla Salma ont été très strictement encadrées par le protocole. Certains vont plus loin, affirmant que c’est Mohammed VI himselfqui choisissait les tenues de son épouse lors des premières cérémonies où elle devait l’accom­pagner. Adoptée par les Marocains et rompue aux us et coutumes du protocole, la princesse est devenue indépendante. Depuis plusieurs années déjà, Mohammed VI lui fait pleinement confiance pour le représenter, au Maroc comme à l’étranger.

Lalla Salma rencontre les dirigeants du monde entier – de l’empereur du Japon en passant par le roi de Thaïlande ou la présidente de l’Argentine, participe à de prestigieux colloques, assiste seule aux nombreuses cérémonies du gotha princier … Elle est désormais sur tous les fronts. Son agenda officiel et ses sorties officieuses des dernières semaines en témoignent: le 18 avril, la princesse a inauguré la rétrospective consacrée à Alberto Giacometti (inédite sur le continent africain) au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat; le 28 avril, l’altesse royale est venue faire une visite surprise (et un peu de shopping de produits du terroir) au Salon de l’agriculture de Meknès; cinq jours plus tard, elle endossait son costume de présidente de la Fondation Lalla Salma contre le cancer (lire ci­contre) pour accueillir Marième Faye Sall, première dame du Sénégal, afin de discuter d’un éventuel partenariat; le 6 mai, elle présidait l’ouverture du 22e Festival des musiques sacrées de Fès en compagnie de l’une de ses amies, cheikha Mozah Bint Nasser, ex-première dame du Qatar et mère de l’actuel émir.

Côté familial, Lalla Salma est parvenue à trouver le temps d’aller surfer à Dakhla (sud du Maroc) avec ses deux enfants, le prince héritier Moulay El Hassan (13 ans, lire p: 46) et Lalla Khadija (9 ans). Elle s’est aussi envolée pour Abou Dhabi avec son fils afin de fêter leursdeux anniversaires (le 8 mai pour lui, le 10 pour elle), en compagnie de Mohammed VI.

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INCOGNITO. Du haut de ses 38 ans, « la dame de cœur» des Marocains jongle aujourd’hui avec aisance et élégance entre son rôle de représentation, son engagement associatif et sa vie de femme et de mère (presque) « normale ». Sans jamais déborder de son statut de First Lady. Lorsque au cours d’une visite officielle à Assouan, en Égypte, en 2006, des passants l’ont appelée « reine », Lalla Salma leur a immédiatement rappelé qu’il n’y avait pas de reine au Maroc, « mais un roi », La princesse sait tenir son rang et rester à sa place. Lexact opposé de son amie la reine Rania de Jordanie, qui, à force d’occuper la scène médiatique et de faire de l’ombre à son époux, le roi Abdallah, a fait l’objet de nombreuses critiques dans son pays lors du Printemps arabe, en 2011.

La marque de fabrique de Lalla Salma repose sur le mantra de sagesse: équilibre et simplicité. Elle ne s’exprime jamais sur la politique, mais parvient à faire part de ses convictions. Aussi délicatement que sûrement, elle marque son engagement dans la lutte contre l’ignorance etle fanatisme. En 201 l, à l’ONU, lors d’une assemblée consacrée au sida, elle a pris la parole (en anglais) en commençant par cette phrase lourde de sens: « Je salue toutes les First Ladies d’Afrique [ … ] et nous savons que les femmes sont l’avenir du pouvoir en Afrique. » Avant de poursuivre, comme pesant chacun de ses mots: « Les gens se braquent dès qu’il s’agit de drogue, de prostitution ou d’orientation sexuelle. Je crois que, quand on parle de maladie, de vies humaines, la religion n’est pas un obstacle mais peut, au contraire, être d’une grande aide. »

La princesse connaît son sujet. Lalla Salma et une demi-douzaine de premières dames africaines se soutiennent mutuellement dans leurs enga­gements associatifs. En mars 2014, par exemple, elle s’est empressée de répondre à l’invitation de Dominique Ouattara pour la soirée de gala de sa fondation Children of Africa organisée à Abidjan. Lépouse du président ivoirien lui rend la politesse dix-huit mois plus tard en se rendant au royaume pour un événement de la Fondation Lalla Salma. C’est aussi le cas avec Sylvia Bongo Ondimba, qui avait assisté en 2012, à Marrakech, à la Conférence internationale sur le contrôle du cancer au Moyen­Orient et en Afrique. Depuis, les deux premieres darnes se rencontrent régulièrement, la Fondation Lalla Salma accompagne la Fondation Sylvia Bongo Ondimba dans ses campagnes de lutte contre le cancer, notamment pour le dépistage précoce des cancers féminins.

Si Lalla Salma est proche, à titre privé, de ces premières dames africaines, comme elle l’est par ailleurs de la reine Letizia d’Espagne ou de Bernadette Chirac, la princesse marocaine demeure cependant attachée à « sa vie d’avant ». Ainsi, il lui est déjà arrivé de se rendre incognito dans une maternité de Rabat pour bavarder pendant des heures avec une amie d’enfance qui venait d’accoucher. Sur les plus hautes marches du royaume, régulièrement désignée comme étant l’une des personnalités féminines les plus « en vue » au monde, elle n’en-publie pas moins d’où elle vient: du peuple .•

Le-prince-Moulay-El-Hassan-et-la-princesse-Lalla-Kadija-a-Rabat-le-16-juin-2015

Tu seras un roi, mon fils

Mes sœurs, mon frère et moi avons été éle­vés plutôt sévèrement, avec un cursus scolaire assez chargé. Nous devions aussi avoir une bonne éducation religieuse à l’école coranique du palais. Je tiens à ce que mon fils reçoive les mêmes bases. Je ne souhai­terais pas qu’il soit façonné à mon image, mais qu’il se forge sa propre personnalité. » Ainsi parlait Mohammed VI de son héritier Moulay El Hassan, dans une interview à Paris Match, en 2004. Depuis, le prince héritier a grandi. Et s’il partage tout avec ses parents (il vient d’ailleurs de fêter son treizième anniversaire avec eux, le 8 mai, à Abou Dhabi), il s’est aussi métamorphosé en (petit) homme d’État. En janvier, Moulay El Hassan a présidé la prière rogatoire, apprenant ainsi à incarner seul son futur rôle de Commandeur des croyants. Depuis des années déjà, il est lancé dans le grand bain des activités officielles.

C’est qu’être roi est un métier qui s’apprend sur le tas. Et Mohammed VI tient à transmettre ce savoir à son fils, lequel est toujours à ses côtés lors des cérémonies et des événements majeurs.

Les Marocains ont tous en mémoire la photo officielle de la nomination du gouver­nement Abdelilah Benkirane, en janvier 2012. Moulay El Hassan, qui n’avait pas encore 9 ans, était présent, faisant ses classes dans cette salle du trône où, dans l’avenir, il sera appelé à accomplir son destin royal. En attendant, le prince héritier est un adolescent qui va au collège royal, où son père a lui­ même été instruit. Et, comme Mohammed VI avantlui, il est déjà entouré de camarades, issus de toutes les classes sociales, choisis pour leur intel­ligence. Chaque année, en juin, les Marocains ont l’occasion de voir évoluer les aptitudes de l’héritier du trône lors de la fête qui marque la fin de l’année académique au collège royal, présidée par le roi. On y voit généralement Smyet Sidi (ainsi que l’on désigne le prince héritier, littéralement: « le nom de mon maître ») réciter des sourates du Coran, prononcer un discours et effectuer des représentations artistiques en arabe, en français, en espagnol et en anglais. « Celui qui ne parle que sa propre langue est un analphabète », avait cou­tume de dire son grand-père Hassan II.

Source : Jeune Afrique

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