Lors de sa conférence de presse, jeudi soir à Rabat, le ministre marocain des AEC, Salaheddine Mezouar, n’est pas allé par quatre chemins pour dénoncer le comportement « partial » et « dangereux » du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon.

« Le secrétaire général de l’ONU mène quotidiennement un guerre médiatique contre le Maroc, » affirme Mezouar, devant des dizaines de correspondants des médias nationaux et internationaux.

Lors de cette conférence qui a duré plus d’une heure et demi, juste après un briefing sur « les derniers développements dans l’affaire du Sahara » avec les leaders des partis politiques et des syndicats, M. Mezouar a été clair et ferme sur « la position du Maroc, » dans son bras-de-fer qui dure depuis plus d’une semaine avec Ban Ki-Moon.

« La décision du gouvernement du Maroc est souveraine et irrévocable, » a-t-il réaffirmé. M. Mezouar faisait allusion à la demande de retrait de la composante civile de la Mission des Nations Unies au Sahara (MINURSO), exprimée par le Maroc auprès de New York, et qui a été avec effet immédiat.

Et pour mettre fin aux spéculations dans les couloirs de l’ONU sur une probable « marche-arrière » du gouvernement marocain sur cette décision de retrait des civils de la MINURSO, le ministre a rappelé : « C’est irrévocable…En ce qui concerne la composante militaire, les Forces Armées Royales (FAR) ont un contact permanent et normal avec les militaires de la MINURSO, dans le cadre de leur mission de maintien du cessez-le-feu et de la paix dans la région. »

La semaine dernière, 84 civils de la MINURSO ont été priés de plier leur bagage et de quitter Laayoune mais les 240 membres de la composante militaire n’ont pas été concernés par cette décision de Rabat. Décision qui a été prise suite aux « dérapages » de Ban Ki-Moon sur la situation au Sahara, qu’il a qualifié « d’occupation », lors de sa récente visite dans la région.

+LE DIFFÉREND BAN KI-MOON – RABAT EST PUREMENT POLITIQUE »+

Au milieu de cette crise due à un « différend politique et non technique » qui oppose Rabat au secrétariat général de l’ONU, selon M. Mezouar, deux militaires du bureau de liaison de la MINURSO à Dakhla ont, eux aussi, été obligés de partir quand les autorités marocaines leur ont notifié qu’ils étaient « personae non grata », pour non respect de leur statut ONUsien et après avoir outrepassé leurs prérogatives.

Le ministre s’est bien penché sur les détails de la visite de Ban Ki-Moon à Bir Lahlou et Tindouf, notant au passage que le secrétaire général de l’ONU, par ses gestes et faits a violé consciemment les précédents accords entre le Maroc et l’ONU qui ont abouti au cessez-le-feu en 1991 et établi  une zone tampon « no man’s land » au sud du mur au Sahara, afin d’éviter tout contact (tension territoriale) avec l’Algérie.

En se rendant officiellement à Bir Lahlou, Ban Ki-Moon et ses assistants voulaient créer « un fait accompli » qui consiste à faire de Bir Lahlou une extension territorial et politique de Tindouf, révéla le ministre.

Tout ça a abouti à une crise. Crise qui est loin d’être due à « un simple lapsus » ou à « un état d’âme, » ajouta-t-il.

Cette crise, selon Mezouar, menace « la sécurité et la stabilité » dans la région, en précisant que « la responsabilité incombe au secrétaire général des Nations Unies et au Secrétariat Général qui ont tenté par des stratagèmes dangereux de détourner le processus de paix de sa dynamique naturelle, et ce, en essayant d’écarter le plan d’autonomie proposé par le Maroc, créer une nouvelle situation et tenter de ramener le dossier du Sahara au point de départ. »

Le plan d’autonomie au Sahara proposé par le Maroc dans le cadre de la souveraineté nationale, depuis une décennie déjà, est considéré par le Conseil de Sécurité comme « sérieux, réaliste et crédible, » ajouta-t-il.

S’agissant des « menaces » récurrentes du Polisario « de reprendre les armes » contre le Maroc au Sahara, Mezouar a expliqué que cela fait partie « des pressions » exercées sur le Conseil de Sécurité afin d’obliger le Maroc à faire marche-arrière. Autrement, de la propagande pure dans une stratégie de guerre médiatique, soutenue par l’Algérie depuis longtemps, ni plus ni moins.

Par Ali Bouzerda

Article19.ma

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