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Un an de prison pour avoir voulu assister à un match de volley-ball masculin auquel les femmes ne sont pas admises : l’Irano-Britannique Ghoncheh Ghavami, 25 ans, en détention depuis juin à Téhéran, a été informée samedi de ce jugement particulièrement sévère, après son procès pour «propagande contre le régime». Son avocat, Mahmoud Alizadeh Tabatabaei, espère une mesure de clémence : «Comme elle n’a pas d’antécédents judiciaires, le tribunal peut lui accorder une remise de peine.»

             +’Ternir la Réputation de l’Etat…’+

Ghavami, qui a fait quatorze jours de grève de la faim en octobre, avait été arrêtée lors d’une manifestation contre l’interdiction des femmes dans le public du match Iran-Italie, le 22 juin à Téhéran. «Nous ne pouvons pas permettre la présence de femmes dans les stades. La mixité dans les stades n’est pas encore dans l’intérêt général», expliquait alors le chef de la police nationale. 

Elle avait été relâchée puis à nouveau convoquée et incarcérée, le 30 juin, à la prison d’Evin. Née d’une mère britannique et d’un père iranien, la jeune femme travaillait, selon son frère, comme bénévole contre l’illettrisme des enfants des rues. Selon Téhéran, «son dossier n’est pas lié au sport, même si elle a été arrêtée sur un lieu sportif». Elle aurait tenté de «ternir» la «réputation» de l’Etat. Plus de 700 000 personnes ont signé une pétition en sa faveur sur le site Change.org.

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     +Amnesty Interntional se mobilse+

En septembre, le Premier ministre britannique, David Cameron, a évoqué son cas avec le président Rohani, à New York. Sans succès. Certes, le gouvernement iranien semble réticent face à cette politique de bannissement. Mais, confronté à une montée en puissance des conservateurs – le Parlement a rejeté, mercredi, son candidat au poste de ministre des Sciences, deux mois après la révocation de son prédécesseur -, il semble peu désireux d’engager un bras de fer.

Du coup, ce jugement pourrait mettre à mal le réchauffement en cours des relations entre Téhéran et Londres, qui s’est dit «préoccupé» par ce verdict : «Nous nous interrogeons sur le motif des poursuites, l’équité du procès et les conditions de détention de Mlle Ghavami», a indiqué le Foreign Office, dimanche, à l’AFP.

Obscènes. Pour Amnesty International, ce jugement est «épouvantable» : «Il est scandaleux que cette jeune femme soit emprisonnée pour avoir pacifiquement affirmé que les Iraniennes sont victimes de discrimination en Iran.» Le pays a instauré, dès la révolution islamique de 1979, l’interdiction des femmes dans les stades de foot. Le motif invoqué était de les protéger des comportements jugés parfois obscènes des supporteurs. Un bannissement étendu au volley-ball en 2012.

Article19.ma

 

 

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