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Par : Bahia Amrani

6o ans! Ce 18 novembre, le Maroc fête le 60ème anniversaire de son indépendance. 60 ans, c’est à la fois si long et si court. Cela paraît long, lorsqu’on entreprend d’égrener toutes les étapes politiques, économiques et sociales par lesquelles est passé le pays.

1955, c’est déjà le siècle précédent, le millénaire précédent. Tant de choses ont changé, depuis … La seule disparition de Feu Hassan II -qui date de 1999 seulement- paraît si loin. Que dire de celle de feu Mohammed V qui remonte à 1961 ?

Pourtant, six décennies, c’est tellement court dans la vie d’une nation (et même aujourd’hui dans la vie d’un homme). C’est à peine un peu plus d’un demi-siècle.

Le pas accompli par le Maroc, depuis l’Indépendance à ce jour, est à la fois. Impressionnant, au vu des réalisations et insatisfaisant, au vu des gaps (en matière notamment d’éducation, de santé, de lutte contre la pauvreté et contre les disparités sociales).

Pouvait-on faire mieux en 60 ans?

Bien évidemment ! On peut toujours faire mieux que ce que l’on a fait. Le plus important est de savoir si, 60 ans plus tard, le Maroc est bien sur la bonne voie?

Qui ne se souvient -ou n’a jamais entendu parler, pour ce qui est des jeunes générationsde cette célèbre phrase prononcée par Feu Mohammed V à l’occasion du discours de la rère Fête du Trône, le 18 novembre 1955 ?

Le défunt Roi avait dit, à propos du pays qui venait d’arracher son indépendance: «le Maroc sort du petit jihad pour s’engager dans le grand jihad». Pour le Souverain symbole de la libération, le petit jihad, c’était la lutte pour l’Indépendance. Il avait pris fin. Venait alors le grand jihad, qui devait consister à relever le défi de la démocratie et du développement

socio-économique … Le Maroc est-il résolument engagé dans ce grand jihad?

… Jihad. Le mot s’est imposé avec force, ces dernières années, partout dans le monde. Mais il s’est imposé en empruntant de mauvais chemins, ceux de la violence, du sang, de l’affrontement des religions, du terrorisme … Tant et si bien que, désormais, il renvoie systématiquement à l’Islam radical. L’Islam des hordes impitoyables qui décapitent les otages, envoient les fillettes de 8 ans se faire exploser sur la place publique pour tuer de paisibles citoyens, violent et asservissent les femmes, organisent la mort d’un être humain, brûlé vif, exterminent des villages entiers sous prétexte que ses habitants ne sont pas musulmans …

Le jihad, ce n’est pas cela. Le jihad l’arme au poing n’a jamais signifié une fourbe et lâche agression d’innocents. Ce jihad-là, nommé «petit jihad», c’est le dernier recours quand toutes les voies pacifiques ont été épuisées. Le «grand jihad», celui qui est attendu des musulmans, c’est la lutte contre soi et pour l’élévation de l’âme, la lutte pour le bien, c’est le combat constructif qui profite à tous les membres de la Communauté.

Si l’on transpose ces valeurs à notre époque, le jihad c’est, comme le prônait le défunt Roi Mohammed V, l’engagement pour le développement du pays et l’amélioration des- conditions de vie de tous les Marocains.

Le Maroc commençait à peine à accélérer la marche dans ce sens-là, quand les prêcheurs de la mort et tenants du jihad sanglant ont décidé d’imposer au monde entier -a fortiori au Maroc- un autre agenda. Les priorités ont forcément changé. Il faut à la fois s’engager dans le «grand jihad» et faire échec au jihad sanglant. C’est ce pari-là qui est le nôtre aujourd’hui. Espérons que nous saurons le relever.

Article19.ma

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