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Le dossier des deux petites Tarbaises (France) enlevées par leur père candidat au jihad semble au point mort. Leur mère lance un appel au roi du Maroc Mohammed VI.

Dans le salon de sa maisonnette de la banlieue tarbaise, Sandrine (1) a désormais une certitude. La seule. Elle subit «quelque chose qui (la) dépasse complètement, une situation diplomatico-politique inextricable dont (ses) deux filles sont les premières victimes». Raison pour laquelle elle a décidé samedi de s’adresser directement au roi du Maroc, Mohammed VI (cf. encadré) pour demander son «attention bienveillante».

RÉCAPITULATIF DE L’AFFAIRE…

Le 1er octobre dernier, Sandrine accouche à Tarbes d’un troisième enfant, un petit garçon. Mais deux jours plus tard son mari marocain, dont elle a assisté impuissante à la radicalisation salafiste, l’abandonne à l’hôpital avec le bébé.

Prétextant sa mère mourante et des papiers à faire, il descend au Maroc avec leurs deux petites filles âgées de 4 et 2 ans et demi. 16 octobre ? Sandrine éberluée apprend l’arrestation de ce dernier à l’aéroport de Casablanca alors qu’aspirant jihadiste sous le nom de guerre Abou Assia El Maghribi, il s’apprêtait à rejoindre Raqqa en Syrie, via la Turquie, avec une nouvelle épouse et leurs deux fillettes. Deux petites Françaises que les autorités marocaines confient alors au père du terroriste présumé.

Depuis ? Sandrine a porté plainte contre son mari pour «enlèvement». Mais rien ne semble bouger quant au retour de ses filles en France.

UN MARI, CANDIDAT AU JIHAD…

«Vendredi, j’ai pu parler à mes enfants au téléphone. L’aînée répète toujours la même chose. «Papa est parti, des messieurs sont venus nous chercher». Elle va avoir quatre ans mais elle refait pipi au lit», explique-t-elle, ce dimanche, très préoccupée aussi par la santé fragile de la plus jeune (lire ci-contre). Et par les zones d’ombre entourant son mari.

Celui-ci après s’être «déployé intensément pour se procurer une arme à feu en France», selon les enquêteurs, devait en effet partir s’entraîner en Syrie en vue d’un attentat contre le palais royal de Casablanca ou pour assassiner des ressortissants français.

Publié hier par le ministère de l’intérieur marocain, un communiqué indique également qu’il prêchait le jihad à Tarbes. «Mais en aucun cas à la mosquée où on le voyait beaucoup moins et où les salafistes n’ont aucun pouvoir», affirme un pratiquant tarbais régulier.

Afin d’aider Sandrine et dans l’attente d’une décision judiciaire qui pourrait intervenir cette semaine à Tarbes, un comité de soutien s’est également constitué samedi (comite.assyla@yahoo.fr) et le délégué du défenseur des Droits devrait être saisi ce lundi, ainsi que la Ligue des Droits de l’Homme.

(1) Pour des raisons de sécurité et d’anonymat le prénom a été modifié.

 

«Je vous supplie…»

Extrait de la lettre : «Je connais votre attachement à la famille et aux enfants et vous savez combien ceux-ci ont besoin de l’amour de leur mère. A… et L… sont si jeunes, l’aînée va avoir 4 ans le 1er novembre et la petite de 2 ans est si fragile : née prématurément elle souffre d’une cardiopathie qui nécessite une grande vigilance et une prise en charge globale et coordonnée dans un service de Tarbes spécialisé en soins neuro-moteurs (3 fois par semaine).

Elle bénéficie d’ailleurs d’une reconnaissance d’invalidité établie entre 50 et 80 % depuis juillet 2013. Elle a rendez-vous le 12 décembre 2014 pour un contrôle semestriel dans le service du Professeur A… à l’Hôpital Purpan à Toulouse. Je me bats depuis dix jours pour obtenir leur retour auprès de moi et je ne comprends pas pourquoi la situation est si complexe.

Aujourd’hui je vous supplie de bien vouloir faire tout ce qui est en votre pouvoir pour me permettre de retrouver mes deux filles au plus vite.»

2 Commentaires

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