L’action CGI retirée de la bourse           Comme un château de cartes …

Par Aissa AMOURAG

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Les milieux financiers et boursiers casablancais sont encore sous le choc. L’action CGI (Compagnie générale immobilière),du groupe CDG, sera définitivement retirée de la bourse de Casablanca, selon une décision prise par le Conseil d’administration de la compagnie, lors d’une réunion, mercredi 22 octobre 2014. C’est le ministre de l’Économie et des Finances en personne, Mohamed Boussaïd, qui a demandé à ce que l’action CGI soit retirée de la bourse.

Les milieux financiers, qui ont fris-sonné à l’annonce de la suspension de l’action, jeudi 15 octobre 2014, s’attendaient à tout sauf à un retrait définitif de la valeur. Les golden-boys marocains interprètent cette décision comme un coup dur pour la bourse et aussi pour les investisseurs, principalement les petits porteurs, qui ont longtemps fait confiance à une société présentée à l’époque comme une valeur sûre. Et voilà que tout s’écroule comme un château de cartes. Tétanisés, les petits porteurs, qui détiennent 15% des actions de la CGI, ne comptent pas en rester là. Ils veulent défendre leurs droits en annonçant la constitution d’une association dans laquelle ils vont prochainement se regrouper.
Un recours à la justice n’est pas exclu au cas où les dirigeants de la CGI ne proposent pas des offres intéressantes de retrait. Car, il faut bien le préciser, le retrait de l’action CGI se concrétisera, comme le veut la procédure juridico-financière, par une offre publique retrait (OPR). Celle-ci sera proposée aux investisseurs sur la base d’un prix qui sera évalué par des experts finan-ciers avant d’être validé par le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM).
Beaucoup pensent que ce prix sera largement inférieur au cours actuel du marché, à savoir 725 dirhams.
Un petit flash-back nous révèlera que l’action CGI avait été introduite en bourse, en août 2007, au prix de 952 dirhams pour ensuite culminer à 2.250 dirhams au 31 décembre 2008.
Ce que l’on peut retenir, c’est que ce cours boursier n’a jamais reflété la valeur réelle de la société. D’où l’effondrement qui s’en est suivi quelque temps plus tard. Son retrait de la bourse occasionnera certainement des pertes considérables pour les investisseurs institutionnels et les petits porteurs. Sa suspension, une semaine auparavant, avait été justifiée par les auditions, le mercredi 15 octobre 2014, par le Procureur général près la cour d’appel de Fès des directeurs généraux de la CDG et de la CG l, respectivement Anas Alami et Ali Ghannam, dans le cadre de l’affaire immobilière Madinat Badès, à Al Hoceima. Ces auditions font suite à la production par la BNPI et les commissions d’enquêtes du ministère de l’Intérieur et celles du ministère des Finances, d’un rapport de plus 400 pages sur les irrégularités ayant émaillé ce projet et bien d’autres encore, réalisés par la CGI. Une affaire qui a fait l’effet d’un séisme en bourse.

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