L’affaire de la jeune Sahraouie marocaine Mahjouba, séquestrée dans les camps de Tindouf (Algérie) depuis le mois d’août dernier, est une « triste histoire » qui renseigne sur le drame de milliers de « prisonniers de facto » dans une zone de non-droit, affirme l’expert américain Jordan Paul.

« C’est une triste histoire d’autant plus que Mahjouba fait partie de ces milliers de Sahraouis retenus contre leur gré dans les camps depuis des décennies, devenant des prisonniers de facto », a déploré l’expert américain dans une déclaration à la MAP dans la capitale fédérale Washington.

La jeune sahraouie, qui porte la nationalité espagnole depuis 2012, s’était rendue dans les camps de Tindouf, l’été dernier, pour visiter ses parents biologiques avant de se voir retirer son passeport et son argent dans le but de l’empêcher de retourner en Europe.

Paul a relevé, dans ce contexte, les centaines de témoignages de première main de Sahraouis qui sont parvenus à s’extraire des camps contrôlés par les milices séparatistes, lesquels témoignages lèvent le voile sur le véritable statut de dizaines de milliers de personnes, à savoir celui de « détenus de facto ».

Il a dénoncé le déni imposé par le Polisario du droit à la liberté de mouvement des pensionnaires des camps et à d’autres droits élémentaires, formant le vœu de voir le calvaire de Mahjouba résolu sans délai.

L’expert américain a, en outre, exhorté les organisations internationales de défense des droits de l’Homme à accentuer la pression sur le polisario et le pays hôte des camps, en l’occurrence l’Algérie, en vue d’obtenir « la libération de Mahjouba et de dizaines de milliers de personnes détenus dans les camps qui subissent le même sort, celui de l’oppression la plus abjecte ».

+QUI GOUVERNE LES CAMPS?+

 

Rappelons dans ce contexte, que l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a appelé, samedi à Alger, à permettre à la jeune Mahjouba d’exercer sa liberté de mouvement, sans restriction aucune, qualifiant la séquestration de « crime grave ».

Le front Polisario qui « gouverne les camps » doit « s’assurer que la jeune femme soit en mesure d’exercer son droit à la liberté d’aller et venir en quittant le camp, si elle le souhaite, et de retourner en Europe », a insisté l’organisation.

Le HRW a, par ailleurs, placé l’Algérie devant sa responsabilité en affirmant que « bien que le Polisario gouverne les camps de réfugiés, c’est à Alger qu’il incombe en fin de compte d’assurer la protection des droits de toutes les personnes vivant sur son territoire ».

En réaction à ce « crime », la province espagnole de Valence a décidé samedi de suspendre son aide aux séparatistes. D’après le journal espagnol à grand tirage « El-Mundo », l’aide qu’accorde Valence aux séparatistes avoisine les 107 000 euros.

Dans le cadre de la mobilisation pour obtenir la libération de la jeune femme, les amis et la famille de Mahjouba ont lancé une pétition sur Internet intitulée « Free Mahyuba » qui a recueilli, en peu de temps, pas moins de 4000 signatures, laquelle sera présentée au ministère espagnol des Affaires étrangères en vue de la faire sortir de ce calvaire.

La jeune femme sahraouie travaille pour le compte de la Marie Curie Fondation Care à Londres, ville qu’elle avait choisie pour poursuivre ses études supérieures.

MAP/Article19

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