Ils sont plus de quatre millions d’auto-entrepreneurs, qu’on peut considérer comme des PME-PMI au Maroc. Ils génèrent un chiffre d’affaires annuel estimé à près de 350 milliards de DH. Les banques proposeront des crédits professionnels à taux réduits et une gamme de services sur mesure pour les besoins spécifiques de cette clientèle.

Selon la VieEco, ces auto-entrepreneurs commencent à recevoir des égards. Bien que le dispositif légal encadrant leur activité ne soit pas encore finalisé, banques et sociétés de financement manifestent déjà leur intérêt pour cette cible. Le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) et l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) viennent de s’engager auprès du gouvernement à mettre en place une offre de financement dédiée à ces opérateurs.

 La convention de partenariat entre le ministère délégué chargé des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel et les acteurs financiers a été conclue en juillet. Concrètement, les établissements de crédit vont mettre en place des formules de crédit sur mesure, passant d’une logique de prêt personnel à des solutions de crédit professionnel. Les auto-entrepreneurs vont aussi pouvoir se financer à des taux préférentiels. Selon des sources au GPBM, le taux d’intérêt sera, dans tous les cas, plus bas que celui proposé par la micro-finance. Il reste bien entendu que le financement devra servir exclusivement à l’activité de l’auto-entrepreneur.

Ceci représentera une avancée de taille dans l’accompagnement d’une frange d’opérateurs difficilement servie par les banques par le passé.

160 000 nouveaux auto-entrepreneurs chaque année

De l’avis de Mamoun Bouhdoud, ministre délégué chargé des petites entreprises et de l’intégration de l’informel, l’engagement des partenaires financiers est la pierre angulaire de la mise en œuvre du nouveau statut de l’auto-entrepreneur. Pour lui, le financement reste le maillon le plus important de ce statut.

Il faut dire que l’enthousiasme des banques n’est pas du tout fortuit. Les études et enquêtes réalisées par différents acteurs économiques, et cités par des banquiers, estiment la population cible du régime de l’auto-entrepreneur à près de 3,8 millions de personnes qui pourrait croître de plus de 160000 personnes par an.

 «Ces chiffres tiennent compte des différents profils tel que les demandeurs d’emploi, les étudiants et apprentis, mais également près de 2 millions d’actifs occupés dans le secteur informel qui généreraient environ 350 miliards de DH de chiffre d’affaires», souligne Hassan Bertal, DGA d’Attijariwafa bank en charge de la PME. C’est dire que cette nouvelle catégorie de clientèle représente un gisement important et une réelle opportunité pour le secteur bancaire.

+Problèmes d’accès à l’information+

De par son statut, cette population a des besoins financiers spécifiques qui ont été bien qualifiés et quantifiés au préalable par les banques et sociétés de financement, selon des sources du secteur. Ces dernières ont analysé également la perception de la bancarisation chez cette population, à travers plusieurs études, enquêtes, et focus groupes. En gros, pour servir cette clientèle, les offres seront articulées autour des services financiers portant sur la gestion de compte, le financement, l’épargne et la protection des biens et des personnes.

Mais pas que cela, des établissements bancaires devraient également compléter l’offre de produits et services financiers par une dimension novatrice s’articulant autour de services non financiers et un dispositif de soutien à développer avec des partenaires stratégiques, de manière à promouvoir le matchmaking et la connectivité entre les entrepreneurs et différents acteurs.

Sur ce dernier registre, les banquiers relèvent l’existence de problèmes d’accès à l’information rencontrés par les entrepreneurs, surtout en début de parcours entrepreneurial. «Ils ont aussi besoin de développer des compétences managériales et un networking facilitant des mises en relation clés pour accéder aux premiers marchés et décrocher les premières références auprès de grands donneurs d’ordre ou de PME, ce qui impacterait fortement le processus d’amorçage et de développement de l’activité», note M. Bertal.

Notons que deux arrêtés complétant le cadre réglementaire de cette nouvelle catégorie d’entreprises ont été publiés au Bulletin officiel le 2 juillet dernier  .

Article19.ma/VieEco

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