Dans le sillage du Printemps arabe qui a secoué nombreux pays arabes, les figures du mouvement du 20 février au Maroc ont empruntés différents parcours depuis 2011. Entre émigration et ambitions personnelles, le rêve d’une génération visant un profond changement socio-politique, un mouvement avec tant d’enthousiasme et de spontanéité n’est plus qu’une nostalgie.

Certains des activistes du mouvement « pro-democracy now » qui se retrouvaient dans les bars et les cafés des capitales administratives et économiques, ont choisi de poursuivre leurs études à l’étranger et s’y sont installés, d’autres ont adhéré à des partis politiques ou sont devenus journalistes, note le site arabophone Hespress.com dans une rétrospective.

Changements humains et politiques

Khalid El Bekkari, l’une des figures du Mouvement à Casablanca, a indiqué à Hespress que le mérite du 20 février est de lui avoir redonné sur un plan personnel l’esprit de l’ambition après une longue période de désespoir au cours de laquelle il s’était mis à l’écart de toute activité politique ou civile.

« Le rêve des revendications (du mouvement du 20 février) est toujours présent, notamment en ce qui concerne les libertés économique, politique et des médias », a souligné El Bekkari, relevant que les conditions d’une reprise du Hirak restent réunies.

Il a ajouté que de nombreux changements sont intervenus, en ce sens qu’on est passé des revendications politiques aux revendications sociales et environnementales, comme ce fut le cas des mouvements de protestations dans le Rif et à Jerada, estimant qu’après la crispation il y aura nécessairement une ouverture à l’avenir.

Le professeur de sciences de l’éducation a relevé que l’histoire le montre avec les protestations de 1965, 1981, 1984 et 1990, soulignant l’importance de présenter une nouvelle offre politique et des droits de l’homme, et de s’engager dans une politique interactive inclusive en abandonnant l’approche sécuritaire.

Des acquis pour les Amazighs

Abdellah Bouchtart, enseignant-chercheur en histoire, a estimé que les acquis réalisés par le Mouvement du 20 février pour la cause amazighe a été décisive dans l’histoire des luttes et des sacrifices des amazighs, à savoir l’officialisation de la langue amazighe qui était l’une de leurs revendications les plus importantes.

Bouchtart a ajouté que cette revendication n’aurait pas été satisfaite sans les luttes du mouvement du 20 février, sachant que la structure de l’Etat marocain et les partis politiques sont dominés par l’idéologie arabo-islamique comme le montre les difficultés rencontrés au sein du parlement lors de l’examen et de l’adoption des lois organiques en question.

Le chercheur a également estimé que les acquis réalisés par le Mouvement du 20 février « ont commencé à être remis en cause depuis le premier gouvernement conduits par les islamistes, en ce sens que le système autoritaire a commencé à reprendre le dessus et à reprendre de larges espaces, réduisant ainsi le champ des libertés et des droits de l’homme. »

Selon lui, parmi les libertés ayant connu « un recul figurent la liberté d’expression » et celle « de créer de nouveaux partis » avec des références politiques et culturelles autres que celles qui sont dominantes.

« La constitution a officialisé l’Amazighe mais elle a restreint la liberté de créer des partis avec une référence culturelle amazighe, ce qui signifie que sa mise en œuvre a obéi à la même logique et aux grandes orientations politiques de la constitution de 1996 », a-t-il affirmé à cet égard, ajoute Hespress.

Article19.ma

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