Par Dr Mohamed Chtatou

L’importance géopolitique de Gibraltar

Les conditions et les réponses locales à l’expansion européenne ont joué un rôle important dans l’émergence interactive de la domination européenne. Toutefois, le manque comparatif de sources a eu tendance à occulter ce qu’elles étaient. Au début du XVIIIe siècle, le Maroc répondait à la croissance de la puissance anglaise en Méditerranée ; Ali b. Abd Allah al-Ḥamami, l’un des plus puissants ministres du sultan Moulay Ismail, a tenté de coopérer avec les Anglais afin de gérer leur influence et de consolider sa propre position politique. Cela leur a offert un moyen potentiel de surmonter les obstacles qui, par rapport aux régences nord-africaines, rendaient le Maroc résistant à l’influence politique et économique européenne. Ces efforts ont toutefois été contrecarrés par une combinaison de facteurs. La crédibilité politique d’al-Ḥamami étant menacée, le développement de la coopération entre les Anglais et une partie de l’élite marocaine a été sapée, laissant inchangée la dynamique fondamentale des relations anglo-marocaines.

Sous le règne de la reine Anne (1702-1714), la Grande-Bretagne a ajouté le rocher de Gibraltar à ses possessions en août 1704. Ce fut le signe d’une nouvelle orientation de la politique britannique fondée sur des relations étroites avec le Maroc – une politique qui devait durer deux cents ans jusqu’en 1904. Dans les années suivantes, le Maroc deviendra important en tant qu’avant-poste sur la route du roi vers l’Inde. R. Thomassy, un écrivain français, a souligné dans ce sens que :

« L’entretien de la flotte et de la garnison nécessitait le maintien de relations amicales avec Tanger et Tétouan, les seuls endroits où les hôpitaux anglais pouvaient obtenir de la nourriture pour les malades, qui sans cette aide seraient morts de faim. Ainsi, une alliance avec les côtes du Maroc devenait indispensable pour nourrir Gibraltar…. D’autre part, les Maures avaient besoin de l’Angleterre qui, en échange de provisions, leur fournissait des munitions de guerre… ».

John Windus était un ambassadeur britannique au Maroc qui a écrit un récit populaire et influent de ses voyages dans ce pays en 1725. En 1720, il a accompagné une expédition diplomatique au Maroc avec le commodore Charles Stewart, qui a reçu un petit escadron naval et l’autorité d’un ministre plénipotentiaire. Ils quittent l’Angleterre le 24 septembre 1720 et se rendent à Tétouan, où ils rencontrent le Basha Hamed Ben Ali Ben Abdallah. Les deux parties se sont entendues sur un traité de paix qui a été signé à Méknès en janvier 1721, en vertu duquel les Marocains s’engageaient à interdire la piraterie et à libérer les captifs anglais. Ils se sont ensuite rendus à Meknès où ils ont rencontré le roi du Maroc, le sultan Moulay Ismail, et ont reconfirmé l’alliance anglo-marocaine.

Windus a passé quatre mois à voyager au Maroc et s’est inspiré de ses expériences pour écrire “A Journey to Mequinez, the Residence of the Present Emperor of Fez and Morocco“, à l’occasion de la publication en 1725 de l’ouvrage du Commodore Stewart intitulé : “Thither Ambassy for the Redemption of the British Captives in the Year 1721“. Ce livre n’était que le deuxième publié en anglais sur le sujet du Maroc et était de loin le compte rendu le plus complet de la vie, de la société, de la politique et de l’environnement d’un pays que peu de chrétiens avaient visité à cette époque. Il a fait l’objet de plusieurs éditions et a influencé les écrivains suivants, tout en fournissant un témoignage historique inestimable sur le Maroc à cette époque. Il a été traduit en allemand en 1726 et en arabe en 1993.

Les Juifs marocains de Gibraltar

Il convient de souligner que les sultans marocains ont également déployé leurs efforts diplomatiques pour promouvoir et protéger la présence à l’étranger de membres de leur communauté juive, qui ont souvent servi de diplomates, commerçants, de traducteurs ou d’intermédiaires pour le compte du Makhzen. Dans le cas du Royaume-Uni, il y a eu l’exemple de la question problématique des Juifs marocains résidant et commerçant à Gibraltar, un territoire stratégique contrôlant le principal accès à la mer Méditerranée, tombant sous domination anglaise en 1703.

Le traité d’Utrecht de 1713 a scellé le transfert de la souveraineté de l’Espagne sur Gibraltar à l’Angleterre. Il comprenait un article qui a été initialement introduit sur l’insistance de l’Espagne, interdisant aux Juifs de résider et/ou de commercer à Gibraltar même sous la domination britannique.

Le traité stipulait que :

« sa Majesté britannique, à la demande du roi catholique, ne consent pas et accepte qu’aucune permission ne sera donné sous quelque prétexte que ce soit, soit à des Juifs, soit à des Maures pour qu’ils résident ou aient leurs habitations dans ladite ville de Gibraltar ».

(“Her Britannic Majesty, at the request of the Catholic King, does not consent and agree that no leave shall be given under any pretext whatsoever, either to Jews or Moors to reside or have their dwellings in the said town of Gibraltar.”)

Cette discrimination injuste a été combattue par le sultan Moulay Ismail qui, en 1725, a nommé l’ambassadeur Mohammed Benali Abghali à la cour du roi George Ier, en lui confiant la mission spécifique d’exiger un traitement équitable pour les Juifs marocains qui vivaient et faisaient du commerce à Gibraltar. La défense des Juifs marocains par l’ambassadeur a été facilitée par l’existence du traité anglo-marocain de paix et de commerce, signé à Fès le 23 janvier 1721.

Monnaie de Gibraltar

Les spécifications du traité d’Utrecht concernant la population mauresque résidente n’ont cependant suscité que peu de protestations de la part des Britanniques. Ce n’est qu’avec la signature du traité maroco-britannique de 1721 que les Juifs et les Maures seront autorisés à retourner à Gibraltar sans la menace d’une déportation forcée. Même si le séjour est légalement autorisé, les Britanniques semblait détester la population mauresque de la colonie. Les Maures étaient décrits comme étant moins qu’humains, souvent qualifiés de sauvages et de barbares.

Le background politique du traité de 1721

L’histoire de Gibraltar, et donc celle de sa communauté juive, est étroitement liée aux fluctuations des relations internationales entre l’Angleterre, l’Espagne et le Maroc. L’occupation anglaise du Rocher date du 24 juillet 1704, date à laquelle la garnison est passée des mains des Espagnols à celles des Anglais pendant les guerres de succession d’Espagne. L’Espagne a riposté en coupant l’approvisionnement de la forteresse, un stratagème particulièrement efficace car le rocher n’a pas de ressources naturelles ni de potentiel pour l’agriculture.

Les Anglais ont rapidement désigné Gibraltar comme un port franc afin d’assurer un approvisionnement continu en nourriture fraîche, en eau et en matériaux de construction. Pour repeupler la ville, des colons ont été amenés de toutes les régions de la Méditerranée. Les commerçants juifs des villes côtières du Maroc ont été encouragés par les Anglais à s’établir à Gibraltar. À cette époque, le commerce était principalement local et centré sur les besoins des militaires anglais et de la petite population civile. Il consistait à importer des provisions du Maroc et à exporter des produits manufacturés britanniques. La majorité des commerçants juifs provenaient de la communauté commerciale des villes de la côte marocaine, d’autres sont venues de Leghorn (Italie), du Portugal et d’Espagne. La migration locale a été un élément important dans les débuts de la communauté juive. En réponse aux nouvelles opportunités offertes par les marchands juifs, un cadre de porteurs, de colporteurs, de colporteurs et d’ouvriers marocains s’est rapidement établi dans la forteresse.

Sultan Moulay Ismail (1645 – 22 mars 1727)

Cet afflux de Juifs marocains s’est produit en dépit des efforts espagnols pour forcer l’exclusion des Juifs et des Maures de Gibraltar par le biais de l’article X du traité d’Utrecht. Les Anglais, préoccupés par les desseins espagnols sur Gibraltar et la nécessité de s’appuyer sur les approvisionnements marocains en cas de siège, ne voulaient pas offenser l’empereur du Maroc. En conséquence, l’article d’exclusion a été soigneusement ignoré. En 1712, 28 magasins juifs payaient un loyer et une taxe de Noël au gouverneur et Gibraltar s’était intégré dans une diaspora commerciale séfarade très étendue dans la Méditerranée occidentale.

Les hostilités anglo-espagnoles éclatent à nouveau lors du treizième siège de Gibraltar en 1727. Bien que le siège lui-même n’ait duré que quatre mois, les négociations de paix se sont poursuivies pendant près d’un an. L’un des résultats de ce traité fut l’instruction du secrétaire d’État anglais, Clayton, de faire respecter le traité d’Utrecht par le gouverneur de Gibraltar et d’expulser les Juifs et les Maures de la forteresse. Comme l’Espagne avait mis en place un blocus terrestre le long de l’isthme reliant Gibraltar au continent en 1728 (qui est resté en place pendant les 25 années suivantes), les biens et les services fournis par les Juifs ont été cruciaux pour la survie de la garnison.

Ainsi, dans une tentative d’équilibrer les demandes espagnoles et les besoins de la forteresse, Gibraltar a promulgué un traité avec le Maroc en 1729, permettant aux Maures et aux Juifs marocains de résider temporairement à Gibraltar pendant 30 jours à des fins commerciales. La période de résidence de 30 jours était plus théorique que réelle et l’interdiction du droit de s’installer n’était pas appliquée. Les Juifs avaient déjà commencé à construire des maisons sur le rocher en 1728. En 1749, d’ailleurs, le plus grand Le propriétaire à Gibraltar était un Juif, Isaac Aboab.

La vie de la communauté naissante fut cependant courte. Grâce aux efforts du nouveau lieutenant-gouverneur de Gibraltar, le colonel Stanhope Cotton, les relations avec l’Espagne se sont normalisées. Suite aux demandes persistantes des Espagnols, Cotton fit appliquer l’article X du Traité d’Utrecht (1713) et en janvier 1718, les Juifs et les Maures furent expulsés du Rocher. En signe de protestation, le Maroc a rompu ses relations avec l’Angleterre et Gibraltar. Les relations amicales entre l’Espagne et l’Angleterre ne durèrent cependant que quelques mois et, à l’été 1718, les deux pays étaient de nouveau en guerre. Gibraltar se retrouva isolé des approvisionnements espagnols, dépendant des marchandises marocaines, et ayant besoin des services de marchands juifs. La position périlleuse de la garnison a conduit à la reprise des négociations entre l’Angleterre et le Maroc en 1720 et, avec l’établissement de la paix en 1721, les Juifs et les Maures ont été réadmis au Rocher.

Le contenu du Traité

En septembre 1720, le capitaine Charles Stewart est envoyé avec une petite escadrille contre les corsaires de Barbarie et se rend dans une ambassade à Meknès pour établir un nouveau traité. Lorsqu’il arriva à Gibraltar, il découvrit que l’agent Ben Attar et d’autres marchands juifs étaient de retour sur le Rock. Il a également a trouvé une armée espagnole sous le marquis de Leda, campée autour de la baie. Il était en route pour lever le siège de Ceuta. Pensant que c’était une bonne occasion il a écrit au Basha de Tétouan pour nommer un ambassadeur ; et Cardenash, qui avait été dans une ambassade à Londres, a été envoyé à Gibraltar. Mais quand Stewart a appris que Ben Atttar était à Tétouan et qu’il allait agir en tant que négociateur, il a navigué avec son escadron jusqu’à la baie de Tétouan. Le nouveau traité a été convenu par le Basha et des copies signées ont été échangées le 17 janvier 1721. Il ne restait plus à Stewart qu’à se rendre à Meknès pour la faire ratifier par l’Empereur.

Dans son livre « A history of the Jews in North Africa: From the Ottoman conquests to the present time » (Brill, 1981), Haim Zeev Hirschberg écrit que Moïse ben Shem Tob Ben Attar est né à Salé dans une famille « réputée pour son savoir rabbinique et son sens des affaires ».

Cavendish, le précédent ambassadeur britannique, avait offert aux Marocains 12 000 barils de poudre à canon, 12 000 pièces d’artillerie et 100 pièces de tissu pour la libération de 175 captifs britanniques, et 8 500 dollars supplémentaires à Ben Attar pour avoir nourri et soigné les capitaines de navire, tout cela s’est élevé à quelque 40 000 £ en tout, mais le nombre de captifs est passé depuis à 290 et Stewart a dû augmenter la rançon d’un quart. N’ayant pas en sa possession les 50 000 £ nécessaires, Stewart a dû se rendre à Lisbonne pour obtenir l’argent avant la réalisation de la transaction. Il a laissé Ben Attar et Cardenash à Gibraltar jusqu’à son retour.

Le traité original signé est en espagnol et est classé parmi les papiers de Gibraltar aux Archives nationales et non comme Documents de l’État marocain. Le traité comporte quatorze articles qui établissent la paix entre les deux pays. L’article 7 donne aux commerçants britanniques le droit de s’installer et de faire du commerce dans tout le Maroc et se termine par les mots :

« et que les sujets de l’Empereur de Fès et du Maroc, qu’ils soient Maures ou Juifs, résidant dans les dominions du roi de Grande-Bretagne, jouiront pleinement des mêmes privilèges que ceux qui sont accordés aux Anglais résidant en Barbarie ».

L’article 9 prévoyait des droits de capitulation pour tous les litiges entre les sujets au Maroc devant être jugés par le consul britannique, et de même les sujets marocains en possession britannique verraient leurs litiges domestiques jugés par l’un d’entre eux. « Un Maure pour les Maures et un Juif pour les Juifs ». La position de Gibraltar est clarifiée dans l’article 13 :

« Et comme il a plu à Dieu tout-puissant que, par les armes de Sa Majesté, l’île de Minorque et la ville de Gibraltar soient désormais les possessions de Sa Majesté et fassent partie des dominions de Sa Majesté britannique, il est donc convenu que toute personne naviguant sur des bateaux ou des navires, qu’elle soit espagnole, anglaise ou autre, pêchant dans des bateaux ou des navires, y vivant ou y résidant, sera considérée comme son sujet naturel, sur présentation des laissez-passer appropriés des gouverneurs ou du commandant en chef de ces lieux ».

Ce traité était en contradiction avec l’engagement pris par la Grande-Bretagne dans le cadre du traité d’Utrecht, mais le principal objectif de Stewart était d’assurer l’approvisionnement en provenance du Maroc. Au moment où le gouvernement britannique a pris conscience de la contradiction le traité avec le Maroc avait été signé.

Reine Anne (6 février 1665 – 1 août 1714)

Le gouvernement britannique devait concilier ses engagements contradictoires, lorsque John Russel a été envoyé au Maroc en 1728 pour négocier un nouveau traité, il a reçu l’ordre de modifier les dispositions précédentes concernant les Juifs et les Musulmans et le premier article du traité signé en 1729 se lit comme suit:

« Que tous les Maures et les Juifs soumis à l’Empereur du Maroc, seront autorisés à circuler librement pour acheter ou vendre pendant trente jours, dans la ville de Gibraltar ou l’île de Minorque, mais ne pourront résider dans aucun de ces lieux, à partir avec leurs effets sans laisser ni entraver aucune partie des dominions dudit Empereur ».

Cette clause a été reprise dans tous les traités ultérieurs avec le Maroc jusqu’à 1763, après quoi elle n’a plus eu d’effet puisque la majorité des Juifs de Gibraltar étaient nés sur le Rocher et que, selon le droit commun anglais, ils avaient le droit de séjour complet (droit du sol).

Les implications du Traité en question

En 1721, un traité (le premier vrai traité, d’après des chercheurs et des officiels anglais) a été officiellement rédigé entre le Maroc et le gouvernement britannique, permettant aux Juifs et aux Maures de vivre et de faire des affaires à Gibraltar. Au cours des négociations du traité, le gouvernement marocain, et le représentant du sultan Moulay Ismail, Moses Ben Attar, se sont donnés beaucoup de mal pour protéger les droits des Maures et des Juifs résidant à Gibraltar. Plus révélateur encore des événements entourant la signature du traité est le rôle intermédiaire important de Ben Attar, un diplomate juif qui facilitait les discussions entre la population chrétienne et musulmane, lui a valu le respect des deux pays.

Cette confiance l’a conduit à jouer un rôle permanent dans les affaires diplomatiques impliquant de futurs différends entre la Grande-Bretagne et le Maroc. Le sultan et son médiateur avaient tout à gagner financièrement en menant des affaires et en ouvrant le commerce avec Gibraltar. Les deux hommes ont soigneusement rédigé le nouveau traité exigeant l’égalité des droits des Maures et des Juifs. Les hommes ont rédigé un traité qui spécifie clairement la protection légale des deux groupes ethniques. C’est notamment le cas de l’article 9 du traité, qui stipule que seul un Maure peut juger un Maure dans une cour de justice et qu’il en va de même pour les Juifs. Le traité aborde également le droit à la citoyenneté :

« Que ce soit les Espagnols, les Anglais ou autres qui y vivent ou y résident, ils seront considérés comme ses sujets naturels. »

Les Marocains cherchaient à s’assurer que leurs moyens de subsistance et ceux des Juifs ne seraient pas marginalisés par la politique britannique.

La signature du traité de 1721 reconnaît officiellement le droit de la population juive à résider légalement à Gibraltar, abolissant de fait les stipulations du traité d’Utrecht. La rédaction du traité en 1721 reflétait la dépendance de Gibraltar vis-à-vis de l’Afrique du Nord pour les biens matériels. En plus des échanges quotidiens tels que les vêtements et la nourriture, le gouvernement britannique avait également besoin de bois, de briques et d’autres provisions pour fortifier la garnison contre toute attaque espagnole future. Reconnaissant ce besoin le gouvernement anglais a accepté les termes du traité en se rangeant du côté du gouvernement marocain. En acceptant le traité marocain, le gouvernement anglais a accepté, aussi, qu’il était légal pour les immigrants juifs et marocains de résider à Gibraltar, garantissant ainsi leur présence continue dans la colonie britannique.

À partir de ce moment, la présence juive à Gibraltar est devenue florissante. Les Juifs ont obtenu des droits fonciers pour construire des maisons et des synagogues. Les terres accordées aux Juifs étaient principalement des terrains vagues dont les Anglais ne voulaient pas. C’est sur ces terrains vagues que les premières synagogues ont été érigées.

Alors que les opportunités se multipliaient et que la population juive augmentait en raison de l’évolution des perceptions parmi les Gibraltariens britanniques, la perception des Juifs en Grande-Bretagne restait inchangée. Les visiteurs anglais, consternés par le nombre élevé de Juifs, ont activement tenté de persuader le gouvernement britannique de maintenir le traité d’Utrecht. Leur intolérance contraste avec la compréhension et l’acceptation des colons britanniques à l’égard de la population juive de Gibraltar et constitue un exemple de leur intolérance.

Les Gibraltariens britanniques, par contre, comprenaient que le grand pourcentage d’étrangers était le résultat de l’absence d’une immigration substantielle d’hommes britanniques en provenance de Grande-Bretagne. Le manque d’immigration en provenance de Grande-Bretagne, associé à l’incapacité de la Grande-Bretagne à fournir à la colonie l’approvisionnement et le commerce essentiels ont assuré l’existence continue d’une population étrangère dans la colonie. Cela a conduit à leur dépendance sur les étrangers tels que les Juifs et les Maures, dont la présence s’est avérée vitale pour maintenir la stabilité socio-économique de Gibraltar.

Conclusion

Le Maroc et la Grande-Bretagne entretiennent des liens politiques et commerciaux de longue date. Les relations diplomatiques remontent au moins à 1213 après J.-C., lorsque le roi Jean d’Angleterre a dépêché des émissaires pour obtenir le soutien de Mohammed an-Nasir, le quatrième souverain almohade du Maroc.

En 1661, le roi du Portugal a donné Tanger au roi Charles II d’Angleterre comme partie d’une dot de mariage. Une garnison anglaise y est maintenue pendant vingt ans, mais les forces marocaines de Moulay Ismail ont rendu la vie si difficile à la garnison que les Anglais décidèrent d’abandonner Tanger en 1684. Les relations furent rétablies sur des bases plus saines au XVIIIe siècle.

Moulay Ismail voulait l’aide des Anglais contre les Espagnols, et les Anglais avaient besoin de l’aide du Maroc pour approvisionner la garnison de leur nouvelle colonie de Gibraltar. Un traité de paix et de commerce fut signé à Fès en 1721 et des échanges de lettres eurent lieu entre les sultans marocains et les rois George II et III de Grande-Bretagne.

Bien qu’il y ait eu des tensions dans les relations – notamment le contrôle britannique de Tanger entre 1661 et 1684 et des attaques de corsaires marocains sur les navires britanniques – au XVIIIe siècle les liens politiques et économiques sont devenus interdépendants et les deux pays ont signé deux traités de « paix et de commerce » en 1721 et de nouveau en 1760. Au siècle suivant.

Ainsi, la Grande-Bretagne était devenue le plus important partenaire commercial et politique du Maroc partenaire. Le fait que le Maroc ait pu éviter d’être colonisé tout au long du XIXe siècle, alors que la majeure partie du continent africain tombait sous contrôle européen, c’était, indéniablement, grâce à l’engagement de la Grande-Bretagne au maintien de l’indépendance du Royaume, qu’il considérait comme le meilleur des moyens de protéger les intérêts britanniques dans le Gibraltar voisin.

Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed CHTATOU sur Twitter : @Ayurinu

Article19.ma

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