Vision et action. Le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb a dévoilé, lors d’un entretien diffusé mardi par le site russe Sputnik, que « l’ambtion » du Maroc serait de devenir un grand producteur de vaccins anti-Covid-19 afin d’assurer l’autosuffisance et de répondre aux besoins urgents du continent africain.

Il a, par ailleurs, expliqué la stratégie du Royaume visant à diversifier les partenaires en matière de vaccins anti-coronavirus, notamment chinois, britannico-suédois et russe. In fine, il n’a pas caché ses inquiétudes quant au nombre croissant des victimes de Covid-19, chose qui exigerait un jour le retour au confinement, « le pire des scénarios », dit-il. Pour le moment le focus est fait sur la campagne de vaccination à l’horizon.

— Extraits des déclarations du ministre Aït Taleb:

«Le Maroc ambitionne de devenir un producteur de vaccins en tous genres avec une plateforme de production vaccinale de haute technologie dans la ville technologique Mohammed VI de Tanger. Cette usine va permettre de développer des vaccins «made in Morocco» et d’assurer l’autosuffisance du pays tout en approvisionnant le continent africain et nos voisins maghrébins. En parallèle, nous sommes en train de travailler dur pour élargir la production à l’Institut Pasteur de Casablanca, qui peut être aussi une plateforme dans le cadre de partenariats public-privé.

— Les premiers arrivages en décembre

«Au Maroc, nous sommes dans une gestion proactive et anticipative et donc nous avons diversifié les sources d’approvisionnement. On le sait, le vaccin aujourd’hui est une denrée rare et la capacité de production est limitée pour satisfaire les besoins du monde entier. Il ne faut pas non plus se cantonner seulement à un type de vaccin, parce que chaque sérum offre un type d’immunité particulière. Le mélange des immunités permet d’atteindre une immunité de groupe assez rapidement. Pendant les négociations, nous avons ciblé plusieurs firmes et avons, à la fin, opté pour le laboratoire chinois Sinopharm et le groupe britannico-suédois Astrazeneca. Les essais cliniques de leurs vaccins sont très probants. Si tout va bien, on aura les premiers arrivages d’ici à décembre. Pour les autres laboratoires, les négociations sont toujours en cours.

Pour le vaccin russe Spoutnik-V, j’ai personnellement reçu récemment un représentant marocain. Maintenant, je compte discuter avec le ministre de la Santé russe la semaine prochaine pour essayer de débattre sur la question du vaccin à vecteur viral non réplicatif (Adenovirus) Spoutnik V du centre de recherches russe Gamaleya.»

— Une gestion proactive et anticipative

«Au Maroc, nous sommes dans une gestion proactive et anticipative et donc nous avons diversifié les sources d’approvisionnement. On le sait, le vaccin aujourd’hui est une denrée rare et la capacité de production est limitée pour satisfaire les besoins du monde entier. Il ne faut pas non plus se cantonner seulement à un type de vaccin, parce que chaque sérum offre un type d’immunité particulière. Le mélange des immunités permet d’atteindre une immunité de groupe assez rapidement. Pendant les négociations, nous avons ciblé plusieurs firmes et avons, à la fin, opté pour le laboratoire chinois Sinopharm et le groupe britannico-suédois Astrazeneca. Les essais cliniques de leurs vaccins sont très probants. Si tout va bien, on aura les premiers arrivages d’ici à décembre. Pour les autres laboratoires, les négociations sont toujours en cours.

Aujourd’hui, nous maîtrisons la situation mais ce qui nous préoccupe le plus, c’est le nombre de cas graves qui augmente en si peu de temps à travers le pays et qui gêne par rapport à la capacité de notre système de santé. D’autant que le contexte épidémiologique connaît beaucoup de disparités. La ville de Casablanca est celle qui inquiète le plus. Le taux d’occupation en réanimation y atteint 68% (le seuil d’alerte est de 65%, ndlr) –au niveau national, ce taux est de l’ordre de 40%. Nous avons augmenté de 300 lits les capacités d’accueil en réanimation au niveau de l’espace de la Foire internationale de Casablanca. Il faut aussi savoir que dans le bilan quotidien, la situation dans la capitale économique conditionne les chiffres du pays. 40% des cas positifs y sont enregistrés. Par ailleurs, la ville représente 60% des cas graves et 30% des décès y sont signalés.

— Le reconfinement strict au niveau national sera inévitable?

La seule chose aujourd’hui qui peut nous aider est que la population bouge peu et respecte davantage les mesures barrières. Sans cela, le virus continuera à se propager. Dans ce sens justement, nous avons introduit des dispositions restrictives comme le couvre-feu ou le confinement des régions les plus touchées.»
Inévitable est le bon terme dans ce contexte. Nous cherchons à éviter le reconfinement national à tout prix. C’est justement pour cela que nous demandons aux citoyens de respecter les dispositions restrictives et les mesures barrières. Maintenant, tous les pays du monde ont essayé de faire de leur mieux pour soulager les structures sanitaires parce que l’on ne veut pas tomber dans cette situation difficile où l’on sélectionne les patients qui ont le plus de chance de s’en sortir. Ce serait le pire des scénarios. Mais si le contexte se dégradait encore plus, que pourrions-nous faire? Le reconfinement total serait alors inévitable.» (Source: Sputnik)

Article19.ma

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