Laxisme ou plutôt sagesse? L’État marocain n’a pris pour le moment aucune décision à l’encontre de la séparatiste controversée Aminatou Haidar, qui a lancé, il y a quelques semaines, une « instance sécessionniste » à Laâyoune, au moment où des voix se sont élevées au sein de la société civile marocaine appelant à la traduire en justice.

Selon le site arabophone Hespress.com, l’État marocain a préféré patienter et suivre les procédures légales après qu’Aminatou Haidar et 30 autres séparatistes aient réuni récemment un soi-disant « congrès constitutif » d’une association baptisée « instance sahraouie… ».

La nouvelle entité artificielle intervient après la dissolution du « Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme » plus connu sous le sigle de CODESA.

+ Le Maroc a défendu son intervention à Guergarate en s’appuyant sur le droit international… +

Le parquet de la ville de Laâyoune a, quant à lui, ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire à la suite de la création de ladite instance, estimant que la nouvelle entité porte atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume et constitue une incitation explicite à commettre des actes contraires à la loi.

Le militant des droits de l’homme Khaled Bakari a indiqué à Hespress que le traitement qui a été réservé par les autorités concernées à l’affaire Aminatou Haidar et aux partisans du Polisario dans la région est « judicieux », en ce sens que « son arrestation aurait fait la Une de la presse internationale qui reprochera au Maroc de ne pas respecter la liberté d’opinion au Sahara ».

« Le Maroc a défendu son intervention à Guergarate en s’appuyant sur le droit international et les textes relatifs aux droits à la liberté de circulation, à la sécurité et à la paix », a-t-il ajouté soulignant que le Maroc a évité de « tomber dans le piège de la violation de la liberté d’expression et de devenir l’accusé au lieu d’être le défenseur de la légitimité ».

« Bien que le discours de Haider soit provocateur, elle a évité dans une vidéo tout appel à la violence ou à la lutte armée en se contentant de condamner ce qu’elle a qualifié par une interdiction de voyager… elle reste ainsi protégée par les conventions internationales relatives aux droits de l’homme que le Maroc a ratifiées », a relevé Bakari.

+ L’arrestation d’Aminatou Haidar entraverait les acquis diplomatiques réalisés par le Maroc +

Selon lui, « contrairement à ses précédents appels à la reprise de la lutte armée qu’elle ne peut réitérer aujourd’hui parce qu’il en ferait une partisante de la guerre au lieu d’une avocate pour la défense des libertés », estimant que « ne pas la poursuivre en justice est une mesure en adéquation avec la gestion du dossier en cette étape ».

Et de souligner que « l’arrestation d’Aminatou Haidar entraverait les acquis diplomatiques réalisés par le Maroc à la suite de l’opération menée à Guergarate, car si le Polisario appelle à un retour à la guerre, le Maroc se présente comme un défenseur de la sécurité, de la paix et de la liberté de circulation, et donc l’arrestation d’Aminatou Aidar sera un cadeau inespéré pour le Polisario ».

Les séparatistes du Polisario profiteront de l’occasion pour présenter cette dernière comme « une victime d’une violation de la liberté d’expression, et pourrait même en profiter pour demander à nouveau l’élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homme, ce qui constituerait une violation des fondements de la souveraineté », précise-t-il.

Article19.ma

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