Controverse. Une élève marocaine a été interdite de porter le voile au sein de l’établissement scolaire Don Bosco relevant du système d’enseignement catholique français à Kénitra, une affaire qui rappelle celle survenue il y a plus de 10 ans dans la même institution.

Cette interdiction avait fait l’objet d’un débat en 2008 Parlement, à la suite d’une question orale. Il a été, alors, relevé que des écoles françaises tolèrent le port du voile dans les pays du Moyen Orient et l’interdisent au Maroc.

Pour rappel, l’école de la Fondation Don Bosco à Kénitra avait interdit à une élève de se réinscrire en raison de son port du voile, ce qui a poussé ses parents à recourir à la justice et imposer son inscription pour l’année scolaire 2008-09.

+ Nouvelles dispositions… et harcèlement du directeur +

L’élève suivait sa scolarité dans une école catholique de Casablanca, et lorsque ses parents ont déménagé à Kénitra, elle s’est inscrite à l’école Don Bosco de cette ville alors dirigée par le cardinal et l’actuel évêque de Rabat, Cristóbal López Romero.

Selon le site arabophone Hespress.com, les dispositions nouvelles que les parents doivent accepter en début d’année stipulent le respect des restrictions vestimentaires dont le non-port du voile.

L’élève a mis le voile en milieu d’année, a indiqué la famille à Hespress, ajoutant que la jeune fille a alors commencé à se plaindre du harcèlement du directeur de l’école.

Selon la famille, au début de l’année suivante, l’élève a été interdite de se réinscrire à cause de son voile alors que son frère avait été accepté. Le directeur de l’école a fait savoir qu’il s’agit d’une décision irrévocable du père responsable à Rabat.

Après avoir contacté les associations des droits de l’homme, les médias et les partis politiques, la jeune élève a pu finalement obtenir sa réinscription à ladite école.

L’affaire de l’interdiction faite actuellement à une élève de poursuivre ses cours depuis deux semaines est entre les mains du tribunal de première instance de Kénitra qui a reporté l’examen de ce dossier à mardi prochain.

+ «Pourquoi violent-ils ma liberté de choisir les vêtements qui me conviennent?» +

L’avocat Rachid Ait Belarbi a indiqué à Hespress que l’interdiction faite à une élève de poursuivre sa scolarité à cause du port du voile constitue un dépassement quant aux prérogatives de la direction régionale de l’éducation nationale qui doit être au fait de ce qui se passe au sein des établissements scolaires.

Pour lui, il s’agit d’une atteinte à la liberté personnelle, citant à ce propos l’interrogation de la concernée: « ils nous apprennent à respecter les libertés des autres, alors pourquoi violent-ils ma liberté de choisir les vêtements qui me conviennent? »

Pour sa part, le directeur de la Fondation Don Bosco a déclaré à Hespress, qu’il était « surpris par le recours à la justice », ajoutant qu’il respecte ce droit et les décisions qui seront rendues par le tribunal.

Il a ajouté que l’élève, « après des années dans l’établissement, connaissait son règlement interne mais s’est soudainement mise à porter le voile », relevant que « l’élève et sa mère ont droit d’avoir des convictions, mais on ne peut pas avoir un règlement interne adapté à chaque personne.

Et de souligner: « les parents ont choisi cet établissement scolaire, et le fait que la mère continue d’y inscrire sa fille pendant des années signifie qu’elle en était satisfaite… l’établissement a ses propres règles… et l’élève pourrait changer d’école ».

Article19.ma

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