La chaîne Aïn Sebaa dans la tourmente. Le directeur général de Soread 2M, Salim Cheikh, a relevé que la faible contribution de l’État au financement de la deuxième chaîne, 5% seulement de ses ressources, fait de cette dernière un cas unique dans le monde.

Cheikh, qui intervenait mercredi devant les membres de la commission de contrôle des finances publiques de la Chambre des représentants, a ajouté que le coût du service public dépasse les 450 millions de dirhams alors que les frais de la chaîne s’élèvent à 700 millions de dirhams.

Le DG de Soread 2M, dont les propos ont été relayés par Hespress, a souligné que « la situation financière de la chaîne est fragile en raison de sa dépendance à 95% de la publicité », indiquant que la deuxième chaîne monopolise, grâce au nombre de ses téléspectateurs, 70% du marché national de la publicité télévisée, qui est passé de 1,2 milliard de dirhams à 900 millions de dirhams.

+ La Cour des comptes avait relevé les difficultés financières +

Il a précisé que la fragilité financière de 2M en fait l’une des rares chaînes dans la région à ne pas adopter la Haute Définition, soulignant que les dépenses d’investissement ont fortement diminué à cause de la faiblesse des ressources ce qui a rendu ses équipements désuets.

La Cour des comptes avait relevé les difficultés financières de la deuxième chaîne, soulignant que depuis 2008, cette dernière enregistre des résultats négatifs, ce qui ne lui permet pas de réaliser les investissements nécessaires à la modernisation de ses équipements.

Selon la Cour des comptes, le modèle économique adopté par la Soread rend difficile la possibilité de concilier rentabilité financière et obligations de service public alors que le cahier de charge impose un certain nombre de diffusion publicitaire.

Le directeur général de 2M a indiqué que les recommandations de la Cour des comptes en matière de gouvernance ont été adoptées par le Conseil d’administration de la Soread, ajoutant que la chaîne veille à la rationalisation de ses dépenses après avoir progressé annuellement de 12% depuis 2008.

Au cours des dix dernières années, la deuxième chaîne a pu économiser un total de 300 millions de dirhams en dépenses externes, ce qui lui a permis de maintenir le financement de ses programmes, a précisé Cheikh, notant l’augmentation de la production nationale, qui est huit fois plus chère que l’étrangère.

Il a expliqué que la rationalisation des dépenses a également porté sur la maîtrise de la masse salariale à travers un programme de départs volontaires et la suspension des recrutements depuis 2012, en plus du non-remplacement du personnel parti à la retraite, faisant savoir que le nombre des employés de la chaîne est passé de 800 en 2011 à 530 en 2020.

Cheikh a, en outre, révélé que la subvention gouvernementale était passée de 140 millions de dirhams par an, ce qui représentait un tiers des ressources de la chaîne, à 50 millions par an, soit seulement 5% de ses ressources.

Article19.ma

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