Par Dr Mohamed Chtatou

Préserver et renforcer l’identité

L’impact du processus de mondialisation, qui a entraîné des changements sans précédent dans les sociétés et a accéléré le rythme du développement scientifique et technologique, a pris les êtres humains au dépourvu et il reste un certain nombre de questions à résoudre à l’échelle mondiale et locale qui doivent être examinées avec beaucoup de soin pour protéger les valeurs éthiques et humaines, ainsi que les caractéristiques uniques des sociétés.

Abdul Majid Jaffry, écrivant dans Islamic City, considère la mondialisation comme une forme occidentale voilée de colonisation et d’aliénation culturelle :

« Cependant, lorsque nous coupons court à la rhétorique élitiste de la mondialisation, nous nous retrouvons à scintiller sous la lumière étincelante du monde occidental. La culture et le capitalisme libéral qui sont poussés, sous le couvert de la mondialisation, dans les pays musulmans ne sont pas mondiaux ; ce n’est qu’une culture occidentale fondée sur les valeurs et les réalisations fondamentales de la civilisation occidentale. Il s’agit simplement d’une tentative d’imposer les institutions culturelles de l’Occident dominant aux nations faibles et fragiles – des nations qui ont souffert d’une dégénérescence culturelle pendant la longue période coloniale et qui sont incapables de monter une résistance formidable contre les assauts de l’idéologie sociale, culturelle et politique occidentale ». 

(“However, when we cut through the elitist’s rhetoric of globalization, we find ourselves twinkling around at the glimmering light of the western world. The culture and liberal capitalism that is being pushed, under the cover of globalization, in the Muslim countries is not global; it is but a western culture based on the core values and core achievements of the western civilization. It’s simply an attempt at imposing of the cultural-forming institutions of the dominant west on the feeble and frail nations – nations who suffered cultural degeneration during the long colonial rule and incapable of mounting any formidable resistance against the onslaught of western social, cultural, and political ideology.”) 

Dans le contexte de la mondialisation, la sauvegarde des spécificités culturelles du peuple musulman est devenue un facteur essentiel pour préserver son identité et un élément vital qui enrichit la diversité culturelle et le dialogue attendu entre les cultures et les civilisations.  Tout au long de leur histoire, les établissements d’enseignement originel ont joué un rôle important dans la protection de l’identité islamique et dans la résistance à toute tentative d’effacement ou de dissolution de celle-ci.  Elles ont en effet contribué de manière significative à l’amélioration des indicateurs de développement humain, économique et social dans les pays islamiques en réduisant les taux d’analphabétisme et en permettant aux jeunes d’accéder au marché du travail en leur offrant une formation théorique et pratique et en leur inculquant les valeurs prônant l’action et la génération de revenus. Il est maintenant nécessaire de renforcer cette éducation à la lumière des exigences culturelles et économiques du monde moderne : dialogue, tolérance, paix, questions de genre, emploi, etc.

Le fléau de l’analphabétisme

L’analphabétisme chez les musulmans reste le fléau et le défi le plus dangereux qui empêche tout investissement optimal des ressources humaines dans la mise en œuvre des plans de développement nationaux dans leurs pays. En raison de nombreux facteurs complexes liés aux conditions politiques, culturelles, économiques, sociales et démographiques, les efforts menés jusqu’à présent dans plusieurs pays musulmans pour combattre et éradiquer ce fléau s’avèrent encore insuffisants. Pire encore, ce fléau a pris des proportions alarmantes dans des pays qui connaissent depuis longtemps une instabilité politique et sociale. La vérité est que l’analphabétisme est non seulement un fléau économique pour l’individu, sa famille et son pays, mais aussi un danger pour la stabilité des personnes et des institutions sociales et politiques, étant donné que ces citoyens peuvent être des proies faciles pour les extrémistes qui les utilisent pour atteindre leurs objectifs vils et dangereux. 

Sous l’effet des changements profonds qui se produisent dans le monde de la technologie et des sciences appliquées et de la prospérité qui en découle dans l’industrie de l’information, le secteur des services et l’évolution du marché du travail et des systèmes de production, il est devenu nécessaire que les organismes internationaux et régionaux actifs dans le domaine de l’éducation ainsi que les ministères compétents, les centres d’études, la prospection, la planification et l’orientation scolaire, d’initier la révision des plans et politiques d’éducation existants afin de recenser les forces et faiblesses des systèmes éducatifs, et d’établir une feuille de route pour les actions susceptibles de qualifier les systèmes éducatifs pour contribuer efficacement au développement humain et sociétal tant souhaité dans le monde islamique.

Défendre la connaissance spirituelle et scientifique

L’université moderne devrait viser à résoudre la crise épistémique résultant de la séparation entre le savoir et la religion et du dépouillement de la science des valeurs et contenus religieux et des idées philosophiques. Elle cherche également à approfondir la compréhension de l’Islam et de ses tendances intellectuelles et philosophiques, à faire le point sur l’expertise humaine dans les différents domaines de la connaissance et à l’assimiler dans la structure de la pensée islamique, de manière saine et raisonnable. D’autres objectifs consistent à affirmer l’importance de l’intégration et de la coexistence créative entre les sciences naturelles, humaines et sociales, d’une part, et entre le raisonnement et l’éducation, d’autre part. Le but ultime est de construire la personnalité musulmane équilibrée qui puise dans sa pensée, ses méthodes et son comportement l’harmonie entre les connaissances rationnelles, spirituelles et scientifiques.

L’Islam a été la première civilisation et culture à équilibrer l’unité et la diversité. C’est en effet le creuset de différents peuples et cultures qui se sont ralliés autour de cette religion monothéiste qui prévoit le droit à la diversité et à la différence, sans aucune discrimination ni ségrégation. C’est un appel à la connaissance mutuelle et à la concorde, comme le dit Allah dans le Saint Coran :

« Ô humanité ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tribus, afin que vous vous connaissiez les uns les autres, et non que vous vous méprisiez les uns les autres. En vérité, le plus honoré d’entre vous aux yeux de Dieu est celui qui est le plus juste ». [Al-Hujurat (les Habitations) 49 :13],

يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَى وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ

et, aussi, :

« Et parmi ses signes, il y a la création des cieux et de la terre, et les variations de vos langues et de vos couleurs » [Ar-Rum (les Romains) 30 :22].

وَمِنْ آيَاتِهِ خَلْقُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلَافُ أَلْسِنَتِكُمْ وَأَلْوَانِكُمْ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَاتٍ لِّلْعَالِمِينَ

Mecque, Arabie Saoudite

Grâce à cette vision culturelle d’avant-garde, les peuples de la ‘Oummah islamique ont procédé à l’écriture de leurs langues en caractères arabes afin de rester spirituellement liés au Coran, à sa culture, sa langue, ses sciences, ses arts et ses lettres, ainsi qu’à la noble tradition du prophète Mohammed. Ainsi, les Perses, les Turcs, les Kurdes, les Bengalis et d’autres écrivaient leurs langues en caractères arabes, de même que les Haoussas, les Foulanis, les Swahilis et d’autres peuples et civilisations africaines, connus sous le nom d’alphabet Ajami.  Ces langues ont beaucoup progressé et le patrimoine littéraire, artistique, scientifique et culturel de leur peuple s’est considérablement amélioré, comme en témoignent les centaines de milliers de manuscrits conservés dans les bibliothèques et les centres de documentation.

En ce qui concerne les cultures indigènes, les retards dans l’adoption d’une convention universelle sur la protection des arts populaires, du savoir-faire traditionnel et des ressources génétiques confirment les défis économiques et culturels inhérents à cette question. Dans cette optique, il convient de mettre l’accent, dans ce processus de sensibilisation, sur le rôle du savoir-faire traditionnel dans le développement durable. En effet, il ne suffit pas de garantir le droit des minorités linguistiques à l’expression culturelle, mais aussi leur droit de contrôler l’exploitation de leur patrimoine intellectuel. En outre, et compte tenu du rôle majeur que joue la société civile à cet égard en tant que lien entre les politiques nationales et les stratégies des organisations internationales de développement durable, le champ des partenariats avec les organisations et les institutions de la société civile sera élargi pour atteindre les objectifs souhaités.

Les pays islamiques ont toujours mis davantage l’accent sur la promotion des politiques et des programmes de sciences sociales et humaines aux niveaux national, régional et international. À ce titre, des mesures devront être prises pour faciliter la mise en œuvre des politiques sociales et humaines nationales par l’organisation de diverses manifestations ayant pour objectif de faire progresser les connaissances, les normes, la liberté et la dignité humaine et de permettre aux pays islamiques d’adopter des transformations sociales conformes à l’esprit et aux valeurs islamiques.

Les efforts visant à soutenir les programmes d’éducation et de recherche des institutions afin de préparer des ressources humaines appropriées et de permettre aux chercheurs d’identifier et de résoudre les problèmes sociaux, culturels et humains découlant du développement de nouvelles tendances et réactions dans la société devront être soutenus. Les résultats de la recherche seront utilisés pour contribuer à la formulation des politiques et à la mise en œuvre d’actions en fonction des besoins réels des populations.  L’accent sera également mis sur le renforcement du rôle des différents secteurs de la société par une plus large diffusion des connaissances et une meilleure compréhension des questions sociales et humaines, afin de permettre au grand public de jouer un rôle efficace dans la détermination des tendances de la société.

Athar Oussama et Nidhal Guessoum dans un article intitulé : « La recherche scientifique : S’agit-il de l’âge des ténèbres dans le monde musulman ?« , affirment, à juste titre, qu’une enquête menée auprès des établissements d’enseignement supérieur musulmans révèle qu’ils sont à la traîne et en retard par rapport au reste du monde en ce qui concerne la qualité de l’enseignement scientifique et technique :

« Il est bien connu que 1,6 milliard de musulmans contribuent de manière disproportionnée à la connaissance du monde. Cette communauté mondiale – qui forme la majorité de la population de 57 pays et s’étend sur pratiquement tous les pays du monde – n’a eu que trois lauréats du prix Nobel de science dans l’histoire de ce prix prestigieux. Le nombre d’universités des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique dans les 500 premières universités du monde n’est guère plus élevé que cela.

Mis à part les clichés, il existe une opinion largement partagée selon laquelle la science dans le monde musulman accuse un retard important par rapport au reste du monde. Cette opinion repose en partie sur des indicateurs, tels que le classement mondial des universités, les dépenses de recherche, le nombre de chercheurs par million d’habitants, les résultats des étudiants pré-universitaires, etc. Les causes de ces mauvais résultats et les remèdes possibles sont vivement débattus ».

(“It is a well-known fact that 1.6 billion Muslims contribute a disproportionately smaller share to the world’s knowledge. This global community – forming the majority population of 57 countries and spanning virtually every single country of the world – has had only three Nobel laureates in science in the history of this prestigious prize. The number of universities from the Organisation of Islamic Cooperation member countries in the top 500 universities of the world is only a little better than that.

Clichés aside, there is a widely shared view that science in the Muslim world is significantly lagging behind the rest of the world. This view is partly based on indicators, such as global university rankings, research spending, researchers per million people, performance of pre-university students etc. The causes of this bad performance and potential remedies are hotly debated.”)

Et de poursuivre, en insistant beaucoup :

« Les universités du monde musulman ne sont pas très bien classées dans les différents classements mondiaux des universités. Dans l’édition 2014-15 du QS World University Rankings, aucune université du monde musulman ne figurait parmi les 100 premières, et seules 17 se sont classées parmi les 400 premières (11 entre 300 et 400). De même, dans le dernier classement mondial des universités du Times Higher Education, seules dix universités du monde musulman figuraient parmi les 400 premières (cinq d’entre elles entre 300 et 400). Cela a souvent conduit à des appels répétés pour améliorer les classements des universités du monde musulman et pour créer des universités de classe mondiale. Si le premier a connu quelques avancées, le second est resté largement inaccessible“.

(“Universities of the Muslim world have not ranked highly in the various global university rankings. In the 2014-15 edition of the QS World University Rankings, no university of the Muslim world was in the top 100, and only 17 ranked among the top 400 (11 between 300 and 400). Similarly, the most recent Times Higher Education World University Rankings had only 10 universities from the Muslim world in the top 400 (five of them between 300 and 400). This has often led to repeated calls to enhance rankings of universities in the Muslim world and to create world-class universities. While there has been some advancement on the former, the latter has remained largely inaccessible. »)

Sauvegarde des droits

La reconnaissance des droits de l’homme comprend les droits civils et politiques, tels que le droit à la vie et à la liberté, la liberté d’expression et l’égalité devant la loi ; et les droits sociaux, culturels et économiques, y compris le droit de participer à la politique et à la culture, le droit à l’alimentation, le droit au travail et le droit à l’éducation, sont le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. La Déclaration universelle des droits de l’homme constitue le fondement de la proclamation selon laquelle TOUS les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. L’Islam a toujours promu les droits humains, civils, économiques et sociaux ; l’affirmation de ces droits fournit une base solide pour la paix et la justice et permet à tous les êtres humains de vivre les uns avec les autres dans la dignité et la liberté.

La femme est l’égale de l’homme dans la quête de la connaissance et elle est tout aussi vitale pour la vie. Le statut de la femme dans l’Islam ne constitue pas un problème. L’Islam accorde à la femme le même droit de contracter, d’entreprendre, de gagner et de posséder de manière indépendante. Les efforts devront être poursuivis pour promouvoir l’égalité et l’équilibre entre les sexes. La reconnaissance des droits sociaux des femmes est une nécessité urgente et doit indéniablement être suivie par la projection du rôle des femmes dans le développement social, en gardant à l’esprit les principes et les valeurs de l’Islam.

Des conférences, des séminaires et des symposiums devront être organisés pour examiner les progrès des femmes vers l’autonomisation et l’égalité des sexes ainsi que les obstacles sociaux, économiques, politiques et culturels, afin d’accroître leurs capacités. Des projets devront être mis en œuvre pour renforcer leur rôle dans le développement social par le biais de thèmes transversaux liés notamment à la réduction de la pauvreté dans les localités pauvres. Afin d’améliorer la situation des femmes, en particulier dans les zones rurales et urbaines. L’éducation et la formation formelles et non formelles seront utilisées afin d’atténuer leur rôle et de leur offrir des chances égales dans le développement social de leurs sociétés et de parvenir à l’épanouissement personnel.

Promouvoir le dialogue et la tolérance

En raison des nouvelles menaces et de l’éclatement de violents conflits interethniques dans de nombreuses régions du monde ces dernières années, des violents incidents terroristes, de la propagande contre l’Islam au niveau international, ainsi que de l’introduction de nouvelles technologies et de certains développements scientifiques et du processus de mondialisation, on a observé une augmentation des problèmes sociaux. Les sociétés et les communautés ont également observé une augmentation de l’intolérance et de la haine entre les êtres humains sur la base du fondamentalisme, de l’extrémisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. Afin de répondre aux défis qui se posent dans les sociétés modernes, il est nécessaire d’adopter une approche intégrée pour lutter contre le racisme, la discrimination, la xénophobie et l’intolérance. Les pays islamiques devront prendre des mesures pour combattre toutes les formes de racisme, de xénophobie et de discrimination et pour promouvoir le dialogue entre les civilisations afin de résoudre toutes sortes de différences et d’apporter la conformité dans la création de conditions sociales pacifiques. 

Alphabet Ajami

C’est un fait que l’intolérance existe dans le monde musulman parmi une minorité de fondamentalistes et de partisans du tristement célèbres centrales terroristes d’al-Qaïda et de l’ISIS, mais la vérité est que la majorité des musulmans du monde islamique sont épris de paix et pleinement tolérants et ouverts à l’autre dans son « altérité« .

À cet égard, Syed Imad-Ud-Din Asad débogue le mythe de l’intolérance islamique dans un article paru dans Islamic City :

« En fait, la tolérance est une obligation religieuse et juridique essentielle imposée aux musulmans. Les musulmans ont reçu pour instruction de promouvoir le message de l’islam en engageant des dialogues religieux avec les non-musulmans et, dans ce processus, il leur a été demandé d’employer les méthodes les plus respectueuses et les plus polies : « Appelle à la voie de ton Seigneur avec sagesse et bonne exhortation, et discute avec eux de la meilleure manière… ». (Coran 16 :125) Et si les non-musulmans ont tendance à être en désaccord avec le message de l’Islam, malgré tous les arguments et la logique produits par les musulmans, ces derniers ne doivent toujours pas recourir à une quelconque forme de contrainte religieuse ou de réaction violente. “

Dieu déclare : « Il n’y a pas de contrainte en religion… ». (Coran 2 :256) « Mais s’ils se disputent avec toi, dis Je me soumets entièrement à Dieu et (ainsi) à celui qui me suit. Et dis à ceux qui ont reçu le Livre et aux désappris (les gens) : Vous soumettez-vous ? S’ils se soumettent, alors ils suivent effectivement le droit chemin ; et s’ils se détournent, ton devoir est seulement de délivrer le message… » (Coran 3 :19) « 

(“In fact, tolerance is an essential religious and legal obligation imposed upon the Muslims. Muslims have been instructed to promote the message of Islam by way of engaging in religious dialogues with non-Muslims and in this process Muslims have been told to employ the most respectful and polite methods: « Call to the way of thy Lord with wisdom and goodly exhortation, and argue with them in the best manner… ». (Quran 16:125) And if the non-Muslims incline to disagree with the message of Islam, despite all the arguments and logic produced by the Muslims, the latter are still not to resort to any form of religious compulsion or violent reaction.

God declares: « There is no compulsion in religion… ». (Quran 2:256) « But if they dispute with thee, say: I submit myself entirely to God and (so does) he who follows me. And say to those who have been given the Book and the Unlearned (people): Do you submit yourselves? If they submit, then indeed they follow the right way; and if they turn back, thy duty is only to deliver the message… » (Quran 3:19) « )

et il poursuit en disant que l’Islam interdit la coercition dans la pratique religieuse quelle qu’elle soit et appelle plutôt à la wasatiyya, une philosophie de modération et de calibrage dans la croyance, la foi et le mode de vie :

« En fait, la tolérance est une obligation religieuse et juridique essentielle imposée aux musulmans. Les musulmans ont reçu pour instruction de promouvoir le message de l’islam en engageant des dialogues religieux avec les non-musulmans et, dans ce processus, il leur a été demandé d’employer les méthodes les plus respectueuses et les plus polies : « Appelle à la voie de ton Seigneur avec sagesse et bonne exhortation, et discute avec eux de la meilleure manière… ». (Coran 16 :125) Et si les non-musulmans ont tendance à être en désaccord avec le message de l’Islam, malgré tous les arguments et la logique produits par les musulmans, ces derniers ne doivent toujours pas recourir à une quelconque forme de contrainte religieuse ou de réaction violente.

Dieu déclare : « Il n’y a pas de contrainte en religion… ». (Coran 2 :256) « Mais s’ils se disputent avec toi, dis Je me soumets entièrement à Dieu et (ainsi) à celui qui me suit. Et dis à ceux qui ont reçu le Livre et aux désappris (les gens) : Vous soumettez-vous ? S’ils se soumettent, alors ils suivent effectivement le droit chemin ; et s’ils se détournent, ton devoir est seulement de délivrer le message… » (Coran 3 :19) «    

(“In fact, tolerance is an essential religious and legal obligation imposed upon the Muslims. Muslims have been instructed to promote the message of Islam by way of engaging in religious dialogues with non-Muslims and in this process Muslims have been told to employ the most respectful and polite methods: « Call to the way of thy Lord with wisdom and goodly exhortation, and argue with them in the best manner… ». (Quran 16 :125) And if the non-Muslims incline to disagree with the message of Islam, despite all the arguments and logic produced by the Muslims, the latter are still not to resort to any form of religious compulsion or violent reaction.

God declares: « There is no compulsion in religion… ». (Quran 2 :256) « But if they dispute with thee, say: I submit myself entirely to God and (so does) he who follows me. And say to those who have been given the Book and the Unlearned (people): Do you submit yourselves? If they submit, then indeed they follow the right way; and if they turn back, thy duty is only to deliver the message… » (Quran 3 :19) “)   

En fait, la tolérance est une obligation religieuse et juridique essentielle imposée aux musulmans. Par conséquent, la violence et l’intolérance exprimées par un groupe au nom de l’Islam ne sont que pure mystification utilisée pour des raisons purement idéologiques et des gains politiques, comme dans le cas des groupes fondamentalistes qui utilisent l’Islam pour obtenir le pouvoir de manière non démocratique. Syed Imad-Ud-Din Asad, poursuit dans son article :

« Et si ton seigneur avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru, tous. Veux-tu donc forcer les hommes jusqu’à ce qu’ils soient croyants ? » (Coran 10 :99) « Et dis : La vérité vient de ton Seigneur ; que celui qui veut croire, et que celui qui veut mécroire… » (Coran 18 :29) Ces versets établissent clairement :

(1) L’Islam dénonce la conversion forcée ; et

(2) L’Islam n’enjoint pas aux musulmans de faire la guerre pour la propagation de la foi.

Il est non seulement interdit aux musulmans de forcer l’Islam à l’égard des non-musulmans, mais il leur a également été ordonné de traiter avec eux de manière juste et bienveillante : « Dieu vous interdit de ne pas respecter ceux qui vous combattent pour la religion, ni de vous chasser de vos maisons, de leur montrer de la gentillesse et de les traiter avec justice. Il est certain que Dieu aime ceux qui font la justice. Dieu vous interdit de ne respecter que ceux qui vous combattent pour la religion, et vous chassent de vos foyers et vous aident (les autres) dans votre expulsion, que vous vous fassiez des amis ; et ceux qui se font des amis, ce sont eux les fautifs ». (Coran 60 :8,9) « 

(« And if thy lord had pleased, all those who are in the earth would have believed, all of them. Wilt thou then force men till they are believers? » (Quran 10:99) « And say: The Truth is from your Lord; so let him who please believe, and let him who please disbelieve… » (Quran 18:29) These verses clearly establish:

(1) Islam denounces forced-conversion; and

(2) Islam does not enjoin Muslims to wage war for the spread of faith.

Not only Muslims are prohibited from forcing Islam on non-Muslims, they have also been ordered to deal with them in a just and kind manner: « God forbids you not respecting those who fight you not for religion, nor drive you from your homes, that you show them kindness and deal with them justly. Surely God loves the doers of justice. God forbids you only respecting those who fight you for religion, and drive you forth from your homes and help (others) in your expulsion, that you make friends of them; and whoever makes friends of them, these are the wrongdoers. » (Quran 60 :8,9) « )

La Conférence internationale sur la promotion du dialogue entre les cultures et les civilisations par des actions concrètes et durables, organisée à Rabat en 2005, conjointement par l’ISESCO, l’OCI, l’UNESCO, l’ALECSO, le Centre danois pour la culture et le développement et la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, a été l’occasion d’examiner des initiatives concrètes et durables de dialogue entre les cultures dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la communication et des sciences. La conférence a été couronnée par les Engagements de Rabat. Ces engagements constituent un résultat réussi des efforts de réflexion sur les moyens d’inculquer les valeurs de tolérance, de dialogue et d’ouverture sur les autres cultures, civilisations et religions, dans l’esprit des enfants et des jeunes dans les écoles, par l’intégration de concepts servant cet objectif dans les programmes éducatifs des établissements d’enseignement formel et non formel, afin d’éradiquer les causes de la violence et de la discrimination qui pourraient résulter des différences culturelles, ethniques et religieuses.

Lutte contre la pauvreté

La pauvreté est un problème mondial et le phénomène est alarmant dans le tiers monde, y compris dans les pays musulmans. Trois grandes catégories de mesures de lutte contre la pauvreté ont été analysées. Selon Abul Hasan M. Sadeq (Université islamique internationale, Malaisie et président de l’Institut des sciences sociales, Bangladesh), la lutte contre la pauvreté peut suivre la voie suivante :

Premièrement, les mesures positives qui comprennent l’augmentation des revenus, la répartition fonctionnelle des revenus et l’égalité des chances pour tous ;

Deuxièmement, les mesures préventives qui sont le contrôle de la propriété et la prévention des mauvaises pratiques dans l’économie et les affaires qui conduisent à la concentration des revenus ; et

Troisièmement, les mesures correctives qui comprennent les paiements de transfert obligatoires, les paiements de transfert recommandés et la responsabilité de l’état.

Les mesures positives sont censées conduire à un niveau de revenu élevé et à sa distribution équitable, les mesures préventives sont censées limiter la concentration des richesses, tandis que les mesures correctives sont censées corriger les déséquilibres dans la distribution des revenus et des richesses, et améliorer les conditions économiques des populations les plus défavorisées de la société. Si ces mesures sont appliquées, le problème de la pauvreté pourrait être résolu de manière assez substantielle. Le document se termine par quelques recommandations concernant la réduction de la pauvreté dans le contexte des pays musulmans.

La réduction de la pauvreté, un fléau largement répandu dans les pays islamiques, est toujours restée un objectif dans le cadre de divers programmes des organisations internationales. Compte tenu de l’impact significatif de la pauvreté sur le développement économique durable, les états islamiques devront lancer des politiques, des projets et des plans nationaux et soutenir la mise en œuvre de stratégies et de solutions appropriées pour réduire le fléau de la pauvreté. Les activités des organisations non gouvernementales travaillant dans le domaine des sciences sociales et humaines ont été renforcées pour s’attaquer aux questions d’intérêt vital pour les populations vivant dans les localités pauvres.

Les initiatives devront également renforcer l’action des parties engagées dans l’allégement des souffrances des populations appauvries. Des programmes de formation devront être menés pour renforcer les capacités des personnes défavorisées et handicapées physiques de la société. La création de débouchés économiques pour les chômeurs et l’émancipation des femmes resteront également un domaine d’action ciblé. Les états islamiques devront travailler conjointement avec les agences des Nations unies, tant pour l’organisation de conférences et de séminaires que pour la mise en œuvre de projets sur le terrain visant à réduire la pauvreté.

Les musulmans devront également déployer des efforts et mettre en œuvre des actions pour traiter les problèmes et les questions sociales et humaines qui ne résultent pas de la pauvreté ou qui n’en sont pas la conséquence extrême. Des projets spéciaux et des campagnes de sensibilisation devront être lancés pour améliorer la compréhension entre les religions et les cultures. La propagande contre l’Islam devra être contrée par la diffusion de connaissances sur le principe de paix et de tolérance de l’Islam.

Taj Mahal, Inde

Aujourd’hui, il est évident que le développement de l’éducation, de la science, de la culture et de la communication dépend de la sécurité et de la paix, au sein des états membres ou entre eux, tant au niveau régional qu’international. Aucun développement ne sera concevable dans un climat rempli de tensions ethniques, sectaires et religieuses. Il en va de même pour l’absence de justice et de respect mutuel, qui sont des éléments clés pour créer des relations internationales susceptibles de promouvoir la prospérité et le développement humain.

Il est également reconnu au niveau international que l’alliance des civilisations représente le seul moyen de rétablir l’équilibre du monde et d’établir la paix, le respect de la diversité et la reconnaissance des droits culturels légitimes et des spécificités culturelles des différents peuples et nations.

Aujourd’hui, il ne fait aucun doute que les défis à relever pour construire le dialogue interculturel comprennent : l’acquisition de compétences interculturelles, la promotion du dialogue interconfessionnel et la réconciliation des mémoires conflictuelles.

Le dialogue interculturel requiert des compétences interculturelles, c’est-à-dire la capacité à s’engager efficacement et de manière appropriée dans les interactions avec des personnes différentes sur le plan linguistique et culturel.

Le dialogue interconfessionnel est une dimension cruciale de la compréhension internationale, et donc de la résolution des conflits. L’incompréhension et l’ignorance de la religion accroissent les tensions.

Les mémoires divergentes ont été la source de nombreux conflits tout au long de l’histoire. Les différentes formes de préservation et de transmission de la mémoire institutionnelle tendent à incarner des visions alternatives du passé, chacune avec sa propre logique, ses protocoles et ses perspectives.

Et le monde musulman doit relever ces défis à la fois pour être en mesure de dissiper les allégations d’intolérance, d’extrémisme et d’antipathie envers l’autre.

 Samarkand, Ouzbékistan

Un dernier mot pour le monde musulman

Le monde musulman a le potentiel humain, les jeunes de nombreux pays constituent la moitié de la population et sont prêts à passer à l’action avec détermination et même avec zèle si on leur en donne l’occasion et s’ils sont pleinement responsabilisés grâce à l’éducation, la formation, le capital et la confiance. Des millions de jeunes hommes et femmes sont prêts à développer le monde musulman, mais la volonté politique doit leur permettre de prendre en main le destin de leur pays, immédiatement.

Le monde musulman dispose également des ressources nécessaires : terres agricoles arables, ressources en eau suffisantes, minerais abondants, possibilités commerciales diverses et capacités touristiques nombreuses, mais ce qu’il faut, c’est une bonne planification économique, une répartition équitable des chances et la volonté de considérer le développement comme une stratégie bénéfique pour créer des richesses et aller de l’avant.

Mais surtout, le monde musulman a grand besoin de démocratie et d’état de droit pour aller de l’avant et donner de l’espoir à sa population dans l’avenir.

Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed Chtatou sur Twitter : @Ayurinu


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