Lanceur d’alerte. Un enseignant à la faculté Moulay Ismail de droit de Meknès a dénoncé le phénomène de « la corruption » qui entache, selon lui, l’accès aux cycle du master et du doctorat ainsi que les concours de recrutement dans des universités marocaines.

Dans une vidéo postée sur son compte Facebook, Abdelkébir Alaoui Sossi, professeur de droit pénal, n’a pas laissé indifférents les internautes qui ont appelé à l’ouverture d’une enquête alors que l’administration de la Faculté de droit a décidé de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de l’enseignant, a rapporté alyaoum24.com .

+ Appel au ministère de tutelle à mettre fin à « la rente » au sein des université et aux lobbies qui les contrôlent +

Le professeur critique notamment la manière avec laquelle sont créés des masters, relevant que le ministère de l’Enseignement supérieur s’est uniquement contenté de définir, en janvier 2015, les dispositions pédagogiques générales ce qui ouvre la voie, selon cet enseignant, à la création des unités de master sans que soient définies et unifiées les conditions d’accès à ces cycles.

Il a également déploré l’exclusion des « professeurs qui ont une conscience professionnelle » d’enseigner dans les nouvelles unités de master, en ce sens que le coordinateur de l’unité en question se presse de former son équipe pédagogique sur « la base des intérêts communs et des relations personnelles ».

Le professeur a appelé le ministère de tutelle à mettre fin à « la rente » au sein des université et aux lobbies qui les contrôlent.

L’enseignant a, en outre, relevé les dysfonctionnements qui entachent la sélection des candidats aux masters, notamment le fait que les mêmes professeurs préparent les épreuves écrites, les corrigent en dehors des établissements universitaires, et organisent les examens oraux.

+ Réponse du Comité Scientifique de Meknès +

Les professeurs, en colère contre la sortie médiatique de leur collègue, ont adressé une requête au Doyen de la Faculté de Droit et au Président de l’Université de Moulay Ismail dans le but de prendre les mesures administratives disciplinaires nécessaires contre le lanceur d’alerte.

Le Comité Scientifique qui n’a pas caché sa colère a estimé que ce qui était publié dans la page de Alaoui sur «Facebook », est Une violation des dispositions des articles 13 et 18 de la loi du 24 février 1958 relative à la fonction publique relatifs au droit de réserve et qu’il aurait divulgué « des secrets professionnels ».

Certains membres de ce Comité ont même menacé de poursuivre le lanceur d’alerte en justice pour « diffamation ».

Alaoui qui a été suspendu d’une partie de ses fonctions d’enseignant a rejeté en bloc les accusations du Comité.

Affaire à suivre …

Article19.ma

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