Colère ? Le débat sur la justice fiscale refait de nouveau surface au Maroc après la décision du gouvernement de recourir une nouvelle fois aux contribuables pour faire face aux répercussions économiques et sociales de la crise sanitaire de Covid-19 en prévoyant dans le projet de la loi de finances une nouvelle taxe baptisée « contribution sociale de solidarité ».

Cette taxe, en cas de son approbation, sera appliquée aux salariés et à certaines sociétés dans le but de récolter environ 5 milliards de dirhams afin de renflouer le Fonds d’appui à la cohésion sociale qui a été créé en 2012 pour financer des projets sociaux et soutenir la protection sociale des travailleurs du secteur informel.

La mise en place de cette taxe a provoqué une large controverse sur les réseaux sociaux, en ce sens que de nombreux internautes estiment que le gouvernement recourt toujours aux mêmes pour sauver les finances publiques au lieu de taxer les grosse fortunes.

« Puisse Dieu nous rendre justice, c’est tout ce que je pourrais dire. Que Dieu se venge pour nous. Je touche 1500 dirhams par mois qu’est-ce que vous voulez encore me prélever? », a commenté un internaute sur le site arabophone Hespress.com .

« Trop, c’est trop. Vous asphyxiez les salariés. Les gens cherchent à améliorer leurs revenus, et vous, vous augmentez les retenues », a écrit un autre.

+ « Au Maroc, cet acte de solidarité ne s’applique pas à tout le monde et n’affecte pas les riches » +

Un autre s’est, quant à lui, interrogé si le temps n’était pas venu de mettre fin aux « extravagance que représentent les voitures de l’État utilisées à des fins privées et les dépenses qu’elles génèrent, d’imposer des taxes sur les agréments notamment ceux des transports, de la pêche, d’exploitation des carrières… de mettre fin à la retraite des ministres et des parlementaires, et de réduire le nombre des ministres et des parlementaires? ».

Abdelghani Raqi, un des dirigeants de la Confédération démocratique du travail (CDT) et de la Fédération de la gauche démocratique, a souligné dans une déclaration à Hespress que la solidarité est nécessaire en temps de crise, « mais le problème au Maroc est que cet acte de solidarité ne s’applique pas à tout le monde et n’affecte pas les riches ».

« La retenue par le gouvernement de trois jours de travail sur le revenu des salariés en tant que contribution au Fonds Corona était obligatoire au moment où cette mesure n’a pas inclu les riches du pays, dont certains y ont volontairement contribué », a-t-il relevé, soutenant que « la solidarité doit être en fonction des capacités de chacun et qu’elle doit commencer d’abord par ceux du haut ».

Raqi a appelé le gouvernement à mettre en place une justice fiscale en imposant une taxe sur la fortune, estimant que « le régime fiscal actuel est injuste » et que « ceux qui exploitent le pays et en récoltent des milliards doivent payer la plus grande partie des impôts, mais il se trouve que les entreprises contribuent fiscalement moins que les salariés ».

Selon Oxfam, l’évasion fiscale de certaines multinationales représente un manque à gagner pour le Maroc de 2,45 milliards de dollars par an.

Oxfam Maroc a révélé que 82% des recettes de l’impôt sur les sociétés proviennent de 2% seulement des entreprises marocaines.

Article19.ma

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