Les opérateurs économiques turcs ont exhorté l’Arabie saoudite et le Maroc à revoir leurs mesures qui mettent en difficulté de plus en plus les affaires des sociétés turques dans les deux pays.

Les appels au boycott des produits turcs en Arabie saoudite et la décision du Maroc d’augmenter les droits de douane sur des dizaines de produits turcs affecteront également négativement les deux pays, a déclaré Hasan Hüseyin Bayram, chef de l’Association turque des industriels et des hommes d’affaires du textile (TETSIAD), cité mercredi par le site du quotidien pro-gouvernemental turc « Daily Sabah ».

Bayram a souligné que les décisions de boycott non officielles des deux pays, qui partagent la religion et l’histoire avec la Turquie, nuiraient aux politiques de coopération mutuelle fondées sur des relations historiques et des relations commerciales de longue date.

+ Un boycott saoudien informel contre les importations en provenance de la Turquie +

Riyad a récemment renforcé un boycott informel contre les importations en provenance de Turquie, selon le média turc qui rappelle que les deux pays sont en désaccord, depuis quelques années, sur diverses questions régionales, dont le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul en 2018.

Les appels au boycott des produits turcs de la part des autorités saoudiennes sont un exemple de double standard, a déclaré le président de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Inegöl (ITSO), Yavuz Uğurdağ.

« Ceci causera du tort aux deux pays », a déclaré Uğurdağ dans un communiqué.

La semaine dernière, le prince saoudien Abdul Rahman Bin Musaad Al Saud a appelé au boycott des importations turques jusqu’à ce que « Ankara revoie sa politique avec le Royaume ».

De son côté, Ajlan al-Ajlan, le chef des chambres de commerce d’Arabie saoudite, a récemment appelé au boycott des produits turcs en réponse à ce qu’il a appelé l’hostilité continue d’Ankara.

Les entreprises turques ont également déclaré qu’elles sont confrontées à de nouveaux retards dans l’exportation de textiles et de vêtements vers le Maroc. Elles se sont plaintes de demandes inhabituelles de paperasse et de retards de dédouanement au Maroc, ont indiqué mardi des sources à Reuters, selon le site turc.

La Turquie a exporté plus de 2,2 milliards de dollars de marchandises vers le Maroc l’année dernière, dont 1 milliard de dollars de produits textiles, a indiqué Bayram.

« Les taux qui étaient de ‘zéro’ l’année dernière ont été progressivement augmentés et nous avons appris qu’ils seront portés à 27% », at-il noté.

« Si cette pratique se poursuit, en plus de la détérioration des relations d’amitié et commerciales entre les deux pays, les licenciements et donc le chômage commenceront avec le retrait des entreprises turques de la région », a souligné le président du TETSIAD.

Pour lui, « il serait dans l’intérêt de l’Arabie saoudite et du Maroc de revenir le plus tôt possible sur ces décisions erronées. »

Le gouvernement marocain, craignant que l’accord de libre-échange de 2004 avec la Turquie ne porte préjudice à ses entreprises et détaillants, a indiqué la semaine dernière que les pourparlers entamés avec Ankara en janvier avaient abouti en août à une révision dudit accord.

Une source du ministère du Commerce a fait savoir que la révision de l’accord permettait au Maroc d’augmenter jusqu’à 90% les droits de douane sur 1200 produits, dont les textiles et les vêtements, pour une période allant jusqu’à cinq ans.

+ Ceci rend la situation difficile pour les entreprises turques +

La présidente de l’Association des exportateurs de textile d’Uludağ (UTIB), Pınar Taşdelen Engin, a souligné que ces développements auraient un impact négatif sur les relations bilatérales.

Ceci rend la situation difficile pour les entreprises turques qui exportent vers la région et ont des investissements, et si cela continue il conduira peut-être à leur retrait du marché, a déclaré Engin dans un communiqué.

« Il sera dans l’intérêt du Maroc de corriger cette erreur le plus tôt possible. Outre les relations bilatérales, cette décision portera également préjudice à l’économie marocaine et à l’emploi », a-t-elle ajouté, exprimant l’espoir de voir ce problème « résolu au bénéfice des deux pays ».

Article19.ma

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