La chaîne de télévision 2M a consacré un épisode de son émission «Kan Ya Makane» à la résistance dans le Moyen Atlas et sa contribution au renforcement de l’esprit national dans toutes les régions du Maroc.

L’épisode, diffusé samedi dernier sous le titre « Spécial sur l’indépendance et la résistance », a mis en avant l’apport du Moyen Atlas dans la lutte contre la colonisation française, la défense de l’unité et la souveraineté du Royaume et la résistance aux thèses coloniales visant à créer la discorde entre les différentes composantes de la société marocaine.

Ainsi, Oussama Zakari de la Fondation Zerktouni pour la culture et la recherche a souligné que la résistance menée par Moha et Hamou Zayani au Moyen Atlas s’inscrit dans un contexte marqué par une forte confrontation des convoitises coloniales françaises, ajoutant que l’objectif d’évoquer cette question consiste notamment à documenter les actions menées par le mouvement de la résistance nationale et à diagnostiquer les réactions des Marocains à l’égard des agressions étrangères.

M. Zakari estime qu’il ne faut pas croire que l’esprit national dans ses nombreuses expressions, y compris la résistance armée, était associé à la période de 1912, mais il s’étend plutôt jusqu’au début de la fondation de l’Etat marocain, et se renouvelle à travers diverses expressions pour défendre l’unité du territoire national.

+ Les dirigeants du mouvement ont choisi la résistance à la capitulation +

Le chercheur indique dans ce sens que le 19ème siècle a marqué un tournant majeur dans l’histoire du Maroc qui a connu en cette période des frictions directes avec le colonisateur, ainsi que des défaites militaires, dont celles de la bataille d’Isly en 1844 face à la France, et la bataille de Tétouan face à l’Espagne en 1859, ce qui avait précipité la perte par le Maroc de son indépendance.

M. Zakari estime, en outre, que ce choc pourrait être à l’origine du déclenchement de la résistance basée sur les valeurs du patriotisme et la lutte contre les forces coloniales, ce qui explique, poursuit-il, l’émergence de plusieurs mouvements de résistance dans différentes régions du Maroc, notamment les mouvements d’Ahmed El Hiba Ben Ma El Ainin dans le sud, Assu Oubaslam dans le Grand Atlas, Moha et Hamou Zayani dans le Moyen Atlas, AbdelKrim Khattabi et Mohamed Chrif Amezian dans le Rif, qui malgré leurs moyens limités ont pu dans plusieurs étapes vaincre les armées coloniales qui disposaient d’équipements et de grands moyens.

Pour M. Zakari, le Moyen Atlas a une place spéciale dans cette carte en ce sens qu’il s’est distingué par le fait que les dirigeants du mouvement ont choisi la résistance à la capitulation, rappelant que cette résistance ne s’est pas limitée à l’espace et son influence a dépassé les frontières de la région d’où elle a émergé pour devenir un modèle et la biographie de Moha et Hamou Zayani et Hamou Ousaid a inspiré de nombreux mouvements armés apparus plus tard au Maroc.

Rappelant l’étendue de la résistance du Moyen Atlas et sa mutation en un modèle pour les mouvements de résistance, M. Zakari a souligné que le Moyen Atlas formait une lueur d’espoir au moment où l’Etat central s’était effondré, permettant ainsi de redonner à la résistance armée sa splendeur et d’inspirer les dirigeants du mouvement de la résistance nationale et à leur tête le martyr Mohamed Zerktouni.

+ Rassembler tout ce qui pourrait contribuer à la préservation de la mémoire nationale +

Toutefois, l’importance de cette action de résistance réside dans le fait qu’elle reflétait l’unité de toutes les composantes du peule marocain surtout que l’objectif du colonisateur était de semer la discorde et la division, et que le conflit était entre la France et les Arabes, mais la renaissance de cette région amazighe et son opposition aux thèses véhiculées indiquent que le peuple marocain est uni dans la lutte contre les forces coloniales.

Pour sa part, le président de la Fondation Mohamed Zerktouni pour la culture et la recherche, Abdelkrim Zerktouni, a relevé le rôle de la fondation pour préserver cette mémoire, estimant qu’elle a réussi à réaliser des acquis positifs et de restaurer la confiance envers les valeurs défendues par nos aïeuls dans le cadre du mouvement national et la résistance armée.

Il a également souligné que cette mémoire s’étend de 1912, c’est à dire depuis la signature du protectorat et début de la période coloniale, jusqu’à l’indépendance du Royaume en 1956, rappelant dans ce cadre que plusieurs étapes ont fait l’objet d’exploitation notamment la réalisation de documentaires sur des faits historiques en rapport avec la bataille héroïque d’Elhri au Moyen Atlas qui reste une épopée nationale majeure dans la lutte contre les colons.

M. Zerktouni a, en outre, indiqué que la recherche de détails, les efforts de documentation et la collecte de récits constituent une nécessité pour rassembler tout ce qui pourrait contribuer à la préservation de la mémoire nationale.

Article19.ma

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