Le chercheur et défenseur des droits de l’homme, Ahmed Assid, a estimé que « le phénomène du viol des enfants est notamment dû au fait que « les Marocains ne donnent pas une valeur à l’enfant en tant que personne présente parmi nous qui a des droits et une vision du monde qui lui est propre », soulignant que « l’indifférence à l’égard des droits de l’enfant et à son existence physique et morale est manifeste dans les pratiques quotidiennes au sein de la société ».

Assid, qui s’exprimait lors d’une rencontre virtuelle organisée par le site arabophone Hespress.com sur la pédophilie et la peine de mort, a souligné que « la peine capitale n’est pas une solution au problème de la pédophilie et n’y mettra pas fin », plaidant pour des peines alternatives car « il y a une catégorie de personnes au sein de la société qui cherchent à légitimer la violence et le meurtre, à faire appliquer la peine capitale » et à légitimer la vengeance au détriment de l’état de droit.

Et d’ajouter: « exiger de tuer le criminel et de lui ôter la vie ne mettra pas fin au problème », car « une société qui résout ses problèmes par la violence évolue dans le mauvais sens. Rien ne se résout par la violence ».

« Le phénomène du viol des enfants n’a rien à voir avec une religion ou un pays en particulier, c’est un phénomène qui existe partout », a-t-il affirmé, soulignant qu’ « il y a des pays qui appliquent la peine de mort mais où la pedophilie fait partie de leur culture, comme l’Iran et l’Arabie saoudite ».

Il a, en outre, relevé que « plusieurs pays ont aboli la peine de mort et fermé des prisons, et, nous, nous construisons de nouvelles prisons parce que nous croyons, dans notre culture marocaine, que la peine à perpétuité et la peine de mort résoudront le problème. C’est une mauvaise perception, car le vrai travail est d’approfondir le débat ».

+ Maroc : La culture du secret +

Pour Assid, « la réclusion à perpétuité constitue une punition, alors que le meurtre reoprésente une impunité ».

« Je suis contre l’amnistie des tueurs des enfants et des violeurs, et j’espère que la peine de mort se transformera en emprisonnement à vie ou en d’autres peines alternatives, car la condamnation à mort et l’exécution du criminel ne nous débarsseront pas du phénomène de la pédophilie ».

Il a appelé à l’abolition de ce qu’il a appelé une « culture de la pudeur (Hchouma) » qui justifie les abus à l’encontre des enfants et à oeuvrer à changer la mentalité de la société marocaine à l’égard des enfants à travers « un nouveau système éducatif ».

En ce sens, Assid a appelé l’État à encourager l’enseignement de la philosophie au niveau du primaire parce que l’enfant à ce stade soulève des questions majeures sur l’existence et la nature, et parce que la philosophie renforcera sa personnalité et fera de lui « une personne critique ».

Il a, en outre, relevé que durant la péride de confinement, les enfants ont été exposés à la violence au sein de leurs familles, soulignant qu’il existe une sorte de « culture du secret » concernant les crimes à l’encontre des enfants en milieu familial, affirmant qu’il y a des cas de viol quotidiennment aux sein du cercle familial mais qui restent couverts pour préserver « l’honneur familial ».

« La personnalité du pédophile n’est pas saine, car son comportement et sa vision de l’enfant ne sont pas les mêmes que ceux d’une personne normale à l’égard de l’enfant », a souligné Assid précisant que « les experts approcheront le criminel et fourniront plus de détails sur sa psychologie, son enfance et ses problèmes psychologiques ».

Article19.ma

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.