Une colère contre le clientélisme. Le bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM) a appelé les membres du parti, qui ont été désignés par les présidents de la chambre des conseillers, Hakim Benchamach, et de la chambres des représentants, Habib El Malki, membres de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE), à présenter leur démission de cette instance dans un délai d’une semaine, dénonçant une décision « unilatérale » prise sans aucune concertation.

« Les membres du bureau politique du Parti authenticité et modernité ont appris avec un grand étonnement le contenu des décisions des président des chambres des représentants et des conseillers relatives la nomination des membres de l’ANRE, des décisions dont nous avons appris qu’elles ont prises de manière individuelle sans concertation comme le veulent les traditions et les règles aussi bien au sein ou entre les formations politiques concernées ou au sein des organes des deux chambres, y compris les réunions du bureau », souligne un communiqué du PAM, publié vendredi.

Pour le PAM, ces décisions, publiées au Bulletin officiel n° 6907 du 10 août dernier, portent « clairement atteinte » au texte constitutionnel, notamment aux principes d’égalité, à l’objectif de la réalisation de la parité entre les hommes et les femmes et de la lutte contre toutes les formes de discrimination, ainsi qu’aux lois en vigueur au sein des deux chambres du parlement.

« Nous soulignons qu’elles (ces décisions) portent profondément atteintes aux normes politiques et morales convenues depuis des décennies », relève le bureau politique du PAM, ajoutant qu’il joigne sa voix à celles qui rejettent « la logique du partage du butin partisan ».

+ Une atteinte à ce qui reste de l’image de l’institution parlementaire +

Le PAM rappelle qu’il refuse les atteintes au texte constitutionnel et de toutes les lois et règlements des deux chambres du parlement qui « obligent leurs présidences à respecter les principes d’égalité, de pluralisme politique, de démocratie participative, de représentation relative, d’alternance, de parité et de spécialisation concernant les décisions de nomination dans les institutions constitutionnelles et publiques ».

Il rejette les nominations annoncées par les deux chambres du Parlement, « dont nous n’avons pas eu connaissance et qui n’ont pas été soumises au débat et à la consultation entre les dirigeants des partis politiques ».

Le bureau politique du PAM exprime également son rejet de « l’accélération du rythme de la gestion des affaires législatives pendant le mandat actuel, en particulier en ce qui concerne la question des décisions de nomination aux organes constitutionnels, aux institutions de gouvernance, aux organes de protection des droits et des libertés, de développement humain durable, de la démocratie participative et autres, selon la logique des intérêts sectaires étroits des partis ».

Le PAM dénonce aussi ces décisions qui « portent profondément atteinte à ce qui reste de l’image de l’institution parlementaire, minent la crédibilité, l’intégrité et la transparence de la gestion des affaires de l’institution législative, et nuisent à la noblesse de la mission du parlementaire, et partant portent un coup à tous les efforts visant à améliorer l’image et la place du parlement auprès de l’opinion publique ».

Il rappelle, en outre, que les présidences des deux chambres ont simplement pour mission de mettre en œuvre les décisions du Bureau des chambres du parlement et de leurs organes, et qu’elles ne disposent pas d’une autorité ou d’une légitimité d’exception qui leur confère en tant que personnes ou en tant que partis le droit de procéder à des nominations aux institutions nationales et publiques selon une logique partisane étroite, d’attribution de postes comme don en vue de s’assurer une loyauté personnelle, ou de favoritisme et de clientélisme.

Et d’appeler « les membres du parti qui ont été nommés dans cette institution publique (ANRE) à présenter leur démission dans un délai d’une semaine, sous peine de prendre toutes les décisions possibles à ce sujet », en ce sens que leurs nominations ont été décidées d’une « manière incompatible avec les valeurs, les principes et les règles du travail du parti et son image politique moderniste et éthique ».

Le bureau politique du PAM appelle, enfin, tous les groupes parlementaires à se pencher sur la question de la modification des règlements internes des deux chambres du parlement, afin de contrôler la procédure de nomination à toutes les institutions constitutionnelles, de gouvernance et des établissements public en vue d’assurer l’équité politique et institutionnelle.

Communiqué du PAM:

Article19.ma

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